À poil pour vendre des meubles

Le débat sur la place du corps féminin dans la publicité remonte à la fin des années 60, avec l'émergence du féminisme militant. Depuis 50 ans, on a utilisé des photos de filles nues pour vendre tout et n'importe quoi. Mais à ma connaissance, on n’avait pas encore été témoin de clips érotiques pour vendre... des canapés.

Dans le monde décalé de la publicité, tout prétexte est bon pour mettre une jolie fille à poil. Quand on parle de lingerie, de parfum ou d'hygiène intime, pourquoi pas ? On ne va pas vous vendre un savon à choupinettes en vous montrant des pneus de bagnole. Dans l'univers de la cosmétique, le motif est déjà plus flou : les plus frileux diront qu'il n'est pas logique de montrer le popotin d'une jolie fille pour vendre un rouge à lèvres. Mais les créatifs sont tombés dans l'érotisme pour des produits bien plus éloignés du corps féminin. On a donc vu des fesses, des nichons et autre parties intimes pour des produits tels que des voitures, des lunettes, des fouets à mayonnaise (ne me demandez pas), des bijoux, des chaussettes de tennis (si !), des yaourts, des agences de communication, voire même des salles de sport ou du fromage de chèvre !

lvdx-us-16-a-poil-pour-vendre-des-meubles-visuel-20Pas la première tentative dans le genre

Récemment, ce sont donc des chaises, des tables, des fauteuils et des canapés que l'on a tenté de vendre en collant sur les meubles en question de jolies louloutes en lingerie, ou même sans lingerie. L'auteur du méfait est une société bolivienne de vente de meubles : Corimexo. Il semblerait que les responsables n'en soient pas à leur première tentative de vente avec des fessiers. Premier constat, la tentative a fait le buzz bien au-delà des frontières boliviennes.

lvdx-us-16-a-poil-pour-vendre-des-meubles-visuel-11Un retour sur investissement mitigé

Je ne pense pas surprendre la majorité des lecteurs en vous annonçant que la pub en question a été globalement fort mal reçue. À l'époque où le politiquement correct règne, même en Amérique du Sud, il n'est pas bien vu d'utiliser une paire de fesses pour vendre du sofa. Selon le journal anglais The Sun, la campagne a été taxée de « sexiste » et « macho ». Le vendeur de meubles a même été attaqué en justice par une association féministe. Cette campagne publicitaire a finalement été censurée et Corimexo a retiré la vidéo de son compte Facebook.

lvdx-us-16-a-poil-pour-vendre-des-meubles-visuel-7Érotisme et pub plutôt bas de gamme

Dans la dernière version de cette campagne « mes fesses sur ton fauteuil », la société a tapé assez fort, présentant des plans serrés de la modèle portant un ravissant shorty blanc, s'asseyant sur une chaise design, les jambes largement écartées. Pour le côté « classy » d'une pub de parfum, on repassera. Le vidéaste, dont on ne doute pas qu'il répondait à un cahier des charges précis, a opté pour des images provocatrices, sans travail particulier de lumières ou d'ambiance. En langage clair, plutôt que de faire du haut de gamme, nos vendeurs de meubles se sont contentés de coller une jolie fille le cul à l'air au milieu du magasin.

lvdx-us-16-a-poil-pour-vendre-des-meubles-visuel-17D'un point de vue esthétique et créatif, disons-le, c'est sommaire. Nos amis de Corimexo, pour vanter leur catalogue, aurait pu choisir un loft somptueux et un éclairage moins grossier. Mais c'est vrai que c'était plus simple de dire à Stéphanie Herela : « Tombe la culotte et balade-toi au milieu des meubles ! » Le buzz y gagne ce que la poésie y perd. La rumeur voudrait que la belle Stéphanie ait depuis décroché un contrat de 20 000 dollars pour un autre client, dont on souhaite qu'il produise des vidéos plus professionnelles. Si la méthode fait des émules, on pourra bientôt attendre des clips érotiques pour des galeries marchandes, des cinémas, des garages, des distributeurs de meubles suédois, des clubs de gym et, pourquoi pas, des supermarchés : les illustrations prouvent que ça pourrait parfaitement fonctionner. Question d'habitude, sans doute.

Jason Cold

À propos de Jason Cold

Reporter bilingue basé aux États-Unis, spécialiste du Xbiz américain.