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Z, patron de La Factory : « j’organise mes événements à la demande des femmes ! »
Z, « organisateur de fantasmes », fait régulièrement l’objet d’articles dans la presse grand public. Un feuilleton rocambolesque et sans fin pour La Factory, ce local du 15e arrondissement qui cristallise bien des fantasmes… Avec Z, nous avons tenté de démêler le vrai du faux. Il nous a aussi présenté son nouveau concept, destiné à aider les créatrices de contenu.
Par Pierre Des Esseintes
La dernière fois que je t’ai interviewé, c’était en 2019, ton concept s’appelait alors gangbanghards, et pas encore Derrière Le rideau. Il s’est passé pas mal de choses depuis. On a beaucoup entendu parler de tes événements dans les médias grand public suite à des affaires de plaintes, de dénonciation de voisins pour de prétendues nuisances… Ou en es-tu aujourd’hui ?
J’ai emménagé en juillet 2023, dans un nouveau local, qui se trouve dans un immeuble bourgeois du 15ᵉ arrondissement de Paris. Il s’agit d’un ancien local commercial en sous-sol. On y accède par les parties communes, parce que la copropriété a refusé à mon propriétaire de créer un accès par l’extérieur. La copropriété a eu peur que notre activité fasse baisser le standing de l’immeuble, et donc fasse perdre de la valeur à leur bien. D’ailleurs, c’est une chose que je peux comprendre, en tant que propriétaire et père de famille !

Comment se comportent les copropriétaires avec toi ?
Ça n’a jamais été frontal. Les voisins me disent bonjour, bonsoir, m’ouvrent la porte, ils me souhaitent de bonnes fêtes, un bon dimanche. Et après, ils retournent dans leur appartement pour écrire au maire et au préfet !
Quand le voisinage a entendu parler de ton activité, les copropriétaires sont tout de suite allés se plaindre ?
Oui, pendant un an, des gens ont enquêté sur moi. Je n’étais même pas au courant, puisque les différents corps administratifs : la brigade du proxénétisme, la mairie, le commissariat, la préfecture, faisaient leur boulot. Et à chaque fois, les voisins se heurtaient à un mur. Le commissariat les appelait, et leur disait : « voilà, on a mené une enquête sur lui. Il ne transgresse aucune loi. Il n’y a pas de problème ! » Du coup, les voisins ont voulu porter ça à la connaissance des médias. Un journaliste du Parisien a sauté sur l’occasion. On a eu droit à dix articles en un an. Le sexe, ça fait toujours vendre !
Et que s’est-il passé quand cette affaire a été médiatisée ?
La mairie a fait semblant de découvrir le dossier alors qu’elle était au courant depuis un an ! Et pareil pour la préfecture. Tous les services de l’état sont venus nous voir. La BAC est intervenue en pleine soirée, elle n’a rien trouvé à redire. La grande patronne de la brigade de répression du proxénétisme est venue voir comment se déroulait un événement, et elle n’a rien trouvé à redire non plus ! La seule chose que la préfecture a trouvé, c’est que le local est en sous-sol, et pas accessible aux personnes à mobilité réduite !
Et tu as été obligé de fermer à cause de ça ?
Oui, en août 2025, jusqu’en janvier 2026. Mais nous avions trouvé une solution : nous avons fait une demande de travaux. Lorsqu’on fait cette démarche, si au bout de trois mois et quinze jours, on n’a pas obtenu de réponse, ça veut dire que c’est OK d’office. C’était une porte de sortie pour la préfecture pour lui permettre de sauver la face. Ils ont fait semblant d’oublier notre dossier, et quand nous avons annoncé notre réouverture pour le 21 janvier, nous avons reçu, dès le lendemain, un courrier urgent de la préfecture imposant une fermeture définitive administrative pour trouble à l’ordre public et atteinte à la dignité humaine !
Le gang bang serait une atteinte à la dignité humaine ?
