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Rencontre avec Balak, auteur des Kassos et de Peepoodo : « Le cul a toujours fait partie de mon environnement de dessin. »

Clint B

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Qui a dit que le dessin animé, ce n’était que pour les enfants ? Certainement pas Balak, auteur de séries déjà culte telles que Les Kassos, l’OVNI Peepoodo, ou encore Vermin actuellement en diffusion sur Netflix. Dessinateur, story-boardeur, scénariste et animateur, il est sans doute la plus éminente des références françaises en matière d’animation pour adultes, à plus forte raison si ça parle de quéquette. Et c’est non sans une pointe d’humour que l’artiste revendique le statut de « pornographe » dès les premiers moments de notre interview, lorsque nous l’interrogeons sur son métier. Il faut dire que Maxine, personnage fétiche qu’il développe par le biais des plateformes Twitter et Patreon, franchit très largement les limites de la décence tous publics. Rencontre avec l’ambassadeur français du dessin animé coquin. 

Les professions artistiques ont le chic pour susciter la curiosité du quidam moyen, prisonnier d’un boulot tertiaire aussi excitant qu’un tableur Excel. Comment devient-on dessinateur ? Est-on touché par la grâce ? Visité par une Muse ? Né avec un crayon dans la mimine ? Pour Balak, la réponse est plus simple, évidente même.

« On vient tous au dessin assez vite. C’est juste qu’il y a des gens qui s’arrêtent après l’enfance et il y en a d’autres qui continuent. Moi, j’ai toujours continué, même quand je me suis orienté dans un parcours qui n’avait rien à voir, la philo, parce que je ne savais pas quoi faire. Après des rencontres avec des professionnels du dessin animé, je me suis rendu compte que c’était un vrai métier, qu’il y avait la possibilité de faire des choses cool. Mais l’idée, c’est que je ne me suis jamais arrêté de dessiner. » 

Loin du fantasme aujourd’hui universel de l’autodidacte, l’auteur souligne l’importance essentielle de la formation. Diplômé à l’école des Gobelins, il revendique le fait d’apprendre auprès des meilleurs.

« L’animation, c’est mieux d’apprendre ça dans une école, et surtout entouré de personnes qui sont bien meilleures que toi. Comme ça, tu peux leur piquer des tricks à droite à gauche. Je n’ai pas fait d’école préparatoire. J’animais juste sur papier. Je recopiais généralement des nichons dans des animés, sur papier et comme je n’avais pas de table lumineuse, j’animais en scotchant les dessins sur les carreaux de ma fenêtre. »

L’animation est en quelque sorte un retour aux sources, pour un artiste qui a été biberonné, comme tous les mômes des années 80, aux animés du Club Dorothée. Ses références : Les Chevaliers du Zodiaque, évidemment, mais surtout les fictions joyeuses et polissonnes de Rumiko Takahashi.

Rumiko Takahashi, mangaka incontournable des années 90.

« Quand j’étais gamin, je suis très vite tombé amoureux de Ranma 1/2, Lamu et Juliette, je t’aime, les œuvres de Rumiko Takahashi. A posteriori, je me suis rendu compte que ce que j’essayais de faire, c’était ça : mélanger le sexy, l’action, l’amour et puis la comédie, surtout. Ce mélange des genres, c’est ce que j’aimais le plus quand j’étais gosse et ce que je me retrouve à faire aujourd’hui. »

Ainsi, il est difficile pour Balak de mettre le doigt sur un quelconque « virage pornographique » au cours de sa carrière de dessinateur, sinon « vers l’âge de trois ans. »

« Sans rire, j’ai très vite dessiné du cul. Je me rappelle très bien ; j’aimais beaucoup Tarzan, et je ne pouvais pas m’empêcher de le dessiner avec la bite qui dépasse du pagne. Parce que j’étais fasciné par le fait qu’il porte un pagne et qu’on ne voit jamais sa bite. Pour moi, le sexe a toujours fait partie du côté amusant du dessin : pouvoir dessiner absolument ce qu’on veut. Et encore une fois, ça s’est concrétisé quand j’ai découvert Lamu, où pour la première fois de ma vie, j’ai vu un nichon dans un dessin animé. Je me suis dit « Ah, merde ! Mais on peut faire ça !? » J’ai tout de suite lâché mes Spirou et mes Tintin. Et malgré les gens qui s’indignaient qu’on ose montrer ça à des enfants, c’était trop tard. Une vocation était née ! »

Lamu, héroïne un brin dévêtue

Au collège, il achète la paix sociale auprès de ses camarades à grands coups d’estampes sexy d’héroïnes de manga avantageusement dénudés. Précurseur du dōjinshi, il vend ses aquarelles contre menue monnaie dans les couloirs du bahut. 

