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Lena Fire : « Je suis la Queen des fel' »

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Insatiable globe-trotteuse, Lena Fire revient sur un an d’aventures pornographiques aux 4 coins de l’Europe, entre Barcelone, Berlin, Prague et Milan. Arrivée aux affaires sur le tard, l’audacieuse Lena Fire s’érige une carrière internationale “au feeling et au culot”, dans une indépendance totale. Adepte du self-booking (i.e.la négociation de contrat hors agence), elle s’arme de passion et de travail pour vivre une aventure humaine et sexuelle aussi inattendue qu’exaltante. Rencontre avec une performeuse baroudeuse comme on n’en fait plus.

Lena Fire sur un lit

Rencontre avec Lena Fire !

Salut Lena ! Alors comme ça, tu deviens actrice X à 35 ans…

Oui, j’ai commencé en novembre, l’année dernière. Ce n’était pas vraiment prévu dans ma vie. Je vis au jour le jour. J’ai toujours été très portée sur le sexe. Ma première fois, j’avais à peine 14 ans. Et j’ai toujours aimé me filmer avec mes partenaires. Pas pour regarder les vidéos après, mais le simple fait d’être filmée m’a toujours vraiment excitée. 

Je n’avais jamais songé à me lancer sur les plateformes. Je ne pensais pas plaire. Je n’aimais pas du tout mon physique. C’est un peu ma revanche. 

Lena Fire les fesses à l'air sur un lit

Une belle revanche…

J’allais souvent dans un club libertin près de Marseille. Les patrons m’ont repérée quand j’ai été la première à sauter au milieu d’un gang-bang. Ils m’ont proposé de me manager, de créer et gérer mes réseaux. Au bout de trois semaines, je me suis aperçue qu’il me la faisait à l’envers. 

J’ai continué de mon côté, parce que ça me plaisait bien. J’ai eu assez vite pas mal d’abonnés et des commentaires cools. Mon kink a toujours été les fellations. Je suis la Queen des fel’. Fellations et gorges profondes. J’ai mis quelques vidéos sur Pornhub, qui ont eu un peu de succès, et je suis tombée sur Alex Romero, Marseillais lui aussi. Il m’a orienté vers Juan qui travaille pour Jacquie et Michel. Deux semaines plus tard, je faisais mon premier tournage pour eux. Ça a commencé comme ça : au feeling, au culot et j’ai pris mon pied dès les premières scènes.

Lena Fire seins nus

La queen des fel’

Tu parles de revanche sur ton physique. Qu’est-ce que tu entends par là ?

J’étais anorexique, il y a plusieurs années. J’ai failli en mourir, donc mon corps a toujours été un peu… complexe pour moi. Je ne me suis jamais vue comme je suis ou comme les gens me voient. Comme je t’ai dit, je ne regarde pas mes vidéos, à part pour monter le teaser. Alors quand j’ai lu les commentaires, ce qu’on disait de moi, ça m’a redonné confiance. Et je me suis aperçue que j’en ai rien à foutre. J’assume mon corps, je suis enfin bien dans ma peau. J’ai appris à m’aimer.

Lena Fire souriante et seins nus

Lena Fire s’assume et elle a bien raison !

Je ne suis pas parfaite. On est comme on est. On est tous différents, chacun est beau à sa manière. C’est ce que j’aimerais inspirer aux autres. Aimez-vous un peu plus.

Tu te définis comme actrice plutôt que comme créatrice de contenu. Il en existe donc encore ? 

Haha ! Oui, ça existe encore. C’est peut-être pour ça que je ne gagne pas d’argent. Haha ! Plus sérieusement, mon kiff, c’est de partir en voyage quelques jours, d’aller rencontrer les acteurs. Quand ça matche, il y a des liens qui se créent. On reste en contact. T’imagines ? Partir à Berlin toute seule et rencontrer Jason Steel. Wow ! Et j’aime beaucoup ce gars. Hier encore, il m’envoyait une photo du dernier prix qu’il a remporté aux Venus.

Je ne me dis pas que je vais « faire un film de cul. » Ce sont des moments de ma vie intenses devant une caméra. Je trouve ça génial. Je fais aussi des vidéos persos, mais ce n’est pas pareil. Ça ne me fait pas mouiller.

Tu travailles dans toute l’Europe, hors agence. Comment ça marche le self booking ?

C’est compliqué. Je passe des heures sur X et Insta à naviguer de comptes d’acteurs en compte d’acteurs, me dire qu’ils ont l’air cools, et à envoyer des messages au culot : « Salut, je suis Lena Fire, actrice française, etc. » Ça marche ou pas, mais c’est comme ça que j’ai décroché toutes mes scènes, que j’ai travaillé avec énormément de personnes.