Oui ! Et à partir de là, j’ai pris un avocat en urgence. Je me suis rendu au tribunal administratif, et j’ai demandé au juge des référés de suspendre la fermeture de la Factory, en attendant de pouvoir présenter mes arguments, et j’ai gagné. Évidemment, il n’y a aucune preuve d’atteinte à la dignité humaine. Au contraire, j’organise mes événements à la demande des femmes, je ne fais que du sur mesure ! Si une femme veut une pluralité, c’est son droit le plus strict. Il y a eu des jurisprudences en ce sens à La Cour Européenne des Droits de l’Homme, concernant notamment le BDSM. Le trouble à l’ordre public n’a jamais été prouvé. Ceux qui m’ont accusé n’ont apporté aucune preuve. Et mieux, j’ai utilisé contre eux leurs propres documents. Par exemple, le commissaire du 15ᵉ arrondissement a fait un compte rendu, disant qu’entre janvier et août 2025, la police était intervenue quatre-vingt fois.
C’est incroyable…
Oui, ça fait dix fois par mois ! En quatre-vingt fois, ils n’ont jamais pu verbaliser personne, ni constater quoi que ce soit. D’un côté, la police qui se plaint de ne pas avoir assez de voitures, de moyens humains, de matériel, et d’un autre côté, il consacre quatre-vingt visites chez nous pour constater qu’il n’y a rien !
Comment s’organisent les rendez-vous avec les participants ?
Pour chaque événement, on donne rendez-vous aux hommes à deux cents mètres de notre immeuble. On les fait rentrer quatre par quatre et on ne fait que passer par l’immeuble. On ne vend pas d’alcool, il n’y a pas de drogue, pas de bruit. Les voisins ont fait venir trois huissiers, qui ont dit : « nous avons constaté qu’il y a des gens qui rentrent dans l’immeuble, et des gens qui en sortent. » Ce n’est pas un petit immeuble, il y a dix étages et cinquante-huit copropriétaires, donc il y a des allers retours toute la journée. Il n’a été constaté ni nuisance, ni saleté, ni bagarre dehors… Une fermeture, c’est la mise à mort d’une entreprise. Dans une boîte de nuit, quand il y a une bagarre et que la police intervient, il y a une fermeture d’une semaine ou quinze jours. Moi, ils m’ont fait fermer définitivement. Et j’ai gagné ! La préfecture a fait appel, et donc je dois passer au Conseil d’État. Ce sera certainement avant juillet.
Tous les voisins de l’immeuble sont contre toi ?
Les voisins ont appelé cent fois en un an. Plus de cent appels et plus de deux cents mails échangés. Mais parmi les cinquante-huit copropriétaires, il n’y en a que neuf qui font tout ce tintamarre. En vérité, le trouble à l’ordre public, il est créé par les voisins eux-mêmes. En appelant tout le temps la police, c’est eux qui créent le trouble !
Donc c’est en train de se retourner contre eux ?
Oui, ils veulent refaire le match ! Ils ont perdu au tribunal, ils ont même voulu récuser le juge. Le juge a estimé que le préfet a fait des erreurs de droit. En général les juges bottent en touche sur ce genre de dossier, parce que c’est du sexe. Là on a un juge qui a surmotivé chacun des points. On a gagné par KO, ça a été vécu comme une humiliation !
Quelles sera la prochaine étape ?
Je suis en attente de passer en audience devant le conseil d’état. Le Conseil d’Etat va vérifier si le juge a tout respecté. J’ai de bonnes chances de gagner. Mais si je perds, ça aura des conséquences pour tout le milieu libertin. Si on tombe sur un juge qui considère que le gang bang est une atteinte à la dignité humaine, cela risque de faire jurisprudence, même pour un gang bang privé. Cela veut dire que le juge pourrait interdire la sexualité de groupe !
Pour revenir à ton concept, ce sont toujours des femmes ou des couples qui te contactent pour organiser un événement ?
