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Contenus pour adultes en ligne : l’ONU s’en prend directement à Google, Visa et Mastercard
Les Nations Unies franchissent un cap inédit : dans un rapport retentissant, leurs experts en droits humains ne se contentent plus de pointer du doigt les plateformes de contenus pour adultes. Ils s’attaquent désormais à ceux qui les alimentent en trafic et en revenus — géants de la tech et réseaux de paiement compris. Une offensive qui pourrait redessiner en profondeur les contours de la régulation mondiale du secteur.
Pornhub dans le collimateur, mais pas seulement
France, Royaume-Uni, Union européenne — les tentatives de régulation se sont multipliées ces dernières années, sans jamais dépasser le périmètre des hébergeurs. Les rapporteurs spéciaux de l’ONU jugent cette approche structurellement insuffisante et appellent à une refonte bien plus large. La plateforme Pornhub et sa maison mère canadienne Aylo constituent le point de départ de l’offensive onusienne. Les experts appellent Washington et Ottawa à engager des poursuites judiciaires contre l’entreprise, tout en réclamant l’instauration d’un contrôle indépendant de l’âge et du consentement des personnes apparaissant dans les contenus diffusés. Si le Canada a admis que sa législation sur la protection des données méritait d’être modernisée, les États-Unis n’ont pour l’heure opposé qu’un silence éloquent.
Mais la véritable rupture de ce rapport réside ailleurs. Pour la première fois, l’ONU désigne nommément les intermédiaires financiers et technologiques comme coresponsables de la situation. Visa et Mastercard, qui encaissent les transactions sur ces plateformes, sont explicitement mis en cause. Google, Meta et Microsoft, dont les algorithmes orientent des millions d’internautes vers ces contenus, le sont tout autant. La thèse est claire : celui qui monétise ou amplifie un système portant atteinte aux droits fondamentaux ne peut se retrancher derrière un statut de simple prestataire technique.
Renverser la charge de la preuve
Le rapport dénonce également une réalité bien connue des associations de victimes : ce sont encore celles et ceux qui ont subi un préjudice qui doivent, au prix d’un parcours souvent épuisant, signaler les contenus les impliquant et en exiger le retrait. Les plateformes, elles, peuvent temporiser, ignorer ou minorer. Cette logique, estiment les experts, doit être inversée.
Leur proposition : imposer aux hébergeurs une obligation de vérification préalable — âge et consentement des personnes filmées — avant toute mise en ligne, assortie d’une modération proactive et d’un retrait immédiat de tout contenu signalé comme non consenti ou violent. Un cadre que la France a déjà partiellement adopté, au point qu’Aylo a préféré quitter le marché français plutôt que de s’y soumettre, dénonçant des exigences qu’elle juge attentatoires aux libertés individuelles.
La question de la vérification de l’âge reste néanmoins un nœud gordien. Aylo argue qu’un tel contrôle, opéré à l’échelle d’un site, est techniquement insuffisant et constitue une menace pour la vie privée. La société préconise un dispositif délégué aux fabricants de systèmes d’exploitation et aux stores d’applications. Un débat loin d’être tranché, pendant lequel les zones grises — juridiques comme techniques — continuent de prospérer.
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