Journée mondiale du topless – Toutes voiles dehors

Cette année, le 26 Août aura été une date à marquer d’une pierre blanche. Tout du moins pour toute personne en possession d’une poitrine. Effectivement, toute propriétaire de bonnets A à H, aura pu joyeusement célébrer la journée mondiale du topless. À l’origine de cet événement pas comme les autres, une association militant pour l’égalité des droits hommes / femmes aux États-Unis : GoTopless.

Si en ce dernier samedi d’août, vous avez pu apercevoir un grand nombre de femmes exhibant leurs pare-chocs, il était inutile de vous inquiéter. Vous ne veniez pas de tomber au beau milieu d’une manifestation de Femen et vous n’étiez pas perdu, non plus, dans la quatrième dimension. Non. Bien que la cause féminine soit une préoccupation de tous les jours, ce samedi là n’était pas dédié à ce type d’activisme, mais bien au droit pour les femmes à se promener les seins à l’air (comme les hommes) dans de nombreux pays.

En quoi cela consistait-t-il ?

Eh bien c’était d’une simplicité enfantine et à la portée de toutes. Il vous suffisait d’ôter pull, tee-shirt, soutien-gorge, et hop ! Le tour était joué. Vous pouviez défiler dans les rues, en brandissant une pancarte, précisant quel jour vous célébriez et pourquoi ; ou militer en scandant des slogans libérateurs ; ou encore vous contenter d’être seins nus et de vivre cette journée comme une autre (aller au café, au cinéma ou à la plage).

Quelle est l’origine de cette « tradition » ?

Si, à la base, cette journée ne concerne que les États-Unis et les pays anglo-saxons, elle s'est depuis répandue dans de nombreuses autres nations à travers le globe.

Le 26 août est la date anniversaire du XIXe amendement de la constitution des États-Unis, interdisant aux États ou au gouvernement fédéral de nier le droit de vote aux citoyens américains en fonction de leur sexe. Ce texte, promulgué en 1920, accordait donc enfin le droit à la gent féminine à s’exprimer dans les urnes. Chaque année, depuis 1973, cette réforme est célébrée par le Women’s Equality Day, ou journée de l’égalité des femmes et, à cette occasion, le président fait un discours pour rappeler cette date historique.

Partant de ce postulat, les membres de l’association vont plus loin. En se basant sur le XIVe amendement qui reconnaît l’égalité de tous devant la loi et qui a, entre autres, permis la légalisation du mariage gay sur l’ensemble du territoire américain en juin 2015 (arrêt de la Cour Suprême No. 14–556), les GoTopless demandent la reconnaissance du droit pour les femmes à être « torse nu » si la loi d’un État l’autorise pour les hommes. C’est là que le bât blesse puisque, par exemple, dans l’Idaho, ce droit leur est toujours refusé.

Actives, le mot est faible, car en dehors de leurs actions, les militantes de GoTopless proposent sur leur site http://gotopless.org/gotopless-day : la boobmap (ou carte des seins en français) qui indique les états dans lesquels étaient organisés des rassemblements, ceux où la loi est appliquée, un peu, au bon vouloir des juridictions et finalement ceux qui prohibent carrément les manifestations, tels que : l’Alabama, le Kansas, la Virginie, le Wyoming ou le Massachusetts… la liste est longue, dix-sept des 50 États interdisent toujours cette pratique aux femmes.

Cette année, GoTopless fêtait ses dix années de lutte, sans relâche, pour l’égalité des droits à la nudité, en même temps que le 97e anniversaire du XIXe amendement. L’association prévoyait donc de marquer les esprits. Elles ont organisé des marches comme à Venice Beach en Californie, ou à New York.

En conclusion, sachez qu’il existe une solution pour contourner la répression. Les GoTopless précisent, sur leur site, que si les tétons sont masqués par des sparadraps, vous n’êtes « légalement » pas en faute. Le choix de la couleur des scotchs doit être réfléchi pour ne pas finir dans un des clips de Lady Gaga.

La petite note d’humour

Chaque année la Maison blanche reçoit une petite enveloppe, contenant un carton d’invitation, à l’attention du Président de la première puissance mondiale. Rien n’est moins sûr, que le nouveau locataire du Bureau ovale, vienne y faire une petite visite. Mais les GoTopless ne perdent pas espoir. Peut-être qu’un jour une candidate à la magistrature suprême, joindra fièrement le geste à la parole et fera une apparition… à découvert.

Cécile Saint Laurent

À propos de Cécile Saint Laurent

Ancienne actrice de X des années 80, reconvertie dans le journalisme et éditrice de sites Internet X. Sous pseudonyme dans un souci de discrétion, mais toujours bien informée des dessous du milieu.