« Le cul a toujours fait partie de mon environnement de dessin, et même de mes moteurs. Par exemple, je déteste faire ce que tout bon étudiant en dessin fait, c’est-à-dire du « modèle vivant » : dessiner d’après un modèle pour voir où sont les muscles, etc. Du coup, j’ai trouvé la parade en faisant du cul. Tu révises vraiment ton anatomie, puis c’est un peu plus marrant que d’avoir « Jean-Michel Muscle » qui pose devant toi pendant des heures. »

Vient ensuite la révélation publique, en 2010. D’abord Lord of Burger, avec Scotch Arleston, Alessandro Barbucci, Rachel Zimra et Audrey Alwett, « un coup d’essai », puis Lastman, série au long cours qu’il adaptera sur France 4, avec Jérémie Périn, entrant de plein pied dans l’animation adulte. Avec Les Kassos, Balak franchit un nouveau cap, celui d’auteur culte dont on cite inlassablement les répliques à chaque soirée entre potes. En dépit de son humour trash et de son ton résolument mature, la série s’installe sur Youtube et préfigure le succès de Peepoodo.

Qui n’a jamais rejoué le sketch du lapin des Kassos ?

En 18 épisodes de 5 minutes, le dessin animé Peepoodo & The Super Fuck Friends revisite sans complexe l’éducation sexuelle par l’intermédiaire de petits animaux de la forêt aux mœurs libérales et aux appendices plus ou moins turgescents. Autant dire qu’avec un tel postulat, la déprogrammation pendait au nez de la série, la plateforme américaine n’étant pas franchement friande de nos histoires de zizi. Ça n’a pas manqué.

« On avait fait des paris. J’avais tablé sur trois jours. Ça a tenu un mois. Mais Youtube est une énorme machine qui met du temps avant de se rendre compte de quelque chose. Et au-delà des algorithmes, elle fait énormément confiance à sa communauté d’enfants de neuf ans… Parce que c’est ça. Ceux qui passent leur temps à commenter sur Youtube ont l’âge mental d’enfants de neuf ans, qui disent « Ouh là là ! Il y a un zizi, c’est pas bien » et insultent leur monde. Finalement, on a eu le coup classique de « trois vidéos strikées = la chaine supprimée ». Or ce mois-là, ça a extrêmement bien marché. Du coup, quand on a fait notre site dédié, le public a suivi. Aujourd’hui, on est pratiquement huit millions de vues, ce qui est énorme pour une plateforme exclusive. En comptant les vues sur Black Pills, sur Youtube et le piratage, on arrive facilement au double. Donc les gens sont là. Peepoodo, c’est la série dont les gens me parlent le plus ; plus encore que Les Kassos. C’est vraiment devenu populaire. »

De là à y voir espérer une forme d’ouverture des réseaux mainstream aux thématiques sexuelles, il n’y a qu’un pas, que Balak n’ose franchir. 

