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Subverse, le Mass Effect porno qui affole Kickstarter

Clint B

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« Par le studio qui s’est fait bannir de Patreon pour avoir fait bouffer le cul d’une fille à un loup-garou ». Dès l’accroche de sa vidéo d’introduction, Subverse annonce la couleur. Le space opera vidéoludique développé par le studio d’animation britannique F.O.W. sera éminemment pornographique. Ça ne l’a pas empêché de se retrouver parmi les 200 projets les plus plébiscités de la plateforme de financement participatif Kickstarter. Bientôt 1,6 millions d’euros débloqués pour ce qui pourrait bien être le jeu vidéo pornographique le plus cher de tous les temps.

Studio F.O.W. n’en est pas à son coup d’essai. Spécialisé dans les vidéos en animation 3D parodiant les jeux vidéo les plus en vogue, en 6 ans d’existence, il a produit pas moins de 28 longs-métrages, 16 courts et 5 séquences interactives ; et, des héroïnes de League of Legends à celle Bioshock, en passant par l’iconique Lara Croft, certaines des plus grandes stars du monde virtuel sont passées entre leurs mains perverses. Pourtant, il se pourrait bien que Subverse soit leur coup de maître. Pastiche complètement assumé du monumental Mass Effect, dont il reprend l’ambiance galactique et les designs futuristes (et moque outrageusement l’épilogue), le projet se veut à la hauteur du matériau originel, la dimension pornographique en plus. Et ce n’est pas peu dire. La saga culte de Bioware était elle-même particulièrement prodigue en aventure, en interaction et en suggestion de type « fornication extra-terrestre ».

Fornax, la célèbre revue xénophile de Mass Effect. (vue d’artiste)

En tout cas, le projet a désormais les moyens de ses ambitions puisque sa cagnotte vient de franchir la barre (absolument plus) symbolique des 1350% de financement. Avec un objectif initial à 115 853 € (100 000 £), ça nous donne un total d’environ 1,6 million d’euros, à l’heure où nous parlons (il vous reste seulement quelques jours pour souscrire) ; un budget faramineux pour une production indépendante. Quand on sait qu’en plus, les projets pornographiques sont théoriquement bannis de la plateforme de crowdfunding, il y a de quoi s’émerveiller de tant d’audace. Pour prendre toute la mesure de l’exploit, il convient toutefois de revenir à une dimension plus individuelle. À 47 000 contributeurs, ça fait 33 € de moyenne par contribution ; une somme déjà conséquente à l’heure où la majorité des internautes ont complètement assimilé la gratuité du porn. Plus on creuse, plus c’est épatant. Si les récompenses des donations à plus de 350£ et 750£, respectivement 30 et 20 lots, ont évidemment déjà été acquises par une cinquantaine de maniaques xénophiles, il est pertinent de souligner qu’il y a pratiquement 2 800 contributions à 175£, soit plus de 200 balles. S’il nous fallait des preuves de l’existence d’un marché sur le secteur du jeu vidéo porno haut de gamme, en voilà une tripotée.

Il y aurait déjà matière à s’astiquer sur cette comptabilité affolante, mais qu’en est-il du jeu à proprement parler ? D’après les développeurs, il s’agira donc d’un tactical RPG au tour par tour pour l’affrontement au sol (les connaisseurs reconnaîtront l’influence d’X-COM), agrémenté d’un shoot’em up en deux dimensions simulant les combats spatiaux. Le but « officiel » : repousser l’influence d’un énième empire du mal interstellaire aux confins de la galaxie, au côté des « waifus » extra-terrestres les plus chaudasses et les plus bandantes de l’univers. Evidemment, le véritable intérêt de jeu ne réside pas là. En effet, à l’instar de son modèle, chaque nouvelle mission débloquera bien sûr compétences et équipement pour votre équipage, mais aussi de nouvelles interactions sociales avec lesdites chaudasses aliens, À terme, le protagoniste aura donc l’occasion de se livrer à des échanges particulièrement contre-nature avec chacune des neufs Miss Univers qui le soutiennent dans sa quête contre le malin. Et grâce aux fonds débloqués, les programmeurs s’engagent à matérialiser le fruit de vos conquêtes spatiales sous la forme de cinématiques pré-rendues entièrement doublées, leur authentique cœur de métier. Ça laisse rêveur. Il faudra tout de même compter plusieurs dizaines d’heures pour venir à(u) bout de toutes ses partenaires…

Reste la grande inconnue : le gameplay aura-t-il un quelconque intérêt, ou le jeu ne consistera-t-il qu’en une interminable succession de tableaux laborieux destinés à diluer l’exploration des foufounes de l’espace ? Parce qu’au vu de l’engouement autour du titre et du buzz généré par la campagne de financement, il y a fort à parier que les attentes soit autant d’ordre masturbatoire que ludique. En gros, c’est quitte ou double. Soit le jeu cartonne, et s’impose comme la référence d’un secteur esthétique et économique complètement sous-estimé ; soit le jeu capote, enterrant avec lui, et pour longtemps, un business vraisemblablement fort prometteur.

Titulaire d'une maîtrise en cinéma, auteur d'une Porn Study à l'Université Paris VII Diderot, Clint B. est aujourd'hui chroniqueur de l'actualité porno.

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