Abdellatif Kechiche approuve le retrait de la licence de son film « La vie d’Adèle »

"Plutôt saine" : voilà la réponse on ne peut plus étonnante d'Abdellatif Kechiche, le réalisateur du fameux long-métrage La vie d'Adèle, primé à Cannes mais tellement controversé lors de sa sortie, du fait notamment de l'âge d'interdiction à seulement 12 ans, alors que 16 ans aurait été plus logique selon les critiques. Ce qui a donc laissé la porte grande ouverte à des associations intégristes, toujours à l'affût du moindre faux-pas pour faire parler d'elles : cette fois-ci, c'est Promouvoir, qui, par l'intermédiaire de son président André Bonnet, a ressorti la hache de guerre pour protester contre l'âge minimum requis pour pouvoir regarder le film... Ce n'est cependant pas leur coup d'essai, car plusieurs films avaient été a posteriori amenés devant la justice par le collectif intégriste : Nymphomaniac, Ken Park, Saw 3D ou Love ont tous subi le même sort, en étant désormais interdits aux moins de 18 ans. 20615212   La requête examinée et reçue comme valable par la cour administrative d'appel de Paris a fait l'effet d'une bombe : le visa d'exploitation était donc annulé, et le film ne pouvait plus de facto être projeté dans les salles obscures ! Même s'il n'était plus à l'affiche depuis un certain temps, cette décision a jeté un coup de froid pour l'association des auteurs, réalisateurs et producteurs (ARP), qui y voient "un nouveau signe, parmi ceux trop nombreux déjà, de l'urgence de repenser en profondeur notre système de classification des films." Autre réaction, celle de la Ministre de la Culture, Fleur Pellerin, qui a décidé de porter l'affaire devant le Conseil d'Etat, afin de faire annuler cette décision qui semble injuste d'une part, mais surtout incompréhensible, au vu du timing proposé par l'association Promouvoir. La décision de la Ministre n'a pas laissé insensible plusieurs professionnels du cinéma, qui voient également dans cette attaque contre le film la possibilité de repenser en profondeur le système de "notation" au niveau de l'âge des films : pourquoi ne pas reconnaître l'erreur d'appréciation, remonter l'interdiction à moins de 16 ans, pour que l'affaire soit réglée au plus vite ?

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Tout d'abord sûrement pour le principe : en quoi une association catholique intégriste, reconnue pour lutter contre par exemple le mariage pour tous, pourrait dicter sa loi concernant le 7ème art ? Si l'idée est défendable, on doute bien que la Ministre veut, par ce biais-là, prouver qu'elle existe et qu'elle se doit de réagir, même si c'est parfois contre-productif. Car le mal se situe bien ici : on se contente souvent de riposter en ayant une vision de court-terme et en essayant de jouer sur les apparences, alors qu'un travail en profondeur, comme par exemple dans l'éducation, aurait des effets bien plus importants et bénéfiques. En attendant, l'intégriste et empêcheur de tourner en rond André Bonnet continue sa croisade pour imposer ses idées, et ne cache pas ses prochaines cibles : 50 Nuances de Grey et Mad Max : Fury Road, tous deux "seulement" interdits au moins de 12 ans ou encore Pirates des Caraïbes, jugé trop violent. Au-delà de cette folie apparente qui peut paraître risible, l'association fait également état d'idées nauséabondes, en expliquant que certains films X sont à la base du mal-être chez certains jeunes...

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Saluons tout de même la réaction d'Abdellatif Kechiche, qui au lieu de se perdre dans des prises de paroles inutiles et sûrement violentes, se contente de calmer le jeu : en attendant peut-être sa réponse dans son prochain film, qui sait ?
La Rédaction

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