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Iron Man n’est plus

Dimitri Largo

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Véritable icône au tournant des 2000’s, le performeur-producteur Brandon Iron vient de se donner la mort en Irlande. Une fin assez effroyable quand on pense à la vie de rêve qu’il a brièvement eue et qui renvoie la profession à certaines réalités pas bonnes à dire. Pas sûr qu’il repose en paix, malheureusement.

Il était décrit comme le « pervers ultime » par le réalisateur Jim Powers qui s’étonnait de le voir assister à ses bukkakes, juste comme ça, en voyeur. A 51 ans, le performer canadien Brandon Iron a été retrouvé pendu dans un appartement de la banlieue de Dublin. Ultime pied de nez, ce genre de décès occasionne une érection du tonnerre de la part du mort et Brandon Iron était notamment connu pour ses turgescences infaillibles comme son pseudo le suggère. Avant d’évoquer les circonstances dramatiques de sa disparition, il convient de revenir sur la personnalité et le porno produit par ce performeur-producteur si hardcore que toute Femen aurait rêvé de le tabasser à mort.

Le symbole de la surenchère gonzo

En 2008, quand Cecilia Vega s’envole pour travailler à Budapest le cirque Legal Porn n’existe pas encore, mais les baisages de bouche, la pisse et les triples-anales sont déjà monnaie courante. À cette époque, la Clermontoise est l’actrice française la plus hardcore du circuit et la seule à accepter de travailler pour Brandon Iron, avec Melissa Lauren. Rocco Siffredi fait pourtant dans le gore, avec ses hardeurs Omar Galanti, tout sauf galant, Karim et le jeune Mike Angelo, alors débutant dans le grand bain du porno pro ; mais toutes les actrices se battent pour aller bosser chez l’étalon italien, tandis que quelques téméraires, seulement, se risquent à passer l’épreuve d’Iron le Canadien. Le zig a la réputation de passer les hardeuses à la moulinette et de les traiter comme des carpettes dans les gonzos qu’il produit pour la boite qui porte son nom. Il faut être un panzer pour passer chez Iron, du calibre d’une Cecilia Vega, toujours contente de revenir de chez lui couverte d’hématomes, comme autant de gratifications suite à un rude combat.

Le natif de Calgary n’est pas basé en Europe de l’Est, mais à la fin des années 2000, il est en tournée dans les viviers d’actrices mondiaux. Diplômé en Anglais, Brandon Iron est devenu hardeur en 1991, mais ce n’est qu’à partir de la fin de la décennie qu’il performe à plein temps. Repéré par les gros studios gonzo que sont Extreme Associates, Devil’s Films et Red Light District, il commence à réaliser ses propres scènes au tournant du millénaire et devient même le réalisateur casquette de Platinum X en 2003. Quatre ans plus tard, il est aux commandes de son propre label et sort des séries à succès comme Perverted Planet et She’s Half My Age, mais le déclin du DVD aura raison de ses ambitions et il se remettra à charbonner pour diverses prods comme Kick Ass et Smash Pictures, et des sites à la Loadmymouth.com. Dernièrement, il n’y avait plus que sur Manyvids que Brandon Iron, de plus en plus marginalisé, vendait ses vidéos.

Une corporation précarisée

Le drame de Brandon Iron est symptomatique de la situation des hardeurs de l’ancienne génération. Qu’il ait été introduit au Hall of Fame d’AVN en 2018 n’a rien changé à son inexorable paupérisation. Sur la fin, son isolement était tel que ce n’est que trois mois après ses derniers signes de vie à ses proches que son corps a été retrouvé.

D’après les informations divulguées par l’insider blogueur Mike South, Brandon Iron était entré en conflit avec Sarah O’Brien, son ex-compagne et mère de sa fille, Lily. Depuis quelques années, il s’était installé en Irlande pour se rapprocher d’elles. Là-bas, il vivait une déchéance sociale comme tant d’autres qui constatent que ManyVids est une plateforme qui rapportent surtout à la poignée de webmasters derrière et pas aux fournisseurs de contenu. Une source anonyme citée par South résume la situation dans laquelle se trouvait Iron : « Son contenu lui a échappé et il s’est mis à poursuivre les tubes, mais le mal était fait : c’était partout. Il n’a pas protégé sa source de revenus ». Le hashtag #payforyourporn n’a pas marché pour lui et à ce rythme, il se muera bientôt en #prayforyourporn pour les performers qui n’arrivent plus à en vivre. Et pour ceux qui ont connu la gloire et l’argent facile de la période dorée, la chute est d’autant plus rude.

A l’annonce de la mort d’Iron, peu de ses collègues se sont émus. Manuel Ferrara s’est fendu d’un sobre « RIP Brandon Iron » sur son compte Twitter et quelques-uns de ses anciens employeurs comme Mark Kulkis, Jim Powers et Ralph Long ont récité leurs couplets de louanges au magazine AVN. Les défunts n’ont que des qualités… S’il s’était quelque part lui-même mis hors circuit en s’exilant en Irlande, son dernier tweet remontant à mi-mars illustrait avec sarcasme la détresse de sa situation : « 2007 : Un distributeur de DVD me dit que je vais bientôt conduire une Lamborghini. 2019 : j’espère que je vais choper un job de voiturier dans un parking ».

 

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