Virées de magasins parce que trop dénudées : les filles se rebiffent !

La pudeur excessive deviendrait-elle une tendance ? En Angleterre et aux États-Unis, des femmes ont été chassées de centres commerciaux du fait de leur « tenue inappropriée ».

Le politiquement correct est un courant qui s’est développé en Europe depuis plus d’une décennie, après avoir d’abord grandi aux USA. Nous avons commencé par rire de ces Américains qui s’imposaient des restrictions morales invraisemblables sur le discours, le comportement et les relations humaines. Mais rassurons-nous, il semblerait que nous puissions maintenant atteindre le même niveau de stupidité.

US 39 - 1 - Après le sac à main, elle cherche une nouvelle robe« Vous ne pouvez pas rester ici dans cette tenue »

La première mésaventure a eu lieu au centre commercial Woodland Mall, dans le Michigan. Une jeune femme de 20 ans, Hannah Pewee, s’est vue demander par un agent de sécurité de quitter les lieux. Apparemment, un client s’était plaint de sa tenue : en effet, par une température de 32 degrés, Hannah portait un débardeur et un short en jean. Pas de quoi passer pour une strip-teaseuse en goguette. De retour chez elle, furieuse, Hannah a clashé le centre commercial sur Facebook, disant qu’elle avait été « humiliée comme une salope » (« slut shamed ») par ce magasin. Hannah insiste sur le fait qu’autour d’elle, vu les conditions météo, il y avait beaucoup de filles dans des tenues similaires.

US 39 - 2 - Hannah nous montre ici la tenue qui lui a valu une humiliation publique

Trop dénudée pour une jardinerie

En Angleterre, c’est Leanne Kennedy, une jeune maman, qui s’est faite sortir d’une jardinerie au prétexte qu’elle portait un top avec le dos nu. La mésaventure est arrivée à Gosport, une petite ville de la côte sud du pays. Cette jolie jeune femme de 30 ans a été abordée par un membre du personnel qui lui a demandé de se couvrir si elle voulait rester dans l’établissement. Leanne rappelle qu’il était 14h et qu’il faisait 24 degrés – une température caniculaire pour tout Britannique qui se respecte. Le goujat qui s’est adressé à Leanne l’a fait suffisamment fort pour que tout le monde autour en profite, augmentant encore la confusion et l’humiliation de la jeune femme. « Tout le monde me regardait et j’étais très mal à l’aise », rapporte-t-elle.

US 39 - 5 - Offrir une promotion à ses clientes dénudées - une attitude plus constructiveExcuses tardives

Leanne comme Hannah s’est ensuite plainte auprès du magasin responsable de cet incident. Le service client de The Grange s’est excusé auprès d’elle, lui disant que cela n’aurait pas dû arriver. Dans le Michigan, Hannah a elle aussi reçu des excuses bien tardives du centre commercial. Ces deux femmes n’ont pas voulu faire de scandale sur le coup, mais ne voulaient pas non plus s’asseoir sur une humiliation totalement injustifiée. Le magasin américain a été un peu plus loin, assurant sur sa page internet qu’il allait faire en sorte, avec leur personnel, qu’un incident pareil ne puisse plus se reproduire.

Les photos en attestent : ces jeunes femmes étaient chacune dans des tenues qui n’avaient rien de choquant, à moins de vivre dans une communauté de Mormons du 17e siècle. Elles ne se promenaient pas non plus ainsi vêtues au Qatar ou dans la basilique St-Pierre de Rome. Bref, il n’y avait logiquement dans un pays occidental du 21e siècle aucune raison de les… importuner. D’ailleurs, votre serviteur a fait une enquête rigoureuse, photo à l’appui, prouvant que d’autres jeunes femmes font, elles, du shopping dans une tenue plus discutable sans avoir le moindre souci.

US 39 - 3 - Un selfie de la tenue de Leanne quand elle s'est faite virer du magasinIl reste à souhaiter que ce ne soient là que des épiphénomènes et non une tendance inquiétante à la censure vestimentaire. Laissons cela à ceux qui en ont fait leur habitude et gardons pour nous les jolies louloutes qui combattent la chaleur en minijupe. Pour mémoire, en 2014, c’est un centre commercial anglais de l’Essex (ça ne s’invente pas) qui avait offert 100 livres sterling de shopping (115 €) aux 100 premières clientes qui viendraient faire leurs courses en lingerie et talons hauts. Une démarche nettement plus sympathique qui avait su motiver les clientes.

Jason Cold

À propos de Jason Cold

Reporter bilingue basé aux États-Unis, spécialiste du Xbiz américain.