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Paige Spiranac. Le bon coup
Oubliez les clichés sur le golf, les voiturettes de grabataire et la conso en eau des greens, la nouvelle génération s’est trouvée une ambassadrice de science-fiction : Paige Renee Spiranac. Influenceuse, instructrice, modèle, cette ex-championne junior qui n’a pas percé pro est devenue plus célèbre que les cadors du circuit. Ses arguments ? Un bon coup de club, une com’ de pornstar et quelques menus avantages physiques.
Une golfeuse atypique
La première fois que l’on voit passer Paige dans un fil, on tape direct son nom suivi d’un triple X histoire d’être sûr. Elle doit faire du porn, c’est obligé. Comment pourrait-elle autrement s’afficher en jupette, body rose, le derrière bombé et le décolleté plongeant ? Raisonnement de vieux, même pas encore boomer. Paige Spiranac s’est juste approprié les codes du X comme les neuf-dixièmes des influenceuses sur le web. Ceci-dit, ces codes, elle les maitrise encore mieux que les autres. Sans être suggestives, ses poses sont dignes de Stormy Daniels à la grande époque Wicked et son fessier dispute le regard à sa poitrine.
Dans le petit milieu du golf, son sport, « elle est la personnalité la plus clivante » juge le site golf.com, qui se demande où la situer : « Est-elle quelqu’un qui dépoussière le golf et rajeunit son audience ou cherche-t-elle à dévoyer le sport en jouant sur les instincts basiques ? » Pourquoi choisir ? Sport et vanité font bon ménage. Mais rien ne remplacera jamais les rêves de professionnalisme de Paige. « Tout ce dont j’ai toujours rêvé est de devenir golfeuse sur le tour LPGA (NDLR : Ladies Professional Golf Association). C’est toujours mon rêve, mais cela s’est révélé bien plus compliqué que je le pensais ».
Repérée pour sa plastique
Issue d’une famille de sportifs, la native du Colorado avait tout pour devenir la nouvelle Annika Sorenstam. Suite à une blessure au genou, elle abandonne la gym à 12 ans et se met à la petite balle blanche. Love at first swing. Elle rafle tout au point d’intégrer le top 20 mondial chez les juniors, collectionnant les trophées dans l’Ouest américain. En 2011, ses exploits golfiques lui permettent de décrocher une bourse pour intégrer l’Université d’Arizona. La greffe ne prend pas et elle part pour celle de San Diego où elle va collectionner les bons résultats, battant certaines des meilleures amatrices du circuit comme Hannah O’Sullivan. En 2015, elle est repérée par le site Total Frat Move qui collectionne les gifs et les photos détournées des plus belles étudiantes des campus américains. Dès lors, sa popularité sur les réseaux explose bien au-delà du golf. Les marques se pressent pour la sponsoriser. En décembre 2023, à 22 ans, elle se voit offrir sa première participation à un tournoi pro, le 10ème Ladies Master de Dubaï. Sur place, sa figure va cristalliser les jalousies. Le journal Irish Examiner titrera « qu’avec plus de selfies que de birdies, le golf ne devrait pas avoir besoin de Paige Spiranac ». La Hall of Famer Laura Davies dira qu’elle la connait autant « qu’une savonnette ».
Elle a secoué les codes du golf
Un bout de savon qui ne passera pas le cut de la première journée. « Je me suis sentie comme lorsque personne ne veut s’assoir près de vous, narre-t-elle à golf.com. J’étais nerveuse et intimidée par tant de négativité, mais je comprenais. Personne ne s’était encore construit une carrière grâce aux réseaux sociaux et les seules photos que je voyais de moi dans les médias étaient des selfies en mini-jupe. Elles ont travaillé dur pour en arriver là et elles n’ont pas la médiatisation qu’elles méritent ». L’année suivante, le tour professionnel féminin modifie le dress code obligatoire pour les tournois. Comme par hasard. La jurisprudence Spiranac bannit les décolletés, les jupes trop courtes et les croptops des greens en compète. Le lendemain de la décision, elle s’affichera dans le magazine Fortune en bikini sur le fairway.
La golfeuse la plus célèbre du monde
Non, jamais Paige n’est rentrée dans le rang et jamais elle n’est passée pro. À 31 ans, elle est pourtant la golfeuse la plus célèbre au monde, loin devant la numéro un mondiale au classement Rolex, une certaine Lilia Vu, que personne ne voit. En juin 2022, le magazine Maxim’s lui a décerné le titre de « Sexiest Woman Alive », une première pour une sportive qui fait régulièrement le régal d’un autre vénérable de la presse sportive américaine : Sports Illustrated. Dans un bain culturel global dévoué à la beauté, Spiranac a décroché le gros lot à la loterie génétique et le gros lot tout court. Ses contrats avec l’équipementier Parsons, une appli de paris sportifs, la marque de montres Philip Stein et ses millions de followers lui assurent des revenus confortables. Et si elle atterrit un jour dans le X, ce ne sera jamais sans sa visière et un fer 7.
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