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Clémence Audiard présente Crave : “J’y explore mes limites, mes désirs, mes fantasmes les plus sincères, sans filtre ni compromis”
CRAVE [sth] v. tr. ang. : désirer ardemment, brûler d’envie. Tout un programme donc, lorsque l’époustouflante Clémence Audiard annonce le lancement de son studio au nom terriblement évocateur. Passée maîtresse dans l’art de susciter l’envie à travers une carrière internationale et couronnée de succès en tant qu’actrice et performeuse, elle met désormais son talent brut au service d’une nouvelle vocation : la réalisation. Car ici, il ne s’agit plus seulement d’incarner le fantasme d’autrui, mais dorénavant, d’explorer les siens à travers des scènes à l’ambition érotique et esthétique sans commune mesure dans le paysage pornographique actuel. Clémence nous explique.
La naissance de Clémence Crave
“Clémence Crave ne s’est pas créé par hasard. Dès le début de ma carrière, je savais que je voulais évoluer, progresser et développer de nouvelles compétences. J’ai commencé relativement tard dans l’industrie, et j’ai toujours eu cette envie de viser plus haut, de rêver plus grand. Très tôt, je me suis projetée au-delà du rôle d’interprète, avec le désir de devenir productrice et réalisatrice. Le projet est aussi nourri par l’inspiration de nombreuses femmes qui réalisent leurs propres films et prennent le contrôle de leur image et de leur narration. Crave représente une nouvelle étape dans mon parcours et dans mon personnage.”
Ne voyez pas dans son projet qu’une simple promotion professionnelle. Il s’agit aussi, et surtout, de l’éclosion de son destin. Le cocon dorénavant trop étroit de l’objet de fantasme aphone révèle finalement une femme-sujet, déterminée à partager la profondeur intime de ses fantasmes. “À la base, Clémence est une femme naturelle, sensuelle et raffinée, attachée à l’esthétique, à la mode et au luxe. J’ai débuté chez Dorcel avec des scènes élégantes, en belle lingerie, dans un univers très soigné, jamais trash. Avec le recul, je me rends compte que j’ai longtemps été influencée par mon entourage. Par tempérament, parce que je suis plutôt douce et polie, j’ai parfois laissé mes idées passer au second plan, notamment dans mes relations personnelles. Ce n’était pas une question de rabaissement, mais plutôt un manque de confiance que d’autres avaient en moi, et que j’ai fini par intégrer. Après une séparation importante dans ma vie, il y a eu une véritable prise de conscience. Clémence Crave est né comme une forme de manifestation personnelle : l’affirmation que je peux être exactement ce que j’ai envie d’être. C’est un projet de liberté. J’y explore mes limites, mes désirs, mes fantasmes les plus sincères, sans filtre ni compromis. Je suis une femme ouverte d’esprit, libre dans ma sexualité, curieuse d’expérimenter, et aujourd’hui, j’ai enfin le pouvoir de le faire selon ma vision. Crave, c’est ce désir que j’ai longtemps porté en moi, et que je peux désormais incarner pleinement.”
“Une femme ouverte d’esprit, libre dans ma sexualité, curieuse d’expérimenter…”
À la fois splendide et intellectuelle, aussi talentueuse qu’aguerrie, et russe de surcroît, on imagine aisément la belle rousse imperméable au doute, l’assurance gravée jusque dans sa chair. Rien n’est moins sûr. La vie de Clémence est une histoire moins de triomphe que de défi et d’émancipation. Un parcours certes ponctué de succès, mais également jalonné d’épreuves et de revers, à l’image de son arrivée en France.
“Je me suis installée en France en 2014. À l’origine, je suis venue pour mes études : j’avais commencé à apprendre le français à l’école en Russie, puis j’ai décidé de poursuivre des études supérieures pour devenir professeure de français et d’anglais. À mon arrivée en France, ça a été assez difficile, surtout les trois premiers mois. Même si j’avais de bonnes bases en grammaire et en vocabulaire, le français du quotidien et le rythme universitaire demandaient une vraie adaptation. Comme je suivais des études au même niveau que les étudiants français à l’université, j’ai rapidement progressé. Petit à petit, tout ce que j’avais appris en Russie a pris sens : j’ai commencé à mieux comprendre, puis à parler avec plus d’aisance. À la base, mon projet était donc purement académique. Ensuite, j’ai commencé à travailler, à explorer d’autres opportunités professionnelles, et à développer ma carrière dans un univers différent de celui que j’imaginais au départ. Ma vie s’est construite très naturellement ici, et aujourd’hui, la France est devenue mon pays d’adoption.”
