Petit tour du monde des lois sur la pornographie

Après une année d’exploitation consentie auprès d’un patron esclavagiste qui exige de vous non seulement trente-cinq heures de travail hebdomadaire, mais en plus une conscience professionnelle de tous les instants, vous jouissez enfin d’une semaine de vacances durement gagnée. Pour décompresser, vous vous envolez pour une destination exotique afin de vous y faire bronzer les testicules, ou les grandes lèvres, sur le transat en bord de piscine d’un hôtel all inclusive. Musique locale, cuisine traditionnelle, souks et musées, tout est conforme à vos attentes. Tout, à part vos rêves d’idylle estivale. L’autochtone, superbe naïade ou bel éphèbe, se révèle malheureusement complètement hermétique à vos charmes de touriste fortuné.

Qu’à cela ne tienne ; le wifi de l’hôtel devrait vous procurer de quoi amoindrir la solitude du voyageur. Dans l’intimité de votre chambre, vous vous téléchargez un petit boulard made in France, pour vous rappeler le pays. Et là, crack ! La porte vole en éclats et une horde de golgoths à l’accoutrement martial fait irruption, hurlant des injonctions dans un dialecte inconnu en pointant du doigt l’objet du délit : votre téléphone portable qui diffuse bruyamment une scène de gang bang pourtant fort divertissante. À la suite d’un procès éclair, vous en prenez pour 10 ans dans une prison qui aurait pu servir de décor au remake de Midnight Express. C’est que dans le pays, la pornographie est formellement interdite.

Worst branlette ever

Pour vous éviter ce genre de désagréments assez peu compatibles avec le concept de vacances au soleil, nous vous proposons un petit tour d’horizon des législations du monde concernant le porno.

Vous vous en doutez, la pornographie n’est pas logée à la même enseigne partout dans le monde. Il y a néanmoins, et c’est heureux, un consensus global concernant l’interdiction pédopornographie. Idem, pour l’exposition de personnes mineures à des contenus explicites. Si l’âge de la majorité peut quelque peu varier (c’est en général 18 ans), le monde entier s’accorde à proscrire le porno chez les jeunes.

Pour ce qui est des films pour adultes vus par les adultes, en revanche, les législations sont beaucoup moins uniformes. Commençons par les pays où c’est strictement interdit, histoire de ne pas finir en taule à cause d’une malheureuse branlette. Au Botswana, en Egypte, en Ouganda, au Bangladesh mais aussi au Népal, au Pakistan, en Arabie Saoudite, en Syrie ou encore en Biélorussie et en Papouasie Nouvelle-Guinée, il est strictement interdit de produire, vendre, diffuser, transporter du porno. Le simple fait de mater un film de boule peut vous valoir une amende voire un séjour en prison. Le Soudan et la Guyana prévoient même des châtiments corporels, du genre sans safeword, pour les contrevenants. Avis aux amateurs.

Même pas peur !

Par ordre de sévérité décroissante, vient ensuite la politique sans doute la plus courante en matière de pornographie à travers le monde. Bien que moralement réprouvée, la consultation de matériel pornographique à titre individuelle, dans un cadre privé, n’est alors pas interdite. Ce sont en revanche sa production, sa diffusion, sa promotion et sa vente qui sont généralement prohibées. Chine, Afrique du Sud, Corée du sud, Inde, Liban sont par exemple dans ce cas. En outre, pour prémunir leur population de l’ignoble production pornographique extra-nationale, les gouvernements de ces états instaurent généralement un blocage des sites de cul sur le réseau internet local, surveillance des utilisateurs incluse, avec plus ou moins d’investissement et de succès. C’est qu’une telle censure se révèle franchement coûteuse en infrastructure, en surveillance et in fine en thune, tout en étant passablement inefficace au regard des moyens de communication qu’offre la technologie moderne. La preuve : des pays comme l’Inde ou encore l’Egypte figurent régulièrement parmi ceux dont les populations consomment le plus de pornographie sur Internet.

Viennent enfin les pays qui font une conception libérale de la pornographie. Il s’agit essentiellement des pays dits occidentaux ainsi que d’une grande partie des pays d’Amérique du Sud, avec quelques exceptions notables. Par exemple, saviez-vous que la Corée du Nord, dictature parmi les dictatures d’après notre conception de la démocratie, produit par exemple ses propres films pornographiques, mais qu’elle s’efforce de restreindre l’accès à toutes les autres, isolationnisme oblige ? De l’autre de côté du spectre, le Royaume-Uni a récemment instauré un ensemble de lois interdisant la pornographie dite « extrême ». Ainsi la diffusion et la possession de films comportant des scènes de fist-fucking sont absolument proscrites sur l’ensemble du territoire britannique. Autre fait intéressant, il n’y a pas de loi interdisant la pornographie au Nigeria. On y trouve notamment de nombreux sex-shops, ainsi qu’une toute petite production de magazines cochons, essentiellement alimentée par la reproduction de revues étrangères. Le Mexique est quant à lui un copieux producteur de porno softcore. Enfin, au Brésil, rien n’interdit la production de contenus zoophiles, a priori tant que la bestiole est consentante. Vous vouliez du dépaysement ?

Heureusement, le Brésil a plein d’autres attraits…

À noter que ce petit tour du monde est loin d’être exhaustif et nous ne saurions vous conseillez d’éprouver vous-même la législation sur le porno dans un pays étranger que nous n’aurions pas cité. En outre, la définition de la pornographie varie en fonction des régions. À ce titre, l’homosexualité est parfois sujette à une répression extrêmement violente, distincte des lois concernant le divertissement pour adultes, que ce dernier soit toléré ou non. De fait, prudence maximum à ce sujet. Ne prenez aucun risque inconsidéré.

Clint B

À propos de Clint B

Titulaire d'une maîtrise en cinéma, auteur d'une Porn Study à l'Université Paris VII Diderot, Clint B. est aujourd'hui chroniqueur de l'actualité porno.