Black Panther : un acteur aurait fait du porno gay !

C’est le film qui vient de battre au box-office nord-américain le géant Titanic. Black Panther est toujours dans l’actualité peu après les Avengers, mais surtout pour le passé d’un des acteurs. C’est la révélation du moment, Patrick Shumba Mutukwa aurait tourné dans un film porno gay.

Un de plus dont les ébats filmés resurgissent. La différence, cette fois-ci, c’est que la personne est connue. C’est sur les réseaux sociaux que tout a commencé. Un maître-chanteur aurait divulgué des photos et vidéos que l’acteur aurait tournées, le mettant en scène dans le plus simple appareil. Dans son pays d’origine, la Zambie, peu connu pour sa tolérance envers l’homosexualité [et le sexe tout court d’ailleurs], la réaction est plutôt violente. L’aspect sexuel est plutôt réprimé dans le pays. Par exemple, l’utilisation de poupées gonflables a été interdite récemment par le ministère de l’Orientation nationale et des affaires religieuses. Est-il au passage, nécessaire, que le mot « orientation » pour le ministère n’inclut pas l’orientation sexuelle, surtout si elle n’est pas hétéro vaginale ? Ainsi, pour le pays, il s’agit là d’un vrai « scandale sexuel », et sur le Net, les internautes n’y vont pas avec le dos de la cuillère, se disant « dégoûtés ». D’autant plus que le ministère cité l’avait reçu en grande pompe, et il n’y a aucun rapport sexuel dans les « pompes » ici. Alors forcément, un héros déchu aussi rapidement pour du touche-pipi, c’est difficile à digérer.

Pourtant, il y a des éléments troublants. Tout d’abord, certaines personnes parlent de 127 vidéos trouvées dans lesquelles l’acteur serait apparu. Mais pour d’autres curieux, qui ont cherché celles-ci, elles sont mystérieusement introuvables. Ils ne le disent pas, mais s’ils ont fouillé le Net pour voir l’anatomie de l’acteur sans résultat, imaginez la frustration causée pour ces gens. La défense de l’acteur est également étonnante, car il a d’abord expliqué que ceci provenait d’instants intimes pour sa petite amie de l’époque. Pourtant, il a admis plus tard qu’il avait effectivement fait des « erreurs de jeunesse par le passé », et que ceci ne regardait que « sa famille, ses amis, et Dieu ». Aucune vraie révélation, mais un mystère voulu. Du coup, quand sa chargée de communication confirme la véracité des photos et balance que dans tous les cas il ne faut pas que cela affecte son image, ce n’est pas très malin ! Toujours dans les phrases aussi sombres que les Black Panthers, l’acteur admet qu’en arrivant aux États-Unis, il était « désespéré de trouver un job ». Il n’était pas joyeux, on peut comprendre qu’il ait craqué pour du gay, donc.

On imagine que ceci va fortement entacher sa réputation dans son pays de cœur, d’autant que l’homosexualité y est toujours passible de quatorze ans de prison. Tout cela bien sûr, en sachant bien que cela ne « soigne » pas de l’homosexualité, c’est bien connu. Nous espérons que l’acteur trouvera, en attendant, de nouveaux films dans lesquels jouer, qu’ils soient sexuels ou non, car après tout, être acteur, c’est aussi être qui l’on est pas. Mais ça, visiblement, c’est une subtilité plus difficile à comprendre qu’être gay n’est pas un crime. Et quand on voit à quel point c’est encore condamné, j’ai peur que la définition de l’acteur doive attendre encore longtemps avant d’être comprise…

Mickael Cock

À propos de Mickael Cock

Michael Cock est journaliste et archiviste : il suit l'actualité et l'évolution de la communauté gay depuis plus de 20 ans. Militant de santé sexuelle, les nombreuses confidences qu'il a recueillies lui permettent de relativiser sur les sexualités. De formation scientifique et théâtrale, il décrypte avec humour et logique l'inconscient sexuel de tous les sujets trop sérieux. Il contribue régulièrement pour Garçon Magazine.