« Le mainstream restera le mainstream et, quoi qu’il arrive, le cul ça reste du cul. Ça sera toujours compliqué. Et je parle de vrai cul, pas de cul fondamentalement pudibond comme on peut en voir chez les Ricains. Même dans leurs séries les plus explicites : South Park, Big Mouth ; on reste sur des représentations très, très pudiques. On en parle beaucoup, mais on ne le montre pratiquement jamais. Le mainstream restera toujours pudibond. Il l’est même de plus en plus. Le fait de pouvoir monétiser, dégager un profit, c’est vraiment grâce à Internet. Et il y a de plus en plus de dessinateurs qui peuvent pratiquement, voire complètement dans certains cas, quitter leurs tafs pour vivre exclusivement du cul. Tout ça avec le système de Patreon, ou même OnlyFans, même si ce dernier reste surtout adressé aux modèles. Quoi qu’il en soit, ça sera toujours un ghetto. Et j’en suis très content, parce qu’avec Peepoodo, on a réussi à prouver que c’est un ghetto juste parce que les gens ont décidé que c’en était un. On peut faire des choses à la fois marrantes, explicites et riche d’un propos intéressant, et le public est au rendez-vous. Ceux qui ne sont pas au rendez-vous, ce sont les diffuseurs, aussi bien les chaînes historiques que les nouvelles plateformes, tenues par des lois américaines extrêmement strictes sur ce qu’on peut montrer ou pas. »

Or, sans le soutien des diffuseurs, c’est tout un secteur pourtant plébiscité qui peine à prendre son essor. Car l’animation coûte cher.

« Dans le KickStarter de la saison 2, on a mis les vrais chiffres : 45 000 balles pour un épisode de cinq minutes ; ce qui veut dire qu’on a produit la saison 1 pour moins que ça, au prix de ma santé personnelle. Et ça reste très peu. »

Et Balak de s’étendre sur la production de la suite tant attendue des aventures du petit hamster rose.

« Comme tout le monde, la saison 2 a pris un petit coup dans le nez à cause du confinement. Mais on a fini tous les scripts. On a trois « animatics » (des storyboards animés), donc ça avance bien. L’animation va commencer dans deux ou trois mois, le temps qu’on soit sûr que les épisodes sont tous très bons en termes de rythme, qu’on a bien enregistré tous les comédiens. On devrait pouvoir la diffuser dans le premier semestre de l’année prochaine. » 

Et de nous gratifier d’un petit spoiler au passage. Alors, tentacule or not tentacule dans cette saison 2 ?

« Ah oui, évidemment, il y aura des tentacules. Vu que je me fais mon trip en mode Star Trek, la saison se déroulera dans l’espace, avec beaucoup d’exploration. Il y aura une espèce d’hommage à Avatar de James Cameron, mais avec des tentacules justement. »

Un petit aperçu de la saison 2 : Peepoodo & the Super Space Friends

Mais avec toutes ces créations tendancieuses, à quand la réalisation d’un authentique film de cul ? 

« C’est une ambition qu’on a depuis un moment avec David, le patron de Bobby Pills. On a un projet avec une réalisatrice, qui va commencer bientôt. Et puis de mon côté, avec Maxine, c’est un petit peu ça. On commence doucement, à travers des petites vidéos très courtes, avec juste des sets d’images. Mais à terme, réaliser un vrai film de uc’, c’est un de mes buts. »

En revanche, gare à celui qui l’interrogera sur sa consommation personnelle de matériel cochon. 

« Ah non ! Je ne touche pas à ces choses-là. On m’oblige, Monsieur, parce qu’il y a un marché maintenant, vous comprenez bien… (rires) Oui, j’en consomme, bien sûr ! On irait plus vite à énumérer les fétiches que je n’ai pas. En fait, je suis assez œcuméniste. Le seul truc que je n’aime pas, et malheureusement les Japonais en sont très friands, c’est quand on va vers des choses un peu « loli ». J’ai tendance à préférer les femmes, et les hommes, d’un certain âge. Sinon, tous les kinks y passent. Surtout qu’avec Peepoodo, j’en ai découvert de nouveaux ; notamment la communauté furry, que je ne connaissais pas avant, ou seulement de très loin.

Peepoodo serait un poil furry…

En fait, Peepoodo est un animé furry par accident. J’ai fait le premier épisode puis le deuxième, je me suis dit « Merde, mais on est en train de faire du furry, là. » Et en cherchant des références de dessinateurs, je me suis alors aperçu qu’il y a énormément d’artistes extrêmement talentueux dans cette communauté. Je n’en dessine pas pour le plaisir. C’est Peepoodo qui m’y a amené. D’ailleurs, comme sur pas mal de sujets, la série m’a un peu ouvert les chakras. Apprendre, c’est le thème de l’animé. L’ignorance est la mère de tous les « vrais » vices ; pas ceux qui consistent à s’uriner dessus, les vices de la vraie vie, ceux qui font qu’on nie qui est une personne, qu’on méprise les autres.