« J’apporte une vision différente de la sexualité filmée »
De manière similaire, si sa féminité à fleur de peau lui a ouvert toutes grandes les portes du X, elle constitue aujourd’hui un nouveau défi pour s’imposer derrière la caméra, monopole masculin de la pornographie.
“En tant que femme, et en tant que performeuse, j’apporte une vision différente de la sexualité filmée, construite à partir de l’expérience du corps, des émotions et du vécu réel des scènes. Cela se traduit par une attention particulière à la sensibilité, à la sécurité, à l’écoute des corps, au consentement et à la sincérité des sensations. La narration et la manière de filmer le désir sont aussi abordées différemment. Pour le spectateur, cela offre une autre lecture du porno : parfois plus artistique, plus intense, pas forcément plus douce, mais plus incarnée et plus vraie. Être à la fois femme, modèle et productrice me permet aussi d’avoir une vision très précise de ce que je veux raconter. Je suis exigeante, j’aime que chaque détail soit maîtrisé, et j’assume pleinement le fait de diriger ce projet selon ma vision. En contrepartie, cette position implique aussi davantage de responsabilités et une charge mentale plus importante. Il faut parfois prouver sa légitimité, être crédible à la fois comme performeuse et comme productrice. Mais pour moi, ces défis font partie intégrante du projet et renforcent encore davantage mon engagement et ma liberté créative.”
“Un espace de liberté totale”
Résumer les enjeux de la production pornographique à une affaire de genre serait toutefois réduire sa complexité à un insoluble débat de société, bien loin des véritables contingences matérielles et économiques auxquelles fait face un studio comme Crave. “Le premier défi, et sans doute le plus important à cette échelle, reste la gestion du budget. Aujourd’hui, Clémence Crave repose sur mon propre investissement financier, ce qui implique de tout maîtriser avec beaucoup de précision. Je dois aussi rémunérer les personnes avec qui je travaille, et selon les projets et les scènes, lorsque l’exclusivité ou l’ampleur artistique du projet le nécessite. Certains films ou concepts demandent évidemment des budgets plus conséquents, ce qui est complexe à mettre en place à mon niveau. J’essaie de m’adapter en permanence, de trouver des solutions, d’ajuster mes ambitions sans jamais renoncer à la qualité ou à la vision initiale. Au-delà de l’aspect financier, produire à cette échelle implique aussi beaucoup de responsabilités : organisation, anticipation, gestion humaine et créative. C’est exigeant, mais c’est aussi ce qui me stimule : de la rigueur, de l’adaptabilité et une vision claire.”
C’est que le projet de Clémence s’inscrit littéralement à contre-courant du business-model en vogue dans l’industrie. “Clémence Crave est un espace de liberté totale, où je peux explorer tout ce qui me traverse l’esprit, m’amuser, créer, expérimenter. Contrairement aux logiques actuelles très individualistes et souvent axées sur la rapidité et la rentabilité immédiate, j’ai voulu construire un projet qui me ressemble vraiment. Ici, je choisis les créateurs et les performeurs avec qui je travaille, des personnes sérieuses, bienveillantes, avec qui il existe une vraie entente et une vraie alchimie. Ce soutien humain et artistique est essentiel pour moi. Clémence Crave n’est pas une production classique : c’est avant tout mon nom, ma marque, mon univers. Bien sûr, je diffuse mes contenus sur les plateformes qui fonctionnent le mieux aujourd’hui, mais j’ai aussi mon site officiel, pensé comme un projet global et cohérent, avec une vraie vision à long terme.”
« Tout est authentique, visible dans les regards, dans les corps, dans l’énergie du moment »
À l’heure où créateurs et modèles composent avec l’individualisation toujours plus grande du métier, elle fait le pari anachronique d’un authentique plateau de tournage conjuguant les savoir-faire de performeurs, d’artistes et de techniciens.
“J’ai envie d’aller plus loin, de viser plus haut, de proposer quelque chose de plus qualitatif à mes fans. Ce qui me motive profondément, c’est le plaisir que je prends à chaque étape : écrire des scénarios, imaginer des histoires, choisir des tenues, penser les ambiances, organiser les tournages, tester de nouvelles choses. Aujourd’hui, je me sens totalement épanouie dans ce que je fais. Les histoires que je raconte sont sincères, les fantasmes sont réels, les émotions que je vis pendant les scènes le sont aussi. Comme je travaille uniquement avec des personnes avec qui il y a une vraie connexion, ce que l’on filme n’est jamais artificiel. Tout est authentique, visible dans les regards, dans les corps, dans l’énergie du moment. Ce sont cette vérité, cette liberté et cette intensité, à contre-courant des modèles dominants du business actuel que j’avais envie de mettre au cœur de Clémence Crave.”