Lena Fire seins nus regardant au loin

L’indépendance incarnée

C’est beaucoup de travail. Il faut organiser le voyage. Quitte à partir trois jours à Milan, autant trouver d’autres tournages, d’autres collabs et donc d’autres acteurs disponibles au même moment. Mais j’aime cette indépendance

Ça m’écarte sans doute de certaines grosses productions, de gros studios, mais ça me permet de ne travailler qu’avec des personnes avec qui j’ai un feeling, parce que s’il n’y a pas de feeling, il n’y a pas de scène. Je ne fais pas semblant. Je ne simule aucun orgasme.

Comment sélectionnes-tu les personnes avec qui tu travailles ? Est-ce qu’avoir l’expérience d’une femme de 35 ans t’aide à flairer les mauvais plans ?

Je ne vais pas mentir, je me suis fait avoir en décembre, et ça aurait pu finir de façon vraiment dramatique. C’est important de le dire. Il faut faire attention à certains sites, certains messages bizarres et prendre le temps de se renseigner. Pour chaque production, je regarde 2-3 vidéos pour voir si le concept me plaît. Ensuite, rien qu’à discuter avec l’acteur ou le réalisateur, on sent vite si le courant passe.

Il y a des red flags qui te font renoncer à collaborer avec une prod ou un acteur ?

Oui. Quand on me demande dès le début d’envoyer plusieurs photos nues, alors que j’envoie toujours les liens vers mes portfolios, mes plateformes, c’est suspect. Idem si je demande les liens vers ses réseaux et qu’il ou elle me répond que son Twitter et son Instagram ont justement sauté il y a deux jours.

Je suis également vigilante dès qu’on parle de prix ou de tests. « Testé négatif pour hépatites et VIH », mais la syphilis, on en fait quoi ? Et le reste ? Si ce n’est pas testé, je ne viens pas.

Lena Fire seins nus avec un slip vert

La vigilance est de mise chez Lena Fire

Il y a aussi ceux avec qui la discussion dérape vite, qui parlent de coucher avec moi sans parler du contenu des vidéos qu’on va tourner. C’est un énorme red flag. Il y a peu de temps, un mec qui voulait que je vienne à Prague me propose de dormir chez lui, pour une nuit intense de sexe. Rien que ça ! On a beau le faire par passion, comme moi, je viens pour faire des scènes. S’il y a affinité ensuite, je ne dis pas, mais à la base ça reste professionnel.

Sur WhatsApp, on a un groupe entre filles, sur lequel on se demande dès qu’on a un doute, si quelqu’un a bossé avec untel. Avoir des références, ça aide.

Tu déplores l’isolement professionnel des débutants. Comment l’as-tu vécu et surmonté ?

Oui, pour ma part, je me suis vraiment jetée dans la gueule du loup. Je n’ai aucun regret, mais ce n’est pas toujours facile. Tu apprends sur le tas. Tu n’as forcément pas de contact et tu n’oses pas envoyer de messages à telle ou telle nana que tu as vue sur Insta. Il y a des moments de doute. En es-tu vraiment capable ? Est-ce que tu vas y arriver ? C’est un travail aléatoire, qui peut changer du jour au lendemain. Quand mon twitter a été suspendu, je me suis sentie vraiment mal de voir des mois de travail foutus en l’air.

Lena Fire a quatre pattes sur un lit avec un haut vert

En constante lutte contre l’isolement

Il faudrait des forums où on pourrait échanger avec des modèles qui ont de l’expérience. Des gens qui connaissent les difficultés du métier, capables de donner des conseils où même juste d’écouter et de comprendre ce que traversent les débutants. Mes proches sont au courant, je ne m’en cache pas, mais ce n’est pas facile de parler de ses problèmes à quelqu’un qui n’est pas du milieu. Le groupe WhatsApp dont je parlais tout à l’heure est une bonne base. Il en existe en français, en anglais, en espagnol. Ce serait une bonne chose de développer ce genre d’initiatives.

Tu étais aux Xbiz en septembre. Ces salons sont-ils de bons moyens de créer cette cohésion entre professionnels du secteur ?

Ça peut aider. Après, il y a énormément de monde. Ça m’a permis de revoir des collègues avec qui j’avais déjà travaillé, de rencontrer ceux avec qui je discute sur les réseaux en vue d’une collab. Puis ça m’a ému quand Paulita Pappel, de Hardwerk, avec qui j’avais parlé quelques fois, est venue me taper sur l’épaule pour me saluer. On ne s’était jamais vu, et elle me reconnaît de dos. J’étais très flattée. J’ai parlé avec plein d’autres artistes très installés, je suis un bébé du porn à côté d’eux. C’est très convivial. Depuis, certains m’ont recontactée pour collaborer, j’ai eu pas mal de propositions de tournage un peu partout.

