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Les pénis les plus célèbres de l’histoire – Partie 2 : pièces et main d’œuvre

Clint B

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Puisque l’histoire des pénis célèbres ne se résume pas qu’aux appendices de grands personnages, eux-mêmes célèbres, poursuivons notre petite anthologie avec une seconde chronique relative, cette fois-ci, aux divers traitements hors du commun qu’ont pu subir certains chibres qui n’en demandaient pas tant. Entre reproduction, difformité, mutilation et chirurgie, voici la vie de quelques verges qui en ont vu…

Victor Noir, le vit après la mort

La vie de Victor Noir, ou Yvan Salmon de son vrai nom, n’était déjà pas banale. Journaliste politique sous le Second Empire et républicain convaincu, il meurt le 10 janvier 1870, à seulement 21 ans, assassiné des mains mêmes du cousin germain de Napoléon III -et donc neveu du premier-, lors d’une querelle éditoriale entre canards concurrents. Le soupe au lait Pierre-Napoléon lui fait part ce jour-là d’un droit de réponse plombé plutôt définitif. Devenu un peu malgré lui symbole de la République martyre, son corps, d’abord enterré à Neuilly-sur-Seine devant une foule immense, est transféré au Père-Lachaise sous un gisant à son effigie. Et ce n’est qu’à ce moment, après sa mort, que débute réellement sa légende phallique. Pourvue de proportions remarquables, et vraisemblablement authentiques, au niveau de l’entrejambe, la reproduction mortuaire du défunt n’a pas manqué d’attirer l’attention des visiteurs du célèbre cimetière ; au point qu’il naît un mythique : la fertilité sourirait à quiconque caresserait la médaille de bronze de l’ami Victor. Et à en juger par l’éclat du métal non seulement au niveau du sexe, mais aussi du nez et de la bouche, nombreuses sont celles et ceux qui y sont aller de leur petit pelotage, voir carrément de leur chevauchée (parce qu’autant mettre toutes les chances de son côté). Même la grande Dita Von Teese s’y est un jour essayée. Alors, elle est pas belle, la mort ?

 

L’instrument de Jimi Hendrix

Si l’on a beaucoup glosé de la gratte de Jimi, une guitare de droitier montée à l’envers, bien peu ont évoqué sa flute, montée, elle, parfaitement à l’endroit. Le fait est que la chose a été immortalisée, en plusieurs exemplaires, par la plasticienne Cynthia Plaster Caster, une groupie fascinée par les bites de rockstars (pléonasme). Contrairement à ses paires, cette dernière était toutefois moins amène à les introduire dans ses différents orifices, que de les glisser dans un pot d’alginate initialement prévu pour le moulage dentaire. Et il s’avère que le guitariste légendaire est le tout premier modèle officiel de l’artiste, qui s’était jusque-là contentée de parfaire la technique sur quelques amis ouverts d’esprit. Jimi Hendrix est donc la toute première d’une longue liste de stars du rock à avoir vu son pénis, et seulement son pénis, figé en négatif pour l’éternité, en un gabarit plutôt honorable, il faut bien le reconnaître. Jimi Hendrix, pionnier de l’impression 3D ?

 

Surplus de matériel

Il y a une différence entre reproduction et copie conforme ; et l’incroyable Juan Baptista Dos Santos serait bien placé pour en parler. Ce surprenant personnage, né au Portugal en 1843, n’a lui jamais eu besoin qu’on produise de duplicata de sa panoplie virile, puisqu’il disposait déjà naturellement de l’essentiel du matériel, en double ! Atteint d’une malformation congénitale, l’invraisemblable Juan Baptista naissait en outre avec un dédoublement des membres postérieurs, depuis le bassin ; ce qui comprend, deux jambes supplémentaires, maladroitement fusionnées lors de sa génèse, en une seule, inerte, un anus surnuméraire, trois scrotums et, donc, deux bites, parfaitement fonctionnelles. Du reste, il était en pleine santé, et plutôt bel homme d’après les témoignages. En 1865, il déclina un contrat de 200 000 francs pour apparaître dans le freak-show d’un cirque français, préférant réserver ses exhibitions au milieu médical, particulièrement fasciné par le cas. Outre son anatomie pour le moins originale, la documentation s’attarde généreusement sur ses mœurs intimes, évoquant une « passion animale », un appétit sexuel vorace, une réputation dissolue. Et c’est sans parler de son endurance ; si tôt l’un des deux chibres avait fait son œuvre, l’autre prenait le relai avec une raideur intacte. Une authentique bête de sexe. On lui prête enfin une relation avec Blanche Dumas, célèbre femme aux deux vagins qui lui fut contemporaine et n’eut de cesse qu’ils se rencontrent. Si ça, ce n’est pas être faits l’un pour l’autre…

 