“Une équipe restreinte mais efficace et alignée avec ma vision”
Toute femme-orchestre qu’elle est, Clémence Audiard s’est donc nécessairement entourée d’une équipe de production “volontairement à taille humaine”, composée de professionnels de confiance, car triés sur le volet au fil des collaborations, tout au long de sa carrière. Son crédo : “une bonne entente humaine, une vraie alchimie, et surtout un plaisir partagé à créer ensemble.”
“Je travaille avec un vidéaste dont le style correspond parfaitement à mon univers et à qui je fais totalement confiance. Il m’accompagne sur le plateau pour traduire mes idées à l’image, capter les émotions et respecter l’esthétique que je souhaite donner aux scènes. J’ai également une petite équipe éditoriale, qui s’occupe de la partie vidéo et des contenus destinés aux réseaux sociaux. Tout le reste du projet est géré par moi-même : l’écriture des scénarios, l’organisation des tournages, le booking des performeurs, la communication, ainsi que le choix et la gestion des costumes, des accessoires et de l’univers visuel dans son ensemble. Ce fonctionnement me permet de garder un contrôle créatif total et d’être pleinement impliquée à chaque étape, tout en m’appuyant sur une équipe restreinte mais efficace et alignée avec ma vision.”
« Je me focalise beaucoup sur la liberté de jeu et l’authenticité »
Cette vision, c’est auprès des productions les plus prestigieuses d’Europe qu’elle l’a patiemment cultivée. Aussi, aux antipodes du vanity project disruptif qui s’imagine réinventer l’érection, elle n’oublie jamais les fondamentaux post-gonzo de la mise en scène X, valeurs sûres de la discipline : une photographie de qualité, “des scénarios courts, clairs, efficaces”, et “une vraie place accordée à l’improvisation et au désir des acteurs.”
“En tant que réalisatrice, je me focalise beaucoup sur la liberté de jeu et l’authenticité. Il n’y a pas de limites imposées : chacun peut aller là où il en a envie, tant que cela reste juste et sincère. Mon approche du tournage est aussi très importante. Je filme majoritairement sans couper, parce que je trouve que c’est la meilleure manière de capter la vérité du moment. Je n’ai pas envie d’interrompre l’acte ni l’histoire que l’on est en train de vivre. On entre dans les rôles, on s’immerge complètement, et on reste présents à 100 %. Visuellement, je ne conçois pas un film porno comme quelque chose de statique. J’aime quand la caméra bouge, qu’elle accompagne l’action, qu’elle explore les corps et les émotions sous différents angles. Pour moi, c’est ce mouvement, cette continuité et cette immersion qui rendent les scènes plus vivantes, plus intenses et plus vraies.”
“Je souhaite que Clémence Crave devienne une référence »
C’est donc sans le moindre complexe que la productrice décrit la portée formidable de ses ambitions. Succès public, validation artistique et industrielle de ses pairs, trophées internationaux chez AVN et XBIZ, une fois sa marque consolidée et son business model établi, Clémence ne vise rien de moins qu’une reconnaissance mondiale. Go hard or go home, tout simplement. Car, encore une fois selon Clémence, la réussite n’est pas une fin en soi, mais le moyen ultime de transcender son œuvre, sa marque et son statut.
“À moyen terme, je souhaite que Clémence Crave devienne une référence, un nom vers lequel les performeurs ont envie de se tourner. Mon ambition est que des talents reconnus aient envie de travailler avec moi, d’être filmés dans mon univers, et qu’ils considèrent cela comme une expérience valorisante. Johnny Sins en fait clairement partie. C’est une figure emblématique de l’industrie, avec une présence, une énergie et un professionnalisme qui m’inspirent énormément. J’aimerais aussi beaucoup travailler avec Girthmasterr. Ce sont des hommes qui me font vibrer, qui me plaisent artistiquement et humainement, et avec lesquels j’imagine une vraie alchimie à l’écran. Pour moi, collaborer avec ce type de talents serait à la fois une reconnaissance et une étape importante dans le développement de Clémence Crave. Le respect, le confort et la qualité des conditions de travail sont essentiels pour moi, parce que je suis moi-même performeuse et connais les réalités du plateau. J’essaie également d’intégrer une vraie dimension de coordination d’intimité dans mes productions, car c’est aujourd’hui indispensable pour garantir un cadre sain, respectueux et sécurisant pour tous. Enfin, j’ai envie d’aller encore plus loin artistiquement en proposant des formats plus ambitieux, notamment des films de plus longue durée. J’ai encore beaucoup d’idées de réalisation et l’envie de raconter des histoires plus développées à mon public, tout en restant fidèle à l’authenticité et à la liberté qui définissent Clémence Crave.”
C’est tout ce qu’on lui souhaite.
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