Suivez-nous

Actrices

Les Goonettes. Nouvelles suffragettes

Publié

le

Penser que le X ne serait qu’un truc de mec, par les mecs et pour les mecs, ce serait oublier les goonettes, ces femmes qui se regroupent pour mieux discuter de leur addiction au porn. Un truc qu’elles sont loin de vivre comme un calvaire. Au contraire, les goonettes assument leur fétichisme et s’en délectent à rebours des discours censeurs et mortifères qu’on veut faire tenir à toute la gent féminine. Éclairage.

Femme en culotte couchée sur un lit

Introduction au gooning

Il y a quatre ans, à l’occasion d’un article intitulé Les marathoniennes de l’anal, nous avions déjà évoqué le phénomène du gooning, une pratique qui consiste à se masturber sur une scène le plus longtemps possible, histoire de décupler le plaisir. Le magazine new-yorkais Inputmag nous apprend que le gooning n’est pas l’apanage des hommes et c’est du côté des îles britanniques que le pure player est allé chercher de réjouissants témoignages pour étayer son constat.

Joanne. L’insatiable

Voici donc Joanne, une Anglaise de 47 ans dont 25 de mariage, la majorité d’entre elles sans rapport sexuel. Récemment divorcée, avec des enfants devenus adultes, Joanne se met à mater du porn par curiosité. « Je m’attendais à des pauvres storylines, des acteurs de merde et des faux orgasmes, mais waouh, les temps ont changé ! », confie-t-elle sous la plume d’Input. « Je suis tombée dans le trou du lapin, à la découverte de la sexualité, en regardant plus de films que je ne pourrais les compter et j’ai développé un engouement qui a régi ma vie sexuelle ». Au fil des mois, Joanne devient insatiable. Elle se met à fréquenter les clubs libertins et multiplie les plans cul, comme autant de situations porno qu’elle tente de reproduire. De son propre aveu, ce n’était jamais assez. « Et puis j’ai entendu parler des goonettes. J’ai cherché à en contacter sur les forums pour avoir des conseils sur la manière de descendre encore plus loin dans la débauche. Elles ont été heureuses de m’aider ».

Catherine Duffy. La leader

Catherine Duffy avec un masque et une cigarette

Catherine Duffy : la leader

Évidemment, un tel récit est difficile à entendre pour celles et ceux qui voient dans le porno un fléau à combattre. Au mieux, Joanne est manipulée, victime du patriarcat qui la conditionne socialement depuis la naissance ; au pire, elle est nymphomane et aliénée. Dans les deux cas, elle n’est pas la seule comme elle le dit elle-même. « Les goonettes s’approchent un maximum de l’orgasme sans jamais le déclencher en se masturbant devant des images pornographiques », explique Catherine Duffy, une Irlandaise de 34 ans qui anime le subreddit r/Whoreurope et un magazine à destination des pornosexuels, ceux qui préfèrent le porno au sexe réel. « Ça peut durer des heures, parfois des jours, pour atteindre un niveau d’excitation tel que le simple orgasme est dépassé. Le corps tremble violemment, la gorge se noue et la seule chose qui compte est de consommer encore plus de porn pour maintenir cet état ». Duffy aurait voulu horrifier ses contempteurs qu’elle ne s’y serait pas mieux prise…

Fétichisation n’est pas addiction

Toutefois, pour les concernées, le gooning n’est pas synonyme d’addiction. « La ligne entre les deux peut être floue, concède l’Irlandaise ; d’où, le rôle de femmes comme moi, les porn mommies, pour guider les nouvelles au sein de la communauté. Quand ils chauds, les hommes comme les femmes font des choses stupides ». Dont Joanne, quant à elle, fut témoin : « j’ai vu des filles quitter leur partenaire pour du porno et le regretter direct quand elles sont redescendues ». Deniska, 29 ans, qui manage un bar à Prague déplore pour sa part la difficulté de trouver un partenaire qui accepte ses choix. « C’est difficile de lui demander d’être heureux avec quelqu’un qui se masturbe tout le temps. J’aime mes amies goonettes, mais un petit copain, ce serait vraiment sympa ». En attendant, d’après Input, elle continue de se caresser langoureusement sur des scènes lesbiennes et trans… Au final, quand il s’agit de peser le pour et le contre, l’Anglaise Joanne croit savoir de quel côté penche la balance : « Quand je compare mon ancienne et ma nouvelle vie, je ne peux vraiment pas être négative. Ma vie est désormais meilleure ».

Une communauté solidaire

Plusieurs femmes en petite tenue posent les unes sur les autres

Le gooning a créé des communautés très importantes

Le groupe de Catherine Duffy n’est pas la seul de la communauté goonette. r/GoonetteHub revendique 31 000 membres et une version masculine, r/GOONERS_PARADISE est apparue en parallèle. Les pratiques sont des plus variées, actives, extrêmes ou au contraire très paisibles. Certaines sont des QoS, des reines de Pique adeptes de l’interracial, d’autres, comme Duffy, ont une appétence pour les gloryholes et les gang bangs. Pour Violet, une Canadienne de 24 ans, le plus important demeure la communauté : « Internet joue un rôle fondamental dans ma vie de goonette. J’ai trouvé des communautés avec des gens comme moi sur Discord, X et Reddit. On se donne des challenges quotidiens, comme celle qui va résister le plus longtemps avant d’atteindre l’orgasme ». Au sommet de la communauté, les porn mommies veillent au fonctionnement de la communauté avec bienveillance. « Nous, les anciennes, jouons un rôle matriarcal. Nous sommes responsables de l’intégration des nouvelles. J’aime être vue comme une figure d’autorité dans la communauté », conclut Catherine Duffy.

Journaliste professionnel depuis 2003. Rédacteur du magazine Hot Video de 2007 à 2014.

Populaire

Merci de désactiver votre bloqueur de publicité pour accéder à ce site.

ADBLOCK a cassé ce site en voulant supprimer son contenu publicitaire.
Désactivez ADBLOCK pour consulter nos articles.