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On baisera comment en 2032 ?

Ricardo

Publié

le

Nous sommes en 2032. John Spartan, le héros de Demolition Man, se réveille après 70 ans de congélation et sa collègue Lenina Huxley se propose de lui faire (re)découvrir les joies du sexe. Le personnage joué par Sylvester Stallone saute sur l’occasion mais est rapidement déçu de découvrir comment on fait l’amour dans le futur. Sans contact physique ni échange de fluides, par écrans interposés. Mais alors, c’est vraiment ce qui nous attend ?

Le film date de 1993 et à l’époque les scénaristes ont donc tenté d’imaginer ce que serait la sexualité quarante années dans le futur. En 2021, environ dix ans avant la vision dystopique du blockbuster hollywoodien, qui aura d’ailleurs une suite, on peut raisonnablement penser qu’ils ne se sont pas trop trompés. 

Plus de contact physique

La technologie, par le truchement de la réalité virtuelle, d’internet, des sextoys connectés et autres joyeusetés, permet aujourd’hui de faire l’amour à un ou plusieurs partenaires sans contact physique et sans même le besoin de se trouver dans la même pièce. Cela signifie donc la disparition de toutes les maladies et infections sexuellement transmissibles, ainsi que la clé sous la porte pour les vendeurs de capotes.

Au pire, si vous désirez vraiment ressentir un contact charnel, vous pourrez acquérir un robot sexuel. Bon, au lieu de peau il s’agira plutôt d’un polymère de plastique ultra-sensitif et résistant aux brûlures de cigarette mais c’est toujours mieux que d’aller courir les bars et la gueuse dans le mince espoir de s’offrir un coup d’un soir.

En 2019, la société Realbotix a ainsi lancé Harmony, un robot sexuel qui coûte 13 000 euros, bardé de capteurs, d’accéléromètres et de compartiments à fluide. D’autres entreprises comme Android Love Doll, True Companion et Sex Bot Company se sont aussi lancées dans le marché du robot sexuel. La machine d’Android Love Doll peut aussi adopter 50 positions différentes, son visage change d’expression et elle apprend à mieux connaitre son propriétaire grâce à l’intelligence artificielle mise à l’œuvre lors des conversations.

Du sexe beaucoup plus intense et inclusif

Malgré cette immixtion peu engageante d’humanoïdes dans notre intimité, le plaisir sexuel promet d’être décuplé. Notre compréhension de la neurobiologie du sexe va mener à de nouvelles possibilités de stimuler directement le cerveau. Cela permettra notamment aux personnes en situation de handicap de découvrir des frivolités que leur condition leur interdisait jusqu’à maintenant. 

En somme, le film Her de Spike Jonze va prendre vie. Vous pourrez avoir un partenaire virtuel, avec qui votre relation évoluera au fil du temps. Le principe existe d’ailleurs déjà avec un service comme Invisible Boyfriend. Comme dans un jeu vidéo, vous pouvez définir toutes les caractéristiques de votre petit ami virtuel pour ensuite échanger des textos avec lui, pondus par une équipe de rédacteurs.

La sexualité féminine enfin mise à l’honneur ?

Aux États-Unis, la Food and Drug Administration a autorisé la mise sur le marché de plus de 20 produits destinés à traiter les dysfonctionnements sexuels masculins. Pour les femmes ? Zéro. Selon les spécialistes, les prochaines années vont réparer cette inégalité et les femmes subissant des problèmes sexuels se verront proposer des médicaments pour soigner ces afflictions. Une avancée importante dans l’histoire de la sexualité, dominée par le plaisir masculin.

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Robots sexuels et relations virtuelles, le futur du cul manque définitivement de chaleur humaine et d’odeurs corporelles. Sommes-nous condamnés à délaisser le sexe traditionnel pour ces paradis artificiels ? Les futurologues sont aussi inquiets que les scénaristes de Futur Sex ou BlackMirror. Certains plaident déjà pour un encadrement légal, notamment pour les robots sexuels employés dans les maisons closes. La Fondation for Responsible Robotics a par exemple été créée pour s’emparer de ces questions brûlantes. Surtout, ce sont les psychologues qui préviennent des dangers de cette virtualité exacerbée, un risque de dissonance grave avec la réalité pour les individus. D’autres, plus optimistes, prédisent que l’humanité s’équilibrera d’elle-même et se tournera vers une sexualité protéiforme, laissant à chacun libre cours d’explorer et n’excluant personne.

 

 

 

 

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