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Partouze Gay : « Le plaisir en groupe, ça ne s’improvise pas ! »

Thomas Fap

Publié

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Ils ne doivent pas être nombreux les consommateurs de porno gay à n’avoir jamais regardé une vidéo de partouze. Célébration de l’échange, du plaisir partagé et d’une plus ou moins grande bestialité, la « touze » est depuis toujours un objet de fantasmes. Des plateaux de tournage à la réalité, comment se vit l’orgie, quels en sont ses avantages et ses possibles inconvénients ?

La touze gay : un événement !

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Fabien, 36 ans, organise régulièrement des partouzes gays chez lui. Il nous raconte comment lui est venu ce goût des parties à plusieurs : « Déjà,  quand je regardais des pornos ça m’excitait beaucoup. J’aime les rencontres, j’aime le sexe et je trouve que la partouze emporte les participants dans un ailleurs. Il n’y a plus tous les codes de la société, de hiérarchie. On oublie le monde extérieur et on se lâche pour un moment qui se passe de mots : il faut le vivre pour le comprendre. J’ai participé à ma première touze en arrivant à Lyon, nous étions une douzaine. On avait pris un verre avant, les gens étaient sympas. Et le basculement était très excitant. Personnellement, ce que je préfère c’est toujours le lancement. Quand deux mecs lancent les hostilités, se roulent des pelles, le bruit érotique, leur déshabillage aux yeux de tous, les regards des autres convives qui sont excités et qui vont se lâcher à leur tour. C’est un autre monde, une façon vraiment particulière d’expérimenter sa sexualité ».

D’abord simple participant, notre interlocuteur a eu envie d’organiser à son tour ses orgies après plusieurs années : « J’ai commencé à pas mal gagner ma vie, j’avais un appart sympa, de la place, et je me suis dit que je pouvais tenter d’organiser. Je suis pas trop mal physiquement, sociable, je savais que je pourrais mettre à l’aise les gens ». Mais contrairement à ce qu’il pensait, les débuts furent difficiles : « Ma première touze était un désastre (rires). On était une quinzaine et il n’y avait pas d’ambiance, on était crispés. Les mecs ne se plaisaient pas beaucoup, on a fini à 5 au final, pas mal étaient partis. C’est là que j’ai réalisé qu’il fallait vraiment penser bien à tout auparavant, organiser au maximum ».

Selon Fabien, on organise une partouze comme on organise un événement : « Il faut penser à absolument tout ! Inviter plus de personnes que le nombre que tu veux atteindre car il y en a toujours qui annulent à la dernière minute, se dégonflent. Faire en sorte qu’il y ait un nombre plus ou moins équitable entre les actifs, les passifs et les versatiles. Vérifier que les trips sexuels sont communs. Insister sur l’hygiène. Anticiper si les mecs sont bon esprit et pas trop compliqués sur l’aspect physique. Eviter à tout prix les divas. Tout ça c’est une base. Après il faut réfléchir à la mise en scène. Organiser un apéro, demander aux gens de participer pour les boissons, prévoir toutes les capotes, le gel, les mouchoirs (rires). Être prêt à être celui qui se mouille en premier et lance le truc si les autres sont timides, réfléchir à comment instaurer un climat friendly et chaud. S’assurer que tout le monde se protège bien. Quand tu organises, tu as un stress en plus forcément. Tu veux que ça se passe bien, que les gens repartent contents. Je suis assez voyeur donc ça ne me dérange pas si je ne me mêle pas forcément à l’action. Rien que le fait de voir tous les gars s’éclater ensemble, le son, l’odeur, ça me chauffe ! »

« Trop de mecs, c’est pas possible ! »

