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Décryptages

Capturer l’orgasme

Cécile Saint Laurent

Publié

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Dans le sexe, les plus grands explorateurs que nous sommes sont perpétuellement en quête du Graal : l’orgasme. Cette source de plaisir, qu’il faut apprivoiser pour en profiter, une photographe a décidé de la capturer. Naît de cela une série de photos, où l’on peut lire sur les visages une multitude d’émotions allant du plaisir pur à un presque semblant de douleur.

De l’idée à la naissance de ce projet se sont écoulées environ deux années. Alina Oswald décide de se lancer dans la série Moments, elle immortalise des personnes de la manière la plus pure et la plus honnête, en les photographiant pendant l’orgasme. Dès le moment où l’idée lui vient en tête, elle décide d’en parler autour d’elle à son entourage ou en soirée : « Tout le monde en a, alors pourquoi ne pas le montrer ? ». C’est finalement son ouverture d’esprit et sa capacité à n’avoir aucun tabou sur le sexe qui vont lui permettre de réaliser son projet. Les premiers portraits, elle les réalise sur une amie et sur elle, avec un autoportrait des plus poignants. De fil en aiguille, la curiosité des gens a permis à la photographe de trouver des cobayes et ainsi faire grossir le projet.

La question que tout le monde se pose, c’est de savoir comment se déroule l’aspect logistique des choses : le shooting. Alina Oswald raconte que tout commence par un verre de vin : « Je leur rends visite chez eux le soir. On parle, on boit, et une connexion s’établit. Quand on se sent prêt, j’installe mon équipement et la personne commence, soit en solo, soit accompagnée ». La plupart du temps, la photographe explique rester dans la pièce pendant toute la séance, mais qu’elle a parfois dû s’éclipser pour ne revenir qu’au moment propice au portrait. « Après, on parle du shooting et je rentre chez moi avec une énergie merveilleuse et pure grâce à cette soirée », dit-elle.

Le but d’Alina Oswald est aussi d’explorer comment ce qui commence de manière unidimensionnelle peut parfois atteindre d’autres niveaux quand les émotions s’en mêlent. Jusqu’où les spectateurs peuvent-ils pousser l’interprétation ? Elle estime que celle-ci relève d’un travail de collaboration entre l’artiste et le public. Pour s’en rendre vraiment compte, Alina Oswald n’a pas divulgué le thème de sa série aux visiteurs de sa première exposition. Elle souhaitait découvrir si les émotions qui apparaissent dans les portraits étaient suffisamment fortes pour communiquer ce qu’elles représentent sans explications.

De sa série de portraits, on ressent une certaine authenticité qui se dégage. Rien n’est forcé, il n’y a pas de pose, aucun contrôle. Au moment exact où l’objectif capture les sujets, ils sont submergés de sentiments et de sensations : « Au moment de l’orgasme, on revient à la base. On agit en fonction de notre instinct, et nous ressentons tout notre corps et des émotions, en oubliant toutes les pensées et les tracas du quotidien ». Alina Oswald continue à photographier des sujets pour son projet qui sera bientôt publié dans un livre.

Ancienne actrice de X des années 80, reconvertie dans le journalisme et éditrice de sites Internet X. Sous pseudonyme dans un souci de discrétion, mais toujours bien informée des dessous du milieu.

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