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Martine : « badine, cravache, martinet : j’essaye tout ce que je vends ! »

Elise

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le

C’est une personnalité bien connue des milieux fetish et libertins. Depuis 16 ans, Martine tient une boutique unique en son genre, Métamorph’Ose, 200 mètres carrés de tenues sexy et d’accessoires les plus fous. Avec Jean-Pierre, elle forme un couple libéré, amoureux et super chaleureux, devenu au fil du temps, amis et confidents des adeptes parisiens du BDSM.

La Voix du X : C’est quoi, l’esprit Métamorph’Ose ?

Martine : Ici, toutes les femmes, quels que soient leur style, leur morphologie et leur budget, peuvent trouver des vêtements pour sortir ou pour une soirée à la maison en amoureux. Notre offre est très variée. Il y a, bien sûr, du fetish avec les incontournables créateurs tels Patrice Catanzaro, du vinyle coloré, mais il y aussi du sexy glamour de bon goût, comme des robes vaporeuses, longues mais fendues sur les côtés, des transparentes pailletées, bordées de strass qui tiennent. Mais si une cliente veut l’incontournable style « pétasse », j’ai aussi beaucoup de choix : du très court, ouvert sur les côtés avec anneaux, lacets et décolleté plongeant. Ça excite tellement les mecs !

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LVDX : Depuis peu, vous proposez aussi du très haut de gamme…

Martine : Oui, c’est une nouvelle aventure en couple. Jean-Pierre a financé le rachat du stock de l’enseigne voisine Phyléa, qui faisait du latex et des créations couture, des tenues du soir en pièce unique pour les gens qui ont les moyens. Certains articles atteignent 3 000 €, mais nous continuons toujours à pratiquer de petits prix pour le reste, avec des robes très bien coupées à partir de 49 €. Nous voulons aussi satisfaire les étudiantes qui n’ont pas beaucoup d’argent.

Jean-Pierre : C’est une suite logique. Pendant des années, j’étais cadre supérieur. Je venais juste donner un coup de main à Martine le week-end. Pour moi, ce n’était pas du travail, mais un plaisir. Petit à petit, j’y ai consacré plus de temps et c’est devenu mon unique activité. Je suis à fond. Je suis heureux d’avoir encore enrichi la boutique de Martine. Son bébé, il grandit, il devient le nôtre.

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LVDX : D‘où vient cette passion pour les vêtements un peu spéciaux ?

Martine : J’ai commencé il y a 20 ans au Cap. Je suis hyper pudique, c’est mon éducation. J’admire les gens à l’aise qui n’ont pas de complexe comme mon ex-compagnon. La première fois que nous sommes venus au camp, il s’est mis direct à poil dans la rue, avec ses fringues sous le bras. J’ai eu un choc. Oh, la honte ! Je n’ai eu de cesse de vouloir habiller les naturistes, mais de façon sexy.

LVDX : Comment as-tu découvert le milieu libertin ?

Martine : J’aime faire la fête et, dès le début, j’ai trouvé le milieu rigolo. J’adorais enfiler les fringues les plus dingues comme une perruque rose fluo avec la robe assortie et des chaussures compensées. Finalement, il n’y a que dans les clubs libertins que tu peux oser ça sans te faire cataloguer. Dans les boîtes traditionnelles, les filles se font tout de suite harceler.

LVDX : Ensuite, tu as découvert le BDSM. Ça, c’est vraiment ton truc !

Martine : Pas au début ! J’étais plutôt mal à l’aise… Je voulais aller sauver toutes les nanas attachées par leur maître (rires). Je ne comprenais pas pourquoi elles se laissaient faire. Et puis, un soir, j’ai pris le temps de discuter avec les gens. Il y a des filles qui font ça, au départ, pour faire plaisir à leur mec et qui, au final, y prennent un tel plaisir qu’elles ne peuvent plus s’en passer. Ou, au contraire, une dominatrice ou un maître peut se mettre à disposition de son soumis ou de sa soumise. Ça m’a énormément ouvert l’esprit.

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LVDX : Et toi, quel est ton camp ? Domina ? Soumise ?

Martine : Moi, soumise ? Non, pas du tout ! J’ai compris que mon truc c’était domina, un soir où on m’a tendu un martinet. Je m’en suis servie sur un copain. Ça te prend du bout des doigts et ça te monte le long du bras, c’est un ressenti hyper fort. Je savais quand il fallait que j’arrête, quand il fallait continuer, plus fort, plus vite. J’étais en connexion. La Maîtresse des lieux m’a dit : « Tu te fous de moi, tu n’as jamais pratiqué ? Ben alors, Martine, tu es faite pour ça ! ».

