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Remettre la machine en route
On pense toujours que ça n’arrive qu’aux autres. Puis un soir, sans prévenir, la mécanique se grippe, et évidemment au pire moment. Inutile de paniquer ou de se résigner : il existe aujourd’hui toute une palette de solutions. Aucune n’est magique, certaines ont leurs contraintes, mais beaucoup fonctionnent très bien. Petit inventaire.
Les comprimés : la famille des inhibiteurs de la PDE5
C’est la solution que les médecins proposent le plus souvent en premier. Quatre molécules se partagent le marché : le sildénafil (Viagra, Pfizer), le vardénafil (Levitra, Bayer), le tadalafil (Cialis, Lilly) et, depuis 2014, l’avanafil (Spedra). Toutes agissent de la même façon : elles bloquent une enzyme, la phosphodiestérase de type 5, ce qui favorise l’afflux de sang dans le pénis. Point important, elles ne déclenchent rien toutes seules. Sans excitation, il ne se passe rien.
Leur principale contre-indication concerne les patients sous dérivés nitrés (souvent prescrits pour le cœur) : l’association peut provoquer une chute brutale de la tension. Les personnes souffrant de problèmes cardiaques sévères, d’insuffisance hépatique ou rénale doivent aussi en parler avec leur médecin. Quant au pamplemousse, mieux vaut l’éviter : il augmente la concentration du médicament dans le sang.
Un conseil valable pour toutes : ne les achetez pas sur des sites douteux à prix cassés. Au mieux vous recevrez de la poudre de craie, au pire un produit frelaté et dangereux. Et n’augmentez jamais la dose de votre propre chef.
Le Viagra, le pionnier
Arrivé sur le marché à la fin des années 1990, le Viagra a littéralement changé la vie de millions d’hommes. Anecdote connue : la molécule était à l’origine étudiée contre l’angine de poitrine. Il se prend environ une heure avant le rapport et reste actif pendant quatre heures environ. Un repas copieux et gras peut retarder son effet, d’où le conseil de le prendre plutôt à distance des repas. Longtemps cher (une dizaine d’euros le comprimé, non remboursé), il est désormais disponible en générique depuis 2013, à prix bien plus doux.
Pour : une efficacité éprouvée depuis plus de vingt ans, des génériques abordables.
Contre : il faut anticiper, l’effet est sensible au repas, et les contre-indications restent à surveiller.
Le Levitra, le cousin
Le vardénafil fonctionne sur le même principe que le Viagra, avec une durée d’action comparable (de quatre à cinq heures) et une sensibilité un peu moindre à l’alimentation. Les effets indésirables sont proches : maux de tête, rougeurs, nez bouché. Comme pour toutes ces molécules, une érection qui dure plus de quatre heures impose de consulter en urgence.
Pour : un peu plus de souplesse vis-à-vis des repas.
Contre : peu de différences réelles avec le Viagra, prix du princeps élevé.
Le Cialis, le marathonien
Le tadalafil s’est distingué par sa longue fenêtre d’action : jusqu’à 36 heures. Attention, cela ne veut pas dire une érection pendant un jour et demi, mais la possibilité d’en avoir une, en cas de stimulation, pendant toute cette période. Résultat : plus besoin de calculer l’heure du comprimé, ce qui redonne de la spontanéité au couple. Il existe aussi en prise quotidienne à faible dose. Des génériques sont disponibles depuis 2017.
Pour : la liberté qu’offre sa durée d’action.
Contre : maux de tête, douleurs dorsales ou musculaires, troubles digestifs possibles, et toujours les mêmes contre-indications.
Une limite commune à tous ces comprimés : ils n’agissent pas sur le désir. Or, la baisse de libido, le stress ou les difficultés de couple pèsent souvent lourd dans les troubles de l’érection.
Les injections : efficaces mais intimidantes
Quand les comprimés ne suffisent pas, l’urologue peut proposer des injections intracaverneuses d’alprostadil (Edex, Caverject). Le principe : on injecte soi-même le produit dans le corps caverneux du pénis, quelques minutes avant le rapport. L’érection survient rapidement et tient généralement entre une demi-heure et une heure.
Les premières injections se font au cabinet, afin de trouver la bonne dose et d’apprendre le bon geste. Le risque principal est le priapisme, une érection prolongée et douloureuse : au-delà de quatre heures, c’est une urgence médicale, à ne surtout pas gérer seul.
Pour : une efficacité rapide et fiable, même quand les comprimés échouent.
Contre : l’appréhension de l’aiguille, et un traitement que beaucoup de patients finissent par abandonner à cause de sa lourdeur.
La pompe à vide : le système D qui fonctionne
Longtemps tournée en ridicule, la pompe à vide a pourtant une efficacité réelle. Le cylindre placé autour du pénis crée une dépression qui attire le sang dans les corps caverneux. Un anneau posé ensuite à la base du pénis permet de maintenir l’érection. Celui-ci ne doit pas rester en place plus d’une trentaine de minutes.
Pour : pas de médicament, utilisable à vie, coût modeste.
Contre : un côté peu glamour, une sensation parfois froide ou engourdie, et un peu de pratique nécessaire.
Les aphrodisiaques : beaucoup de promesses, peu de preuves
Crèmes, sprays, gélules « 100 % naturelles », bois bandé et autres potions miracles envahissent les sex-shops et internet. Aucune étude sérieuse ne démontre leur efficacité sur l’érection. Le risque n’est pas seulement de perdre quelques dizaines d’euros : certains compléments vendus en ligne contiennent en réalité des molécules médicamenteuses non déclarées, ce qui peut poser un vrai danger pour les personnes sous traitement cardiaque.
Pour : l’effet placebo, qui peut aider à reprendre confiance.
Contre : une efficacité non prouvée, des allergies possibles, et des produits à la composition parfois douteuse.
L’implant pénien : la solution de dernier recours
Quand rien d’autre ne marche, notamment après une chirurgie de la prostate, en cas de diabète avancé ou de lésions vasculaires, l’urologue peut proposer la pose d’une prothèse. Le modèle le plus courant est gonflable : deux cylindres sont placés dans les corps caverneux, reliés à une petite pompe logée dans le scrotum, donc invisible. Il suffit de presser la pompe pour obtenir une érection, puis d’actionner une valve pour revenir au repos.
Contrairement à une idée reçue, la sensibilité et l’orgasme sont en général préservés. Le taux de satisfaction des patients et de leurs partenaires est d’ailleurs élevé. En revanche, l’intervention est irréversible : une fois l’implant posé, les érections naturelles ne sont plus possibles.
Pour : une solution fiable et durable, discrète une fois en place.
Contre : une chirurgie avec ses risques (infection notamment), et une décision définitive.
Le bon réflexe : consulter
Les troubles de l’érection ont souvent plusieurs causes qui s’entremêlent, physiques comme psychologiques. Ils peuvent aussi être le premier signe d’un problème cardiovasculaire, d’un diabète ou d’un déséquilibre hormonal. Avant de choisir une solution, un passage chez le médecin traitant ou l’urologue reste donc indispensable. Et si le stress ou la relation de couple sont en cause, un sexologue peut faire des merveilles. Le plus important, c’est de ne pas rester seul avec le problème.
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