Ce mépris, je le découvre en ce moment, avec Maxine, vu qu’on a lancé ce concept de camgirl virtuelle. J’avais déjà beaucoup de respect pour les travailleurs et les travailleuses du plaisir, et depuis, j’en ai encore plus. Les filles, et un peu les mecs, qui font des OnlyFans et ce genre de choses, se prennent des tombereaux de merde de la part « des croquantes et des croquants ». Ce sont des personnes à la force mentale impressionnante, et qui ont énormément de compétences. Des tâches normalement réparties entre un community manager, un webmaster, un monteur… Elles font tout !

Je trouve hallucinant de voir comment elles sont impliquées dans la « relation client ». C’est vraiment un travail à plein temps. Et un travail que peu de gens peuvent faire. Enorme respect. »

Voici donc la ravissante Maxine

Ce n’est donc pas « l’indignement twitteresque à deux francs (sic.) », essentiellement composé d’injures et de jugements à l’emporte-pièce à l’adresse des travailleuses du sexe, qui va détourner Balak et sa chère Maxine de leurs voies. Aussi, peut-être est-il temps de nous présenter cette charmante demoiselle.

« Pour moi, ce personnage est un peu l’incarnation de la femme idéale. Elle est plutôt souriante, enjouée, et assume le fait qu’elle aime le cul. Elle est comme tout ce que je fais au niveau du cul. Donc c’est plutôt une fille joyeuse. Je la dessine depuis très, très, très longtemps. Sur Tumblr, quand Tumblr existait encore – « Rip, petit ange parti trop tôt »-, c’était un personnage extrêmement populaire, malgré moi. Certains commençaient même à faire du roleplay avec. C’est là que mon camarade, community manager chez Bobby Pills, m’a dit de reprendre les rênes si je ne voulais pas qu’il m’échappe. Donc je l’ai reprise. Pendant le confinement, j’ai décidé de la faire vivre un peu. Puisque les gens ont l’air de l’aimer et comme le seul réseau social qui permet de mettre du cul aujourd’hui, c’est Twitter, je suis allé sur Twitter. La communauté a tout de suite explosé. En quelques jours, on avait 10 000 personnes ; aujourd’hui, on a presque 70 00 abonnés. »

Et c’est rien de le dire. Quiconque est amateur d’animation érotique, de hentai ou de cosplay a forcément vu poindre la voluptueuse rouquine au détour d’un tweet. De Ciara à Codi Vore, les modèles « plus-size » du web ont même commencé à faire de Maxine leur mascotte, pour le plus grand bonheur de son créateur.

 « J’ai été très très flatté quand Codi Vore, une de mes modèles préférées, a accroché avec elle. C’est extrêmement enrichissant, car je peux avoir aussi des insights de gens de ce business pour m’expliquer comment ça marche et me donner des conseils. J’ai pu éviter certains pièges dans lesquels on tombe au début. Ce personnage est amené à grandir, j’espère. » 

Pour ce qui est de ses sources d’inspirations, forcément puisée auprès de quelques pulpeuses camarades féminines, Balak préfère laisser à chacune le soin de se reconnaître. Ceci dit, on note tout de même, outre ses formes généreuses, un trait particulièrement caractéristique chez Maxine : sa pilosité ; une spécificité que revendiquait déjà fièrement le Dr. Lachatte dans Peepoodo. Alors, le poil, un fétichisme, une revendication féministe ou une évidence esthétique ?

« Je trouve ça un peu chiant qu’on en parle comme d’un fétichisme. C’est quelque chose qui m’a toujours plu, encore une fois depuis tout gamin. Quand tu commences à être ado, que tu aimes des filles qui sont considérées par tes camarades de collège comme des thons parce qu’elles ne font pas du 36, ou parce que « Beurk ! Elles ont des poils… », ça fait un peu chier. Du coup, c’était simplement une manière de dire que non, moi j’aime bien ça. À l’origine, il y a juste le plaisir. Je ne dessine vraiment que ce qui me plaît. Et c’est ensuite, avec Tumblr, que je me suis rendu compte que ça avait un vrai impact sur certaines personnes. Je me retrouvais avec des dizaines et des dizaines de messages par semaine ; soit de filles qui me disaient « merci de dessiner des nanas comme ça », soit de mecs qui me disaient « je ne savais pas que c’était aussi excitant, le poil. » Il n’y avait pas de grands plans politiques. C’est en dessinant des « fétichismes » et en les assumant que c’est venu naturellement. Plus tu représentes des choses différentes qui sont acceptées comme sexy, mieux tout le monde se porte. En fait, c’est le poil lui-même qui est politique… »