LVDX : Et tu pratiques toujours ?

Martine : À la boutique, jamais ! Mais en soirée, oui ! Seulement avec les soumis avec qui j’ai une réelle affinité. Je ne prends mon pied que si mon partenaire a du plaisir.

LVDX : Je comprends pourquoi la boutique possède un beau rayon « accessoires », alors…

Martine : Oui, autant te dire que je sais conseiller mes clients. Dans ma vie privée, j’essaye tout ce que je vends. Badine, cravache, paddle, martinet, chaque accessoire possède un bruit spécifique et fait des marques particulières. Je demande à la personne ce qu’elle recherche : du sensuel, du hard, si elle est débutante, quelles sont ses limites… et je montre les bons gestes. Une fois, une domina voulait tester une badine en rotin. Un de mes potes, Jean-Marc, était là. Je lui ai demandé s’il était prêt à se sacrifier. Il s‘est laissé tenter. Pour le remercier, la Maîtresse a appelé la badine « Jean-Marc ». Trois semaines après, elle repasse : « Oh ! J’ai cassé Jean-Marc, il faut que j’en rachète un autre ! ». (Rires)

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LVDX : Du coup, les clients vous racontent leur vie très perso. Vous êtes devenus les confidents du milieu…

Martine : C’est ça, on fait psy ! C’est compliqué pour eux de parler de ça à leur entourage qui ne partage pas ces pratiques. Du coup, ici, les gens se lâchent, la parole se libère.

Jean-Pierre : Mon plaisir, c’est de mettre à l’aise les visiteurs et leur faire comprendre qu’il n’y a rien d’anormal, de glauque et de déviant. Par exemple, nous avons une cliente qui domine avec sa fille : incroyable ! Elles viennent ensemble à la boutique pour choisir tenues et accessoires. Elles ont une grande complicité. Plein de gens peuvent penser que c’est malsain, à commencer par Martine qui a une fille. Mais nous nous abstenons de juger. Ça existe et ces femmes n’ont pas l’air malheureuses.

LVDX : J’imagine que, parfois, vous sympathisez avec les clients, non ?

Martine : Nous nous sommes fait plein d’ami(e)s. C’est comme ça que nous avons rencontré nos deux égéries : Jade qui aime porter nos serre-tailles pour jouer les soumises et Jaine, Miss Cougar 2011. Nous l’avons connue à cette occasion. Avant la compétition, elle est venue chez nous pour choisir une tenue. Elle a craqué sur une panoplie de domina avec laquelle elle a fait un super show avec cravache et tout. De quoi impressionner le jury… et Jaine a remporté la victoire !

LVDX : Ton rayon préféré, c’est le rayon « chaussures ». Et là, comme tu es fétichiste, tu joues les majordomes. C’est une spécialité de la boutique : j’ai essayé et je confirme !

Jean-Pierre : J’aime la femme dans toute sa féminité. Pendant l’essayage, j’adore être à leurs pieds. Je me mets à genoux devant les clientes. Mes cuisses servent de repose-pieds ou de repose-talons et il n’est pas si rare, si elles le souhaitent, qu’elles bénéficient d’un petit massage des pieds. C’est devenu une tradition !

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LVDX : Décidemment, chez Métamorph’Ose, il n’y en a que pour les femmes !

Jean-Pierre : Nous avons quand même un rayon « homme fetish ». Nous habillons aussi travestis et transsexuelles. Martine a souvent une bonne complicité avec les créatures. Nous avons de grandes tailles, côté chaussures. D’ailleurs, pour faire le pître, Cyril Hanouna a porté à la télévision des escarpins de chez nous, taille 43. C’est son assistante qui est venue les acheter. Tu vois, nous avons vraiment de tout comme clientèle ! (Rires)

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Métamorph’Ose / Phyléa – 49, rue Quincampoix – Paris 4ème

Ouvert du lundi au samedi de 13h à 19h30

Étudiante en lettres modernes et libertine assumée. Mes deux passions: la littérature et le sexe. Que je peux enfin concilier sur ce blog, où je vous raconterai mes aventures sexuelles et autres coups de cœur et coups de gueule en rapport avec la sexualité. Bisous à tous (et à toutes, j'aime bien les filles aussi !).

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