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Entre fake et censure, comment retrouver sa star du X préférée sur les réseaux ?

Clint B

Publié

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Elle est loin l’époque où les stars du X était d’inaccessibles chimères, seulement offertes à l’insatiable curiosité de leur public par le truchement d’une poignée d’émissions de variété et quelques pages de Hot Vidéo. Aujourd’hui, grâce à Twitter, Snapchat, Instagram, ou encore le tout récent OnlyFans, chacun n’est qu’à deux clics du quotidien particulièrement banal et donc follement excitant de l’égérie de ses fantasmes, ou à deux doigts de tomber dans le piège tendu par un imposteur particulièrement vicelard. C’est que les réseaux sociaux pullulent de comptes factices d’acteurs et d’actrices pornographiques tenus par des escrocs tous prêts à vous refaire le coup du prince nigérian, version « bombe sexuelle en détresse ». Un phénomène encore amplifié par la cabale que mènent ces fameux réseaux contre les travailleurs du sexe, laissant le champ libre aux crapules de tous poils. Voici donc toutes les astuces pour ne pas tomber dans le panneau.

Double peine pour les pornstars

La récente guerre déclarée par les plateformes communautaires contre la pornographie a un effet doublement délétère pour les performeurs du business. Tout d’abord, à l’exception des superstars qui ont la chance de disposer du macaron de certification, Saint-Graal de la reconnaissance numérique, la plupart court le risque de se faire bannir à tout moment, pour peu qu’un cliché sexy ait un peu trop titillé les capteurs de l’algorithme de modération. De toute manière, la majorité des plateformes pratique dorénavant le shadowbanning : le compte n’est plus suspendu, il devient simplement inaccessible via la recherche si l’on n’entre pas précisément les identifiants de celui-ci. C’est alors qu’arrive le deuxième effet « Kiss Cool ». Le réseau ainsi débarrassé des comptes officiels, les usurpateurs s’en donnent à cœur joie. À chaque profil authentique ostracisé, une dizaine de fakes se partage le gâteau, occupant toutes les variantes orthographiques, toutes les terminaisons numériques imaginables. Certains le font juste pour le trafic, multipliant les liens vers des sites douteux ; d’autres contactent directement leurs followers les plus crédules, invoquant généralement une obscure histoire de billet d’avion pour leur extorquer un maximum de fric au nom de leur pornstar préférée. Mais alors, du côté de l’utilisateur, du fan, de l’admirateur, comment faire le tri ?

Aiguilles et bots de fion

Pour différencier le vrai des faux, il existe un premier outil plutôt pratique : le bon sens. Quel est le principe de base des réseaux sociaux ? Partager ses petits tracas, réagir aux dernières news, faire part de ses états d’âme ; en clair, raconter sa life (oui, même pour les actrices porno). Aussi, un compte qui ne partage rien d’autre que des clichés extraits de shootings photo et des .gif de scènes porno, sans le moindre inside, la moindre réflexion, a toutes les chances d’être frauduleux, et la compilation aléatoire d’avoir été prélevée sur Google/Images. Le follower averti se fiera donc aux commentaires anodins, aux avis insignifiants et, finalement, à tous les posts qui ne parlent pas de porno pour s’assurer qu’il est bien en relation virtuelle avec l’héroïne de ses rêves mouillés. Et surtout, il n’enverra jamais de pognon, sauf peut-être pour lui acheter une petite culotte usagée dont il se sera assuré de la traçabilité.

Evaluation par les pair(e)s

« Pas de doute, c’est un fake ! »

Pour certaines actrices, le réseau social n’est qu’un outil promotionnel comme un autre. Hors de question d’y dévoiler sa vie privée. Du coup, point de sentimentalisme numérique, et point d’indice pour le spectateur amouraché. Enfin presque, puisqu’à la manière des publications scientifiques, valides si appuyées par les confrères, l’on peut s’en remettre, dans le X aussi, à l’évaluation par les pairs (après tout, le porno est une science). C’est à dire que si le profil suspect est cité, taggé et suivi par d’autres grands noms du business (collègues, boîtes de prod’, réalisateurs), les pronostics s’améliorent grandement. Ces derniers n’étant toutefois pas exempts de se fourvoyer eux aussi, plusieurs recoupes s’imposent.

Google est ton ami

En dernier recours, on peut toujours se tourner ver le grand manitou de l’information sur le web, le boss de fin du « Big Brother Game », le Saint-Patron du référencement, j’ai nommé, l’incontestable Google. Il voit tout, il sait tout, pour le meilleur et pour le pire. Surtout, il se contrefout des mesures de dissimulations appliquées par les plateformes communautaires, ses misérables sujets, à l’encontre des stars du X. Son boulot à lui, c’est enregistrer, pondérer, classer, de sorte à toujours proposer la réponse la plus pertinente possible à une requête donnée. Et c’est un euphémisme que de dire qu’il est doué. C’est donc avec une fierté non-dissimulée qu’il trouvera pour vous le Twitter ou l’Instagram de votre actrice de charme favorite, quel que soit l’obscur pseudonyme derrière lequel elle se cache et pour un taux d’erreur risible (il vous affichera même le temps que ça lui a pris au centième de seconde). Shadowbanning or not shadowbanning, on ne peut rien contre la capacité de recoupement du plus formidable algorithme de recherche jamais développé.

Trop célèbres pour être épargnées, mais trop marginalisées pour être défendues, les stars du X sont probablement les premières victimes de l’usurpation d’identité sur le web, tant le désir qu’elles suscitent est propice aux abus. En outre, à une époque où la fiabilité de l’information n’a jamais été autant remise en cause, il est du devoir de chacun de vérifier minutieusement ses sources, qu’il s’agisse de se pignoler au sujet de la dernière théorie du complot à la mode ou de reconnaître le travail de l’artiste pornographique que l’on adule. Cette quête de l’authenticité ne peut se faire sans l’implication du public car, dans la course à la notoriété numérique, chaque clic erroné invisibilise un peu plus la victime au profit du faussaire.

Titulaire d'une maîtrise en cinéma, auteur d'une Porn Study à l'Université Paris VII Diderot, Clint B. est aujourd'hui chroniqueur de l'actualité porno.

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