Lena Fire nue en noir et blanc

Un « bébé » du porn…

Tu es déjà internationale. Où as-tu travaillé en Europe ? Où aimerais-tu encore aller ?

En Italie, j’ai été à Rome et je retourne à Milan bientôt. Je suis allée à Berlin, et plusieurs fois en Espagne, à Barcelone et à Malaga avec Pascal White. Je reviens de Budapest et je pars à Prague la semaine prochaine. Je suis toute excitée, ça faisait longtemps que je voulais bosser avec Giorgio Grandi et il a accepté ma candidature. Je vais me faire défoncer, il y aura 4 mecs avec moi.  

4 mecs, tu es du genre téméraire…

Je suis assez dingue, oui. J’ai le mot « zinzin » tatoué sous la lèvre, ça me définit bien. L’autre jour, en me maquillant, j’ai confondu ma base hydratante. Quand j’ai vu que le produit ne pénétrait pas, j’ai compris que je venais de m’étaler du lubrifiant sur tout le visage. Alors que je n’en mets même pas dans ma chatte pour les tournages. Voilà le genre de trucs qui m’arrivent fréquemment.

C’est ce personnage que je partage sur les réseaux avec ma communauté, « mes petits gicleurs » comme je les appelle. J’ai beaucoup d’autodérision. Je n’ai pas peur de me moquer de moi. 

Tu as plein de tatouages, justement. Ça te distingue dans le X ?

Le ventre, les bras, les jambes, les pieds, à part le dos, je suis très tatouée, en effet. J’ai commencé à 16 ans, j’en ai 35 aujourd’hui. J’y ai passé la moitié de ma vie. Pourtant, dans le X, ce n’est visiblement pas ce qui ressort en premier chez moi. Bon, en France, j’ai bien essuyé quelques refus parce que j’étais « trop tatouée« , mais ailleurs, ce n’est pas vraiment ce pour quoi on m’a contacté ou sur quoi on m’a fait des retours. C’est plutôt mon naturel, ma gourmandise et mes fellations. L’uro aussi. Même s’il y en a de plus en plus, on n’est pas nombreuses à boire de la pisse.

Lena Fire allongée nue

Les nombreux tatouages de Léna

Et tu as connu de nouvelles expériences sexuelles grâce au X ?

Laisse-moi réfléchir… Ah oui, pisser dans ma chatte et dans mon cul, on ne me l’avait jamais fait. En fait, il y a un an et demi, tu m’aurais parlé d’uro, j’aurais eu envie de vomir. Et d’un coup, un peu avant de me lancer dans le X, ça m’a excitée. La première fois, j’étais sous la douche avec mon meilleur pote, on était un peu bourrés. C’était trop drôle, lui n’arrivait pas à me pisser dessus, moi j’étais morte de rire.  Depuis, j’y prends goût. Question découverte, c’est à peu près tout. Ah si, lundi, je fais ma première double anale. Je vais devoir bien m’entraîner.

En quoi va consister ta préparation ?

Pour entraîner mon anus ? Ce n’est pas quelque chose qui me stresse. Je le fais avant chaque scène d’anal. Mais là une double, et certainement pas avec des petits gabarits… Je me suis fait fister pour la première fois il y a quelques semaines, donc je me dis que si une main d’homme rentre, la double rentrera aussi. Je vais simplement m’y préparer la veille, avec un gros jouet que j’aime beaucoup. Mais c’est plus psychologique qu’autre chose, je pense. 

Et il y a d’autres pratiques que tu aimerais explorer ?

Le shibari, je n’ai jamais eu l’occasion d’essayer, mais ça m’excite pas mal. Et avec une femme, j’aimerais qu’elle réussisse à squirter directement dans ma bouche, ça me rendrait dingue. À part ça, j’ai déjà eu l’occasion d’essayer beaucoup de choses. Le reste, ça vient quand ça vient. Tant que le plaisir, la bienveillance et le respect sont là, je me laisse porter.

Merci Lena Fire !

Merci à vous et à bientôt sur les réseaux !

Lena Fire allongée nue en noir et blanc

Retrouvez Lena Fire sur ses plateformes !

Titulaire d'une maîtrise en cinéma, auteur d'une Porn Study à l'Université Paris VII Diderot, Clint B. est aujourd'hui chroniqueur de l'actualité porno.

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