Eric, la vingtaine, est parisien. Il fantasmait beaucoup sur une sexualité en groupe mais en concrétisant la chose, il a été déçu : « Quand je voyais ça dans un porno, j’étais dingue ! La réalité est bien décevante je trouve. J’ai essayé deux fois de faire des partouzes et ça n’était vraiment pas ce à quoi je m’attendais. Déjà en trouver une c’est difficile. Beaucoup de mecs qui en organisent sont trop sélectifs, ce sont de vrais nazis. Ils veulent que des gars sportifs, avec des grosses bites, des bogosses… Je ne suis pas parfait donc ça n’était pas évident de trouver. Ça fonctionne aussi beaucoup par cercles, par connaissances. Tu as quelques profils sur des applis comme Grindr mais souvent c’est bidon ou trop fait à l’arrache. La première fois, je me suis retrouvé dans un appart où tous les mecs étaient défoncés, certains baisaient sans capote, c’était assez glauque, j’étais pas dedans du tout. La deuxième c’était un truc plus soft si on peut dire. Mais les gars se regardaient de la tête au pied, certains restaient sur le côté, personne ne voulait d’eux, c’était moche à voir. C’est aussi possiblement frustrant car si un mec te plait, tu en as pleins d’autres qui vont lui sauter dessus. Soit tu lâches l’affaire soit tu attends ton tour (rires). Je pense que pour faire ça il faut pas avoir peur du regard des autres, aimer un minimum s’exhiber ».

Cet avis, Fabien n’est pas vraiment d’accord avec : « Moi, la partouze m’a aidé à assumer. J’étais pas forcément à l’aise avec mon corps, avec la nudité. Le fait de te mettre à poil devant les autres te libère. Il ne faut pas faire trop de généralités sur les partouzes : il y a autant de partouzes différentes que de mecs différents. Tu peux tomber sur un hôte et des convives sympas comme sur des gens pas très open. Il ne faut pas se dire que c’est à chaque fois la même chose, c’est faux ! »

Les différents visages de la partouze

Selon Fabien, on peut recenser différents types de touzes : « Tu as celle improvisée qui peut parfois être une bonne surprise mais globalement je déconseille. A mes yeux le plaisir en groupe, ça ne s’improvise pas ! Si tu fais à l’arrache, tu peux vraiment tomber sur des cas sociaux, un truc qui ne prend pas, pas assez de monde à cause des nombreuses annulations. Tu as celles organisées par des particuliers comme moi, des passionnés si on peut dire ça comme ça. Le plaisir d’inviter et de partager le sexe ensemble en veillant à ce que tout se déroule bien. Pour bien faire, je mélange à la fois des contacts rencontrés par des plans et je recrute sur les applis avec un profil au titre explicite. Tu as aussi les touzes « associatives » type « Le club TBM » mais qui n’existent que dans des grandes villes. J’en ai entendu pas mal de bien. Tu as enfin les partouzes accessibles uniquement par parrainage et qui ont lieu dans des immenses apparts. Des trucs à 200 mecs, ce genre. Ce sont les plus difficiles à dénicher ».

Une mécanique compliquée ?

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Vous l’aurez compris, organiser une orgie demande du temps, de l’organisation, un minimum de sérieux. Pour maximiser les chances de s’éclater, mieux vaut s’y prendre à l’avance. Ça c’est pour la réalité.

Dans le porno gay, si les touzes ont la côte, elles ne sont pas forcément particulièrement nombreuses. Cela s’explique là encore par une mécanique complexe : accorder les emplois du temps, assembler des mecs qui vont bien les uns avec les autres. Mais surtout la partouze coûte très cher pour les producteurs. Certains sites trichent un peu en appelant une scène une partouze alors qu’il n’y a que 5-6 mecs. Mais pour une vraie partouze avec plus d’une dizaine de participants à l’écran, il faut avoir un budget conséquent pour payer les cachets de tous les modèles. La partouze n’est pas forcément rentable et c’est pour ça qu’elle reste un événement pour un studio, qui prend un risque en en mettant une en chantier. Et oui : une orgie, ça se mérite, en vrai comme dans la fiction.

Thomas s'abreuve de porno depuis ses 15 ans. Après les premiers émois des VHS hétéros, il développe une passion débordante pour le x gay alors qu'Internet fait son apparition. Pornophage et curieux, tous les genres et fétiches attisent sa curiosité. Il partage ses fantasmes et addictions sur son propre blog, Gaypornocreme, et régulièrement pour le magazine gay Qweek.

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