7 astuces pour réussir son premier gang-bang (Partie II)

Si la première partie de cet humble tutoriel s’attaquait à la préparation de l’événement en amont, cette seconde moitié s’attelle bien plus à la gestion des festivités sexuelles sur le vif, dans le feu de l’action, le jour-J du fameux gang-bang.

4 – Penser aux consommables

La thématique est parfaitement définie, la future reine de la soirée est rassurée et a fortiori ruisselante d’excitation, le lieu est loué et astucieusement aménagé, les représentants de la gente masculine ont été impitoyablement triés et sont prêts à débarquer d’ici quelques heures, pour porter bien haut les couleurs de la pénétration multiple. Le plan se déroule sans accroc, mais pour qu’il soit parfaitement huilé (si vous voyez où je veux en venir), il est temps de penser aux consommables, au premier rang desquels se trouvent forcément les capotes (si exigées) et surtout le lubrifiant. À ce propos, il ne faut pas hésiter à voir grand. Prévoir, autant que sa bourse le permet, des quantités conséquentes de préservatifs et de vaseline, à disposer à portée de main tout autour de l’aire de jeux. Il serait bête de se retrouver « la crépine dans le sable » au beau milieu de la soirée.

Mais les êtres humains n’ont pas que des besoins sexuels et il est toujours judicieux de prévoir de quoi se sustenter pour éviter la fringale au moment où le peloton entame l’ascension du Mont Cochonne. Côté bouffe, penser « apéro dînatoire mondain » : de petits amuse-bouches frais, du cake, des aliments légers, mais qui tiennent au corps. Inutile de préciser que les crackers gras et friables et les plats en sauce sont à proscrire, pour d’évidentes questions d’hygiène. Côté boisson, l’erreur courante est de s’approvisionner comme une buvette de stade municipal. En dehors d’une petite caisse de champagne pour célébrer après coup, le mieux reste d’éviter l’alcool, au profit des jus de fruits, eaux pétillantes et autres sodas.

Penser à se désaltérer…

Enfin, l’hôte distingué pensera à fournir de quoi se débarbouiller à tout moment de la partie fine. Serviettes propres et lingettes de corps (de préférence, pas trop parfumées) sont donc un must-have.

5 – Etablir des règles

Se montrer ferme avec ses convives…

Tous les amateurs de ludisme vous le diront, un bon jeu c’est avant-tout des bonnes règles. Le gang-bang étant un jeu comme les autres, il nécessite de l’instauration de règles inflexibles permettant, d’une part, le bon déroulement des opérations et, d’autre part, la bonne entente de tous les joueurs. Il est, par conséquent, de bon ton de rappeler les bases élémentaires du savoir-vivre inhérent à la pluralité masculine, à chacun des partenaires présents : se montrer courtois et décent avec ses pairs comme avec l’invitée d’honneur (sauf si elle a expressément spécifié l’inverse), attendre poliment son tour, ne pas se formaliser en cas de contact fortuit, et conséquemment éviter les contacts déplacés, même pour aider « numéro 7 » à s’introduire dans l’anus de madame alors qu’on gravit présentement la face nord.

Le point crucial est ensuite de graver dans le marbre les desiderata de celle qui se prête au jeu, qu’il s’agisse du nombre de trous à disposition et du nombre praticables simultanément, du port réglementé du préservatif, des pratiques acceptées, tolérées, refusées. Et il faudra bien entendu veiller à ce que chacun d’entre eux soient scrupuleusement respectés à tout moment de l’orgie.

Il va de soi que l’usage d’un safeword pour la participante féminine est vivement conseillé.

6 – Rester discret

Le monde est petit, et il n’est statistiquement pas improbable de tomber par hasard sur un collègue, un voisin ou un lointain contact Facebook au moment de déboucler sa ceinture pour aller troudebaliser la gueuse affamée de bites qui attend lascivement et désespérément le début des hostilités. Dans ce genre de moments, pas de panique. Le plus pratique est de recourir à un pseudonyme volontairement absurde (par exemple : Clint) pour signifier à l’autre la confidentialité future des exactions sexuelles qui seront commises ce soir-là. Alors seulement, en fonction du feeling et, pourquoi pas, des sensations sexuelles partagées, il sera possible de discuter du passé beaucoup plus terre-à-terre que l’on a en commun.

Cette culture du pseudonyme, ou du moins du secret, doit en outre persister en dehors du gang-bang, et toute référence à l’événement se doit, au minimum, de préserver l’anonymat des participants. Il en va malheureusement de l’image publique voire de la sécurité de chacun.

7 – Prendre son temps

Rien n’est plus triste qu’une fête où tout le monde se retrouve exténué à 21h30. Et c’est d’autant plus vrai lors d’un gang-bang. Le sexe à plusieurs, c’est très sympa, mais c’est vite épuisant. La pluralité masculine étant un marathon du plaisir, et non une course à la performance, inutile donc d’attaquer par la triple anale ou le fist-fucking d’entrée de jeu.

N’allons pas trop vite en besogne…

Tout l’intérêt est de prendre son temps. Pour ce faire, il est essentiel de ménager des temps forts et des temps faibles, en coordination avec l’objet du désir de tous ces messieurs, la fameuse invitée d’honneur. Invariablement, l’état général de la demoiselle témoigne de l’avancement global du gang-bang. Un septième orgasme consécutif en double pénétration, les yeux révulsés et la mâchoire pendante, indique indubitablement sa profonde extase, mais aussi, sans doute, le désir de reprendre ses esprits quelques instants. Lui offrir alors une porte de sortie à travers une petite pause largement méritée peut être un bon moyen de calmer le jeu, pour ré-embrayer de plus belle par la suite.

Ce genre d’attention vaut tout autant, bien que moins crucialement, pour les participants masculins qui, à vouloir trop en faire, courent le risque de s’éteindre avant le quart d’heure de jeu. Tel un coach sportif, l’organisateur malin fera alors tourner les effectifs, opérant remplacements poste à poste et renversements du schéma tactique pour soulager son collectif, tout en tirant le meilleur de chacun d’entre eux aussi longtemps que possible !

Logistique, autorité, sécurité, management, l’organisation d’un gang-bang réussi requiert une somme de compétences aussi nombreuses que techniques. Ce petit tutoriel n’a toutefois pas la prétention de faire de vous un meilleur être humain dans chacun de ces domaines, simplement de vous aider à enfin mettre en branle cette adaptation très libre et libertine de Chée-Rasatte et Les Milles et Unes Bites dont vous rêvez depuis si longtemps… (Mes sincères salutations au CDCL, le Club Des Contrepèteries Lamentables.)

Clint B

À propos de Clint B

Titulaire d'une maîtrise en cinéma, auteur d'une Porn Study à l'Université Paris VII Diderot, Clint B. est aujourd'hui chroniqueur de l'actualité porno.