Malheureusement, dans un univers numérique où règnent le piratage et donc la gratuité, les idéaux inclusifs ne suffisent pas à faire vivre une héroïne. Il faut de la caillasse. Et les nouvelles plateformes d’échange direct entre créateurs et clients, telles que Patreon pour les artistes, OnlyFans ou encore MerciFans pour les modèles, pourraient bien rebattre les cartes de l’économie de l’animation pour adultes

« On est dans un marché parallèle. Un peu comme les camgirls, on est toujours tributaires des plateformes. Si du jour au lendemain, Twitter nous faisait une Tumblr et décrétait que le cul est interdit, pour finir comme Instagram ou Facebook, on serait un peu dans la merde pour la promo. Heureusement, il y a désormais toute une économie parallèle qui s’est développée avec Patreon et OnlyFans. Maintenant, les dessinateurs peuvent en vivre, ce qui n’était absolument pas le cas avant que ces plateformes existent. À partir du moment où tu as créé une communauté, même assez petite, qui te suis depuis longtemps, lorsque tu commences à monétiser des contenus, les gens sont plus prompts à payer, et à plus forte raison si c’est du cul, d’ailleurs. Le cul, c’est la chose qui est la plus piratée, la plus consommée gratuitement, bien sûr. Mais j’ai l’impression que ce sont aussi les contenus pour lesquels les gens sont les plus prompts à payer, parfois même très cher. Parce qu’ils aiment bien tels modèles, certains sont prêts à acheter 50 $ une vidéo de 10 minutes. C’est impensable dans n’importe quelle autre économie classique. Le cul, oui. 

C’est même une caractéristique des gens qui en consomme de manière « éco-responsable », « Max Havelaar », tout ce que tu veux.… C’est qu’ils sont ravis de « tiper » quand ils ont aimé un contenu, et de lâcher de la thune de manière générale. À partir du moment où ils se rendent compte que la démarche est sincère, que tu n’es pas là juste pour faire du blé, il y a une relation de respect qui s’instaure avec le créateur, comme pour les modèles. Tout ça a ouvert l’opportunité à plein de dessinateurs et de dessinatrices de lâcher leur travail bien noble, bien chiant, pour pouvoir ne faire que ça. 

Après le cul, c’est le truc qui se fait le plus facilement chasser des plateformes, donc ce n’est pas quelque chose de pérenne. Tu ne peux pas te dire « je fais ça pendant 10-15 ans, tranquille ». Non, non. Certains de ceux qui en consomment sont les premiers à jouer les Frolo de pacotille et crier « Brûlez Esmeralda ! » Ce n’est pas ce qu’il y a de plus confortable, mais ça n’a jamais été aussi « simple », pour un créateur de contenu, de gagner un peu de sou avec. »

Pour Balak, le mot de la fin est donc l’espoir, en une économie qui ouvre des horizons jusque-là inconnus pour les pornographes du dessin et de l’animation : l’indépendance vis-à-vis des diffuseurs traditionnels. Ce n’est pas pour autant que notre invité a décidé de la jouer en solitaire. Pilier de la production Bobby Pills, l’auteur continue de démontrer son talent auprès de Studio 4 sur la série Monsieur Flap, ainsi que sur « des projets qui ne sont pas forcément portés sur le sexe ». C’est tout le mal qu’on lui souhaite, en attendant de découvrir la suite des aventures coquines de Peepoodo et de Maxine

Merci à lui.

Titulaire d'une maîtrise en cinéma, auteur d'une Porn Study à l'Université Paris VII Diderot, Clint B. est aujourd'hui chroniqueur de l'actualité porno.

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