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Sexe : quels risques pour quelles pratiques ?
Le sexe figure parmi les activités les plus bénéfiques pour la santé physique et mentale. Mais autant savoir exactement ce que l’on risque. La Voix du X a listé pour vous les pratiques les plus courantes et leurs dangers potentiels en matière de transmission du VIH et d’infections sexuellement transmissibles (IST). En 2026, les outils de prévention n’ont jamais été aussi efficaces. Suivez le guide !
Embrasser, lécher la peau ou les lèvres
Risque zéro en ce qui concerne les IST ou le VIH. En revanche, les infections virales transmissibles par la salive restent à garder à l’esprit : méningite, mononucléose infectieuse, grippe, rougeole, rubéole, oreillons, rhinites, pharyngites et angines.
Le baiser profond
En ce qui concerne le VIH : aucun risque. En cas de lésions buccales, on peut mentionner un risque de transmission des hépatites A et B. Les infections virales transmissibles plus facilement par la salive restent les virus respiratoires saisonniers et la mononucléose infectieuse
La fellation
Le risque de transmission du VIH par voie orale est faible mais réel si le partenaire est séropositif non traité. Cette transmission s’effectue par le liquide préséminal ou le sperme en contact avec la muqueuse buccale. Le risque est accru en cas de problèmes buccaux (gingivite, plaie récente) ou d’IST localisées dans la bouche (syphilis, gonorrhée).
Attention : la fellation constitue un mode de contamination pour d’autres IST, notamment l’hépatite B, la syphilis et les infections à gonocoques. La fellation, comme le cunnilingus, peut également transmettre le papillomavirus humain (HPV), qui multiplie significativement le risque de cancer de la gorge. Depuis 2023, la vaccination contre le HPV est recommandée en France pour les garçons comme pour les filles jusqu’à 26 ans, et prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie jusqu’à 14 ans.
La seule manière de rendre la pratique pleinement sécurisée est d’utiliser un préservatif. Si cela vous rebute, limitez les risques au maximum : ne vous brossez pas les dents juste avant (la brosse peut provoquer des micro-saignements) et évitez l’éjaculation dans la bouche.
Recevoir une fellation
Le risque est très faible, pour ne pas dire inexistant, à moins que la personne souffre d’une plaie buccale importante et que sa salive, chargée de sang, ne devienne contaminante.
Avaler du sperme
La pratique est potentiellement dangereuse en présence d’une plaie dans la bouche, de lésions dans l’œsophage ou d’un ulcère à l’estomac. En l’absence de lésion, le risque reste très faible.
Sucer successivement plusieurs personnes.
Idéalement, pour limiter au maximum les risques, il faudrait utiliser un nouveau préservatif à chaque fois que l’on change de partenaire.
Le cunnilingus
En ce qui concerne le VIH, il est difficile de prouver que cette pratique présente un risque de contamination significatif. Toutefois, si la bouche du partenaire comporte des lésions ou si la femme est en période de menstruation, il convient de se protéger. D’autres IST peuvent se contracter ainsi : papillomavirus, hépatites B et C, herpès, syphilis.
La seule manière de se protéger efficacement est d’utiliser un carré de latex (appelé « digue dentaire ») entre la langue et les parties génitales. Un préservatif découpé en deux, ou un film alimentaire en cellophane, peut faire l’affaire.
Recevoir un cunnilingus
Même si le VIH est présent dans la salive, sa faible concentration rend impossible une contamination par cette voie. La salive ne transmet pas le VIH. Mais une contamination par d’autres IST reste possible.
L’anulingus
Comme pour le cunnilingus, aucun risque de contamination par le VIH. En revanche, cette pratique favorise la transmission de bactéries, de germes ou d’IST : syphilis, gonorrhée, hépatite A. Privilégiez le carré de latex pour toute pratique avec un partenaire occasionnel.
Se faire lécher l’anus
Aucun risque. Le VIH est présent dans la salive, mais en trop faible quantité pour être contaminant.
Lécher plusieurs personnes
Si, au cours d’une soirée particulièrement conviviale, différentes chattes et anus passent à portée de votre bouche, il est évidemment tentant d’y goûter. Mais tout changement de partenaire implique une multiplication des risques de contamination aux IST, et à la Covid-19, pour les lécheurs davantage que pour les léchés. Là encore, même si l’on perd en saveurs, le carré de latex est – théoriquement – de rigueur.
Masturber, et être masturbé.
Sauf en cas de coupures ou de blessures à la main, la personne qui pratique la stimulation manuelle ne risque rien. Attention cependant à ne pas transmettre des fluides contaminants d’une personne à une autre : le risque de transmission d’infections, notamment à chlamydiae, est élevé. Ne passez pas d’un partenaire à un autre sans vous être lavé soigneusement les mains. Veillez à ce que vos ongles soient toujours soignés afin d’éviter toute blessure.
Doigter l’anus et le vagin d’une même personne.
Aucun risque si vos doigts sont propres et vos ongles courts. Attention, passez du vagin à l’anus, et jamais l’inverse ! La transmission de germes est quasi inévitable.
