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Internet Kills the Video Stars

Dimitri Largo

Publié

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Les Buggles l’avaient chanté à l’époque : la vidéo a tué les stars de la radio. 36 ans plus tard, retour de flammes : l’internet a tué les stars de la vidéo. Où sont-elles alors, les nouvelles étoiles ? Y en a-t-il encore une à Petaouchnok ou ailleurs qui puisse revendiquer ce statut ?

Coincé entre le business grandissant des webcams et la démocratisation de l’escorting, l’avenir de la vidéo porno est-il sans issue ? Qui sont les ambassadrices de ce genre cinématographique représenté il n’y a pas si longtemps par les Katsuni et autres Clara Morgane, sans parler des Américaines ?

Parce qu’à la seconde question, on ne sait pas trop que répondre, la réponse à la première ne brille pas par son optimisme.

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D’emblée, il n’est pas inutile de s’interroger sur la définition du mot star, censé qualifier les actrices porno les plus célèbres et bankables. Rarement un mot aura été aussi galvaudé avec celui d’artiste. Il suffit désormais d’une scène filmée sur son Iphone et d’un compte Facebook pour se proclamer star du X. Ceci-dit, ce fut toujours plus ou moins le cas et nombre de débutantes s’autoproclamèrent « étoile » à la faveur d’une interview dans Hot Vidéo.

Si les stars ne sont pas mortes, une certaine conception de ce qu’elles doivent être, si. Une star dure dans le temps, c’est une de ses caractéristiques. Or, jamais le temps ne s’est autant accéléré que depuis l’avènement du web. Le quart d’heure de célébrité de Warhol est dépassé. Le chat, l’assiette, la crotte qui fait plouf ont aussi droit à la starisation. Votre trou du cul est mondialement connu sans pour autant que ce soit le cas de votre visage.

Autre étalonnage possible du concept de « star du porno » : considérer que cette expression s’applique dès lors qu’un média généraliste se penche sur votre cas. On peut alors dire qu’il n’y en a guère plus qu’une ou deux (Ana Polina, Nikita Bellucci), voire aucune. Jadis invitées chez Cauet quand celui-ci avait le vent en poupe, sur Skyrock avant qu’elle ne devienne une radio confessionnelle, chez Ardisson ou Ruquier pour les plus grosses, les stars du porno avaient un temps d’antenne sensible dans la petite lucarne. Désormais, les têtes de gondole et autres locomotives nécessaires à un secteur d’activité sont aux abonnés absents depuis quelques années sur ce que PPD appelait encore l’ancêtre d’internet.

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Sont-elles pour autant sur Chaturbate, Cam4, MyFreeCam ou SocialPorn ? Qui est cette Rylii Belle qui rassemble 125 000 pèlerins pour une branlette collective synchronisée ? Cette Lolita_13210 qui agglutine 77 connectés pour un effeuillage sur Skype ? Cette sculpturale Moldave qui promet votre nom tatoué sur ses gros seins contre 500 Token (250 balles quand même) ? Des Norman, Cyprien, Alex Ich ou Fanta & Bob à la sauce porno, autant de personnages aux audiences planétaires dès qu’ils affichent leur tronche sur un player ?

Le porno est comme une bicyclette…

Illustres inconnues, les nouvelles « stars » maitrisent sur le bout des doigts la webcam, le smartphone et les derniers joujoux hi-tech, font vibrer le OhmyBod dès que dégringole un euro virtuel. Là où vous ne récolterez pas un kopeck en produisant un film de quatre rombières qui se touchent le clito, la cam girl convertira la magie du direct personnalisé en espèces sonnantes et trébuchantes.   

Signe des temps, les premiers Adult Webcam Industry Awards se glisseront à coté de la cérémonie des AVN Awards, grand messe du porno à la papa, le 21 janvier prochain à Vegas et le sponsor officiel des deux remises de prix n’est autre que Chaturbate.com, le site fondateur du « se masturber en chattant »,  authentique mantra du web porno.

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Début 2000, ça sentait déjà le sapin pour les vedettes de la vidéo pour adulte quand une nana comme Gauge se pointait pour tout exploser avec des gorges profondes hors-normes. Sa démarche (et celles de quelques autres) ouvrait la voie au gonzo pur et dur. Dans son sillage, des cohortes de performeuses relevant plus du cirque itinérant que de du rôle de composition : Ashley Bidule, Ashlynn Machin, Jessyca Trucmuche, Agent 47, C-16, R2D2…

Les stars sont mortes. Vive mes stars

Mais finalement, la nature n’a t-elle pas rétabli l’équilibre, une certaine forme de justice ? Les mêmes têtes, dans les mêmes films, sur la même chaîne, dans la même presse, ad lib : ce que le mateur était obligé de subir des années durant s’il ne voulait pas franchir la porte d’un sexshop. Le porno n’est pas le cinéma : le public ne s’est jamais plus délecté des stars que des nouveaux visages, de filles qui jouent des rôles que de celles qui offrent ce qu’elles ont de plus naturel et d’intime.

La cam girl ou Macha Beranger dans le corps de Little Caprice. « Tu m’étonnes » qu’elles sont dures à trouver les stars…

Natalia Mackenzie. Célèbre incognito

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Natalia Mackenzie

Son nom ne vous dit sans doute rien, mais Natalia Mackenzie est une star sur le web. A aucun moment, elle n’a eu envie de faire des films porno classiques.

VDX : Natalia, peux-tu te présenter au public français ?

Natalia Mackenzie : J’ai fêté me 30 ans en mai. Je suis mère célibataire, modèle webcam en même temps qu’étudiante. J’ai deux sites : CamModelStore.com et NataliaMackenzie.com. Je suis nominée aux « Adult Webcam Industry Awards » pour la « Best Live cam Masturbation ».

Qu’est-ce qui t’a poussée à faire de la webcam ?

Quand j’ai eu ma fille en 2010, je travaillais comme réceptionniste. A 13 dollars de l’heure, je ne gagnais pas assez pour élever correctement une enfant et avoir un toit sur la tête. Je suis repartie chez ma mère. Quand ma fille a eu deux ans, j’ai décidé qu’il fallait que je fasse quelque chose de ma vie. Je me suis toujours sentie à l’aise dans mon corps, la webcam, ça m’a tout de suite semblé naturel. Ca me permettait de travailler depuis mon domicile pendant que ma mère surveillait ma fille. Six mois plus tard, j’avais amassé assez d’argent pour partir et payer la crèche.

Quels sont les avantages et les inconvénients d’être modèle webcam ? 

On est son propre patron et ça, c’est super. Je fixe mon agenda et je vois tout de suite ce que je gagne. L’inconvénient est d’être obligée de garder le sourire même lorsque l’on n’est pas de bonne humeur. Parfois, ça peut être dur physiquement aussi, mais globalement, il n’y a vraiment pas à se plaindre.

Pourquoi n’as-tu jamais voulu faire de porno « classique » ?

J’ai pesé le pour et le contre. Autant, je pourrais faire des shows en boîte de strip, autant le porno, non. Les filles sont mal payées et elles ont la durée de vie d’un kleenex dans ce milieu.

Que conseillerais-tu à une fille qui souhaite se lancer dans la cam porno ?

Sourire, être sympa, avoir une bonne lumière et une bonne webcam HD !

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.

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