Saucisse à la coupe

Question « love story », avec Lorena et John Wayne Bobbitt, on est sur quelque chose de beaucoup plus terre-à-terre ; d’atterrant même, dirons-nous. Abus en tous genres, violence physique, viol conjugal, lors du procès, Lorena Bobbitt, aujourd’hui Gallo, dresse un portrait particulièrement détestable de son époux. Pourtant, c’est elle qui est sur le banc des accusés, rapport aux événements du 23 juin 1993, nuit où elle a disjoncté. Suite à un énième abus sexuel, le bon John Wayne s’endort du sommeil des ordures. Un peu plus tard, Lorena se lève pour aller boire un verre d’eau dans la cuisine. C’est alors que le légitime prend le pas sur le rationnel dans la psyché de cette femme violentée. Elle saisit un couteau à viande et retourne dans la chambre, où son mari ronfle encore comme un sonneur. Elle soulève les draps et, sans sommation, tranche le sexe de son tortionnaire. Toujours en plein épisode, elle quitte ensuite l’appartement et monte en voiture, pour une fuite sans but, le pénis tranché à la main, comme le trophée de son émancipation. Mais à diriger tant bien que mal son véhicule d’une seule main, Lorena finit par craquer et jeter le pauvre zob par la fenêtre, dans un champ. Reprenant un peu ses esprits, elle appelle enfin les secours, explique la situation et indique le lieu où ils pourront trouver l’appendice nuitamment sectionné. Après de longues recherches et une opération de plus de neuf heures et demi, le pénis mutilé est finalement recousu sur son propriétaire. Lorena sera acquittée, au vu des circonstances, et John entamera une petite carrière dans le X, apparaissant dans deux films entièrement à la gloire de sa virilité balafrée : John Wayne Bobbitt: Uncut et Frankenpenis. Tout est bien qui finit bien ?

 

La fille danoise

Puisque notre petite chronique fait un détour inattendu du côté des ablations, pourquoi ne pas revenir sur une autre soustraction pénienne, parfaitement désirée cette fois-ci ? Je dirais même plus, revenons sur la toute première transition sexuelle réussie de l’histoire de la médecine, qui eut lieu, tenez-vous bien, en 1930 ! C’est l’histoire de Lili Elbe, dont la destinée a récemment été adaptée au cinéma, sous les traits d’Eddie Redmayne, dans The Danish Girl. Née homme, sous le nom d’Einar Magnus Andreas Wegener, un peintre de paysage danois, Lili commence à se découvrir femme lorsque son épouse, Gerda Gottlieb, elle-même illustratrice de mode, lui propose de se travestir pour remplacer les modèles féminins dont elle manque. Lorsque le couple s’installe à Paris en 1912, c’est en tant que femme que s’établit Lili, se faisant passer pour la sœur d’Einar aux yeux de la société. Au sens médical, sa transition est plus tardive. La procédure, hautement expérimentale à l’époque, se fera à Berlin, en 1930 et nécessitera pas moins de quatre opérations, répartie sur deux ans : ablation des testicules, greffe d’ovaires, ablation du pénis et du scrotum, et greffe d’un utérus. Lili mourra en 1931, sans doute du rejet du dernier organe. Entre temps, l’histoire fait grand bruit dans la presse internationale, si bien qu’en octobre 1930, la cour du Danemark invalide le mariage d’Einar et reconnaît légalement Lili en tant que femme. Comme quoi, la transophobie est franchement une conception d’arrière-garde.

 

Mon royaume pour une miette d’hostie

Il est temps à présent de conclure en beauté notre anthologie des pénis les plus célèbres de l’histoire, en vous parlant évidemment du sexe de Jésus. Bien sûr, il ne s’agit pas ici d’évoquer quelques galipettes apocryphes du Fils prodige avec la vénér(ienne)able Marie-Madeleine, mais de vous entreprendre du bout de quéquette le plus sacré de la Chrétienté : le Saint-Prépuce. Comme vous le savez sans doute, et bien qu’il crût très fort en lui-même, Jésus était de confession juive. Or, la tradition hébraïque veut que les nouveaux-nés soit circoncis huit jours après leur naissance. Il s’avère aussi que du Saint-Suaire aux Clous de la Sainte-Croix, tout ce qui a pu appartenir au Christ, de près ou de loin, constitue une relique sacrée à la valeur inestimable. Alors, un échantillon de son anatomie la plus intime, vous imaginez bien… Loin d’être une fantaisie paillarde de curé breton, l’acquisition et la conservation de la « sainte vertu » fut donc un enjeu capital pour nombre de diocèse à travers l’histoire, avec son inévitable lot de falsifications. Au Moyen-Âge, on a pu compter jusqu’à quatorze pelures christiques dispersées aux quatre coins de l’Europe. Anvers (Belgique), Hidelsheim (Allemagne), Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne), mais aussi Fécamps, Coulombs et Chartres (dans le même diocèse), Langres, Besançon, Metz… À moins que le messie eût aussi le pouvoir de multiplier les glands, ça fait quand même un sacré paquet de vieux bouts de zguegs factices conservés sur coussins de velours. Jusqu’en 1983, le village italien de Calcata donnait même une procession, le premier janvier de chaque année, en l’honneur du Saint-Prépuce local. Toute authentification étant bien entendu impossible, il faudra vraisemblablement attendre la prochaine résurrection pour que l’intéressé statue sur les exemplaires restants : « Ceci est bien mon corps. »

Titulaire d'une maîtrise en cinéma, auteur d'une Porn Study à l'Université Paris VII Diderot, Clint B. est aujourd'hui chroniqueur de l'actualité porno.

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