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Pornhub va bloquer l’accès aux utilisateurs non vérifiés au Royaume-Uni dès le 2 février

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Dans un bras de fer continu avec le régulateur britannique, le géant du divertissement pour adultes annonce une mesure radicale. Dès la semaine prochaine, l’accès à Pornhub et à ses sites affiliés sera coupé pour tout internaute britannique n’ayant pas déjà prouvé sa majorité.

C’est un nouveau tournant dans la bataille qui oppose les géants de la pornographie aux régulateurs de l’internet. Aylo, la société mère de Pornhub, YouPorn et RedTube, a confirmé aujourd’hui qu’elle bloquera l’accès à ses plateformes au Royaume-Uni pour tous les visiteurs non enregistrés à partir du 2 février.

Cette décision intervient six mois après l’entrée en vigueur de mesures strictes issues de l’Online Safety Act (OSA), obligeant les sites pour adultes à vérifier l’âge de leurs visiteurs.

« Un système défaillant »

Depuis juillet dernier, la loi britannique impose aux sites pornographiques de mettre en place des systèmes de vérification d’âge « robustes » (tels que l’estimation faciale, le scan de pièce d’identité ou la vérification par carte bancaire) sous peine de lourdes amendes.

Aylo, qui s’était initialement conformé à la directive, dénonce aujourd’hui un échec cuisant du dispositif. Selon le groupe, la mise en place de ces barrières a entraîné une chute vertigineuse de 77 % de son trafic britannique.

Dans un communiqué cinglant, Alex Kekesi, vice-président de la marque et de la communauté chez Aylo, explique : « À compter du 2 février, Aylo ne participera plus au système défaillant créé au Royaume-Uni par l’introduction de l’OSA. […] Nos données et notre expérience montrent que cette loi et ce cadre réglementaire ont rendu internet plus dangereux pour les mineurs et les adultes, tout en compromettant la vie privée des citoyens britanniques. » L’entreprise affirme que les utilisateurs, rebutés par les procédures de vérification intrusives, ne cessent pas de consommer de la pornographie mais se tournent vers des sites non régulés, souvent basés à l’étranger, qui ne respectent ni les lois sur l’âge ni les normes de modération des contenus illégaux.

Ce qui change concrètement le 2 février

La mesure ne signifie pas un retrait total du marché britannique, mais un verrouillage drastique :

  • Pour les utilisateurs existants : Ceux qui ont déjà créé un compte et passé l’étape de vérification de l’âge avant la date butoir conserveront leur accès normal.

  • Pour les nouveaux visiteurs : Toute personne tentant d’accéder au site sans compte vérifié se heurtera à un message de blocage, similaire à celui déjà mis en place en France ou dans certains États américains (comme l’Utah ou la Virginie). Il ne sera plus possible de naviguer « anonymement » sans avoir préalablement montré patte blanche.

La réponse du régulateur

L’Ofcom, le régulateur britannique des communications chargé de faire appliquer l’OSA, ne semble pas impressionné par cette stratégie. Un porte-parole de l’organisme a réagi en rappelant la loi :

« Les services pornographiques ont le choix : utiliser des vérifications d’âge pour protéger les utilisateurs comme l’exige la loi, ou bloquer l’accès à leurs sites au Royaume-Uni. »

L’Ofcom maintient que la technologie existe et qu’elle est nécessaire pour empêcher les enfants d’accéder à des contenus hardcore. Le régulateur a d’ailleurs déjà ouvert des enquêtes sur plus de 80 sites n’ayant pas respecté les nouvelles règles.

Une solution alternative ignorée ?

Depuis le début du débat, Pornhub et d’autres acteurs de l’industrie (ainsi que certains défenseurs de la vie privée) militent pour une vérification de l’âge « au niveau de l’appareil » (device-based verification).

Selon cette approche, ce serait au système d’exploitation du téléphone ou de l’ordinateur (Apple, Google, Microsoft) de certifier que l’utilisateur est majeur, transmettant ensuite un simple « jeton » de validation au site visité. Cette méthode permettrait de ne pas confier ses documents d’identité à des sites pornographiques. Cependant, le gouvernement britannique a pour l’instant maintenu la responsabilité sur les éditeurs de sites web.

En attendant une hypothétique évolution législative ou technologique, les internautes britanniques semblent avoir déjà trouvé leur parade : l’utilisation de VPN (réseaux privés virtuels) a explosé dans le pays depuis l’été dernier, permettant de contourner géographiquement les blocages.

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