Pénétrer
Dès qu’il y a pénétration, les muqueuses (gland, vagin, anus) sont en contact avec les sécrétions sexuelles, et une contamination est possible. Avant toute pénétration avec un partenaire occasionnel, utilisez systématiquement un préservatif associé à un gel lubrifiant à base d’eau. Évitez les lubrifiants à base d’huile ou de vaseline, qui peuvent endommager le préservatif.
Pour la personne pénétrée, l’éjaculation interne sans préservatif est très risquée. Les parois du vagin, le col de l’utérus et le rectum sont des portes d’entrée pour le VIH, qui peut y pénétrer par simple contact, en l’absence de toute lésion. Les fissures anales et les hémorroïdes augmentent le risque de saignement et donc de contamination. Utilisez un préservatif différent pour chaque partenaire.
Pénétrer un anus, puis un vagin…
N’utilisez jamais le même préservatif quand vous passez de l’anus au vagin, car les germes de l’intestin, comme Escherichia coli, peuvent provoquer des infections vaginales ou urinaires.
Échanger des sextoys
Pratiquez la stérilisation des sextoys entre chaque utilisation par une personne différente (utilisez un liquide de stérilisation type Milton ou un nettoyant dédié). Recouvrez l’objet d’un préservatif différent pour chaque partenaire.
Recevoir des coups de fouet
Attention au sperme sur une peau fouettée, griffée ou lacérée !
Les jeux urologiques
L’urine est stérile et non contaminante. Évitez toutefois d’uriner juste après une éjaculation, car le premier jet peut contenir du sperme résiduel susceptible d’entrer en contact avec les muqueuses.
Les jeux scatologiques
Le risque de transmission de l’hépatite A est très élevé en cas d’ingestion, surtout en présence de lésions de la muqueuse rectale. Cette pratique est fortement déconseillée sans protection et sans connaissance du statut sérologique du partenaire.
Se faire cracher dans la bouche
Comme pour le baiser, aucun risque.
Se faire éjaculer sur le corps
Aucun risque, tant que le sperme n’entre pas en contact avec une muqueuse ou une plaie ouverte.
Si je veux faire un dépistage ?
Depuis 2016, les anciens centres de dépistage ont été regroupés au sein des CeGIDD (Centres Gratuits d’Information, de Dépistage et de Diagnostic). Vous pouvez y réaliser un dépistage complet (VIH, hépatites, syphilis, chlamydiae, gonorrhée) gratuitement et sans ordonnance. En 2026, des autotests VIH sont disponibles en pharmacie sans ordonnance, pour un résultat en 15 minutes.
Vous pouvez aussi contacter votre médecin traitant, appeler Sida Info Service au 0 800 840 800 (numéro vert, gratuit, 24h/24) ou consulter sida-info-service.org.
À quel moment dois-je faire un test de dépistage HIV ?
Faites un premier test dans les 15 à 30 jours qui suivent une prise de risque potentielle. Si le résultat est positif, un traitement doit être envisagé immédiatement. Si le résultat est négatif, effectuez un second test trois mois après la prise de risque pour établir définitivement la non-contamination.
Si j’ai un rapport sexuel non protégé avec un(e) partenaire porteur(se) du virus VIH ?
La contamination n’est pas systématique. Pour qu’elle se produise, de nombreux facteurs entrent en jeu : la durée du rapport, les saignements éventuels, et surtout la charge virale du partenaire. Point essentiel en 2026 : si la charge virale d’une personne séropositive sous traitement est indétectable depuis plus de 6 mois, le risque de transmission est nul. C’est le principe désormais établi et validé par l’OMS : Indétectable = Intransmissible (I=I).
Si vous pensez avoir pris un risque
N’attendez pas : chaque heure compte. Contactez un service hospitalier dans les 72 heures qui suivent la prise de risque. Un traitement d’urgence, le TPE (Traitement Post-Exposition), associant trois médicaments antirétroviraux, peut être administré pour tenter d’éviter la contamination. Plus il est pris tôt, plus il est efficace.
Si du sperme est entré en contact avec le vagin ou l’anus, ne pratiquez pas de lavement au désinfectant : cela risquerait d’irriter la muqueuse et d’aggraver la situation. Pratiquez un lavement à l’eau tiède. Si du sperme est entré en contact avec une plaie cutanée, rincez à l’eau tiède et désinfectez avec de la Bétadine ou du Dakin.
Connaissez-vous la Prep ?
La PrEP (Prophylaxie Pré-Exposition) est une prévention médicamenteuse permettant d’éviter la contamination par le VIH. En 2026, deux options sont disponibles en France : la PrEP orale quotidienne ou à la demande (Truvada® et ses génériques, remboursés à 100 % sur prescription), et la PrEP injectable à longue durée d’action (cabotégravir, une injection tous les deux mois), particulièrement adaptée aux personnes ayant du mal à observer un traitement quotidien. Attention : la PrEP protège du VIH, mais pas des autres IST.
Nous avons tenté d’établir un inventaire des pratiques sexuelles les plus « courantes », et des risques qui y sont liés. Néanmoins, l’imagination humaine ne connaissant aucune limite, si cet article ne vous paraît pas assez complet, n’hésitez pas à contacter des sites Internet comme www.info-ist.fr ou www.sida-info-service.org.
Vous pouvez aussi appeler le numéro vert de Sida Info Service : 0 800 840 800.
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