Oui, en général. Des personnes transgenres aussi, depuis quelques mois. J’ai le projet d’organiser des gang bangs gay. J’ai énormément de demandes d’hommes passifs, mais je n’arrive pas à trouver suffisamment d’hommes actifs ! Dans les partouzes gay, tout le monde baise avec tout le monde, il est rare qu’un seul homme soit au centre de l’attention.
Et donc toutes ces personnes te rémunèrent pour organiser l’événement ?
Oui, tout le monde paye. Les femmes, les couples, et les hommes qui participent.
T’a-t-on déjà soupçonné de prostitution à cause de ces transactions financières ?
Oui, par des gens qui ne connaissent pas. Et qui pensent qu’un organisateur est un proxénète. Les gens imaginent que je prends une femme et la jette en pâture à un groupe d’hommes. En vérité, je prends un groupe d’hommes, que j’offre à une femme parce que c’est son fantasme. C’est elle qui décide de la date, du jour et de l’heure, du nombre d’hommes, de leur style, de leur couleur de peau, de leur tranche d’âge, des pratiques sexuelles… Mais comme mes événements sont payants, avec le sexe et l’argent il est tentant de faire des amalgames. Depuis des années, j’essaie de communiquer en disant qu’on ne paye pas pour baiser, mais pour accéder à La Factory. Le sexe n’est jamais obligatoire. Plusieurs fois, j’ai annulé des événements, parce que quelques minutes avant de commencer, j’ai compris que la femme n’avait plus envie, ou qu’elle était là pour faire plaisir à son mari. Dans ce cas, les mecs repartent, et il n’y a pas de souci. J’ai mis en place des safe words, des formulaires de consentement. On ne rigole pas avec ça.
Tu organises d’autres types d’événements ?
En quinze ans, j’ai dépassé ma 3000ᵉ organisation ! Je suis très connu pour le gang bang, mais j’organise aussi des week-ends libertins dans les capitales européennes, des dîners gastronomiques, des soirées exclusivement féminines, des expositions, des soirées multi couple, des partouzes…
Tu reçois des people, parfois ?
Oui, des people de toutes sortes. Pas forcément très célèbres, mais souvent connus dans leur milieu, comme par exemple une sommité de l’intelligence artificielle, des politiques – certains font même partie du gouvernement – des chanteuses, des gens de la télé réalité… Mais les demandes de ces gens sont les mêmes que celles de monsieur et madame tout le monde…
Tu peux me présenter ton nouveau concept ?
Oui, j’ai développé toute la partie logistique pour aider les créatrices de contenu. C’est à dire que je fournis le lieu, le casting, le caméraman, le montage vidéo… C’est vraiment clé en main. Je sors tout juste d’un tournage avec Molly Lollipop. On reçoit Alia Star mardi prochain. J’ai déjà reçu Alice Maze, Adeline Lafouine, Rosa Josefin, Maevaa Sinaloa… Elles apprécient la Factory, car c’est un lieu rempli d’objets insolites. Par exemple, on a un flipper bizarroïde, un glory hole en forme de maison de Barbie. C’est très cinématographique. En plus, les hommes qui viennent sont plutôt des libertins, pas des acteurs professionnels. Et ça, elles apprécient beaucoup. Les gars viennent vraiment pour elles, parce qu’ils ont déjà fantasmé sur telle ou telle actrice… Ils se battent pour venir ! Je lance donc un appel aux créatrices de contenu : n’hésitez pas à me contacter ! J’ai une logistique tellement rodée que je peux recevoir une créatrice pendant une semaine, et lui organiser un tournage dans un lieu différent chaque jour, avec un casting, un scénario…
L’appel est lancé !
https://www.derrierelerideau.fr/
Pour soutenir Z :
https://www.change.org/p/mettre-fin-au-jugement-des-femmes-de-la-factory-rivegauche
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