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L’affaire de la collection pornographique à 30 000 dollars portée disparue

Clint B

Publié

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L’anecdote pourrait prêter à sourire, ou à bondir, selon le point de vue. « Charlie », un citoyen de l’Indiana, essuie la perte de l’un de ses biens les plus précieux : une collection pornographique estimée à pratiquement 30 000 dollars. Incendie ? Inondation ? Tempête solaire ? Non. Les causes de son tourment ne sont pas liées aux caprices de la nature, mais à une force plus dévastatrice encore, quoique plus banale : l’ingérence parentale. En effet, ce sont ses propres parents qui ont, à son insu, anéanti toute une vie de conservation pornophile éclairée et assidue. Furieux et trahi, le fils martyre les attaque en justice, réclamant pas moins 86 822 dollars et 16 cents de dommage et intérêt. Retour sur une affaire de famille pas banale, et pourtant si ordinaire.

Tout commence en 2016, lorsque « Charlie » -tel qu’il est nommé dans les procès verbaux relatifs aux poursuites-, la quarantaine sonnant, se voit contraint de retourner vivre chez ses parents dans le Michigan, à la suite d’un divorce compliqué. Il y emménage avec toutes ses affaires, s’affranchissant d’un loyer en échanges des différentes tâches ménagères qu’il effectue pour ses hôtes. La vie n’y est pas rose, c’est le moins qu’on puisse dire, puisqu’en aout 2017, la police est appelée sur les lieux, dans le but de l’expulser temporairement de la maison familiale. Cette cohabitation vraisemblablement conflictuelle prend heureusement fin quand, au bout de 10 mois, Charlie finit par quitter définitivement le domicile pour s’installer dans l’Indiana, l’état voisin.

Si l’on peut aisément concevoir qu’un retour chez papa-maman puisse s’avérer problématique à quarante berges, a fortiori quand sa vie maritale par à vau-l’eau, on peut aussi imaginer qu’une fois chacun chez soi, tout rentre dans l’ordre d’une vie de famille équilibrée. Que nenni. En récupérant les affaires que ses parents sont aimablement venus lui livrer à sa nouvelle adresse, Charlie s’aperçoit qu’il manque précisément quatorze cartons ; et pas n’importe quels cartons. Ces boîtes contiennent l’intégralité de sa collection pornographique : 400 cassettes vidéo, 1600 DVD, 160 CD, 70 sex-toys. En un mot, le trésor d’une vie. Confrontant ses parents, il se rend compte qu’il ne s’agit en aucun cas d’une omission. L’échange de mails consécutif, transmis plus tard au dossier judiciaire, est éloquent.

« Je ne suis pas en possession de ta pornographie, dit le père. Elle n’existe plus. Elle a été soit détruite, soit dispersée. Il se peut que quelques éléments m’aient échappé et soient aujourd’hui en ta possession mais, à l’heure actuelle, si tu ne les as pas, considère-les comme perdus. Idem pour tes sex-toys et tes magazines salaces. »

Loquace, d’aucuns diront sadique, le paternel se répand d’ailleurs en détails, expliquant qu’il a fallu « un certain temps » pour se débarrasser de douze cartons de porno et deux cartons de sex-toys. Scandalisé, le fils répond : « Si vous aviez un problème avec mes affaires, vous auriez du m’en faire part à ce moment-là, et j’aurais été ailleurs. À la place, vous avez choisi de garder le silence et d’agir avec vindicte. » Alors, le père enfonce le clou, dégainant texto l’argument imparable du « c’est pour ton bien, tu me remercieras plus tard » :

« Crois-le ou non, l’une des raisons du pourquoi j’ai détruit ton porno est ta propre santé mentale et émotionnelle. Je n’aurais pas fait autrement si j’avais trouvé un kilo de cocaïne. Un jour, j’espère que tu comprendras. »

Charlie, lui, a chargé la justice de comprendre à sa place, déposant d’abord une plainte auprès du Bureau du Shérif du Conté d’Ottawa, que le procureur a rejeté, avant d’en appeler directement au Bureau Fédéral de l’Etat du Michigan. Avec une collection qu’il estime à 28 940 dollars et 72 cents, comprenant des chefs d’œuvres aussi divers et pointus que Frisky Business, Big Bad Granny’s, Lesbians in Tight Shorts, University Co-eds 25 ou encore 1001 Erotic Nights, il réclame près de 87 000 dollars de dommage et intérêt, arguant autant de la rareté de certaines pièces que de son attachement émotionnel aux objets disparus. Et on le comprend. À voir la dimension et la variété de la collection, il est flagrant qu’il s’agit moins de l’expression d’un fétichisme compulsif et malsain que de la quête inlassable d’un authentique passionné. Il est en outre fort possible que la cour du Michigan, particulièrement charitable en matière de dédommagements, accède à sa requête et fasse casquer plein pot les parents traitres.

Papa, Maman, vous savez dorénavant ce que vous encourrez s’il vous venait à l’idée de foutre au feu mes vieux Hot Vidéo.

Titulaire d'une maîtrise en cinéma, auteur d'une Porn Study à l'Université Paris VII Diderot, Clint B. est aujourd'hui chroniqueur de l'actualité porno.

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