Sodomie et Sacrifice

L’anal, c’est génial. Elles le diront toutes. Pourtant, personne ne se doute des sacrifices que peuvent faire les reines de la sodo, les plus professionnelles des actrices. Une situation sanitaire comparable à celle des mannequins. LVDX tire la sonnette d’alarme.

Au commencement : La dictature de la performance

Tout part de tweets publiés par l’actrice américaine Charlotte Sartre : « Les fans ne se rendent pas compte ce qu’offrir de belles scènes anales réclame comme sacrifices. Les actrices se privent de nourriture jusqu’à 48 heures avant et souffrent de douleurs anales pendant des jours après la scène ».

Un seul tweet qui suffit à résumer la difficulté à se faire une place parmi les « Anal Queen », la catégorie reine du porno, celle qui permet de tirer les tarifs les plus juteux, jusqu’à 1500 dollars la scène, voire bien (bien) plus quand un studio comme Blacked entre dans la danse et allonge pour avoir l’exclusivité de la première anale.

Car la concurrence entre actrices fait rage alors que dans le même temps, les tournages se réduisent. Même celles qui n’ont pas envie d’y passer, comme Dillion Harper ou Aspen Ora, s’y mettent car elles atteignent un plafond. L’actrice et productrice alt Joanna Angel confirme dans l’édition américaine de Vice : « Je rencontre beaucoup de nouvelles et jeunes actrices qui essayent l’anal et qui détestent. Mais elles continuent de le faire car c’est populaire et ça plaît bien. Alors elles prennent des anti-douleurs et se mettent minables ».

Peur de l’accident et carence alimentaire

Certains réalisateurs en jubilent mais c’est la hantise de toutes les pornostars attachées à l’image qu’elles renvoient : la sodomie qui se passe mal, avec de la matière fécale qui se répand et tout le toutim.

Pour éviter un tel cas de figure, certaines n’hésitent pas à jeûner pendant 48 heures comme l’a souligné Charlotte Sartre, rejointe dans son constat par Holly Hendrix, une performeuse capable d’enchaîner 27 jours de tournage avec sodo entre juin et juillet 2016 : « Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai le ventre qui gargouille car je tourne à jeun pour éviter d’avoir le ventre gonflé et un accident sur la pénétration anale ».

Le résultat : des performeuses en situation de carence nutritive, fébriles et qui pètent les plombs avec des conséquences qui peuvent s’avérer funestes. Les décès récents de cinq pornstars en trois mois sont venus alimenter la polémique et les conditions de travail du milieu ont été pointées du doigt dans la disparition d’August Ames et Olivia Nova.

Ce culte de la performance engendrant névrose et frustration n’est pas l’apanage des USA. En Europe de l’Est, avec les démonte-pneus que les Slaves encaissent, la problématique est même encore plus prégnante. En France, sans faire injure aux actrices nouvelles venues, la peur de l’accident n’est pas ce qui les caractérise le plus…

Les méthodes rapides et corrosives.

A côté du jeûne, il y a des méthodes encore plus radicales pour avoir le pot rutilant. Rester allongée une demi-heure avant la scène, avec une poire de lavement dans le cul en fait partie. L’emploi de laxatif sous forme d’ampoules que l’on se met dans le fion est encore plus rapide, mais sur le long terme, les effets cancérigènes sont connus.

Cherie DeVille, vétérante chez les performeuses et surtout, un diplôme de physiothérapeute en poche, en connaît un rayon sur le sujet. « Quelles que soit la routine, vous pouvez étirer votre sphincter jusqu’au point de rupture explique-t-elle, car c’est un muscle, mais les risques encourus sont réels : micro-saignements, incontinence anale et prolapses à répétition qui peuvent déboucher sur un cancer du colon ».

Seule solution durable pour ménager son cul : le repos. Quand on jette un œil sur ce qui peut se faire à Prague : triple anale, double fist anal, rimjob et autre pisse dans le cul, on ne peut s’empêcher de se dire que certaines sacrifient leur santé sur l’autel de la performance.

Cécile Saint Laurent

À propos de Cécile Saint Laurent

Ancienne actrice de X des années 80, reconvertie dans le journalisme et éditrice de sites Internet X. Sous pseudonyme dans un souci de discrétion, mais toujours bien informée des dessous du milieu.