Une bière sans faux col… de l’utérus

La Pologne ce n’est pas loin des Carpates. Ce qui explique sans doute que les nouveaux Frankenstein de l’industrie brassicole « expérimentent » pour proposer des produits de plus en plus… « innovants ». Leur dernière invention : une bière goût vagin. On ne pouvait décemment pas passer à côté d’un truc pareil. 

Alors moi, niveau bière, je pense me situer dans la « normale ». J’aime bien celles aromatisées au rhum, au malt, voire à la tequila. Une bonne bière belge, avec comme logo un éléphant rose, ne me déplaît pas non plus, de temps à autre. Mais alors là… J’avoue que même si je n’ai rien contre la nouveauté… de la normalité à l’anormalité, il n’y a qu’un pas que certains franchissent, allègrement.

Une bière au goût de vagin… une bonne binouze à la vulve ! Sur le coup, j’ai cru à un fake. Je me suis dit encore une de ces inénarrables conneries que l’on trouve quotidiennement sur Facebook. Et puis j’ai cherché et là je suis tombé de ma chaise. Sans rire… ça existe ?!

Je ne dis pas que j’ai quoi que ce soit à l’encontre du cunnilingus bien au contraire. C’est l’une des pratiques que je trouve des plus rafraîchissantes, surtout avec une femme fontaine. Mais bon, le squirt, ça ne pétille pas, et à la sortie ce n’est pas à 5,6° (même si la demoiselle a abusé la veille).

À l’odeur ça me rappelle quelque chose… je ne saurais pas dire quoi, mais quelque chose

The Order of Yoni, car tel est son nom (Yoni en sanskrit signifie vagin), est un projet de fabrication de la société polonaise Yoni Sp z o.o., basée à Varsovie. Trois mannequins (et pas des plus moches) ont servi pour la campagne marketing et, surtout, comme source des bactéries qui servent à fermenter la bière. Le lactobacille vaginal a donc été prélevé à l’aide d’un stick à l’intérieur des minous des trois belles (un frottis et hop ! On distille ! Quelques piliers de comptoir vont se lancer dans la gynécologie). La bactérie a ensuite été isolée, purifiée, identifiée et multipliée avant de devenir le « levain » d’un nombre considérable de bouteilles.

Quant à la sélection des « donneuses », Alexandra, Monika et Paulina, le fabricant affirme qu’elles allient l’intelligence à la beauté (sur ce dernier point, on ne peut décemment pas lui donner tort) et qu’elles se doivent d’être une inspiration pour les futures candidates au poste de « productrice » de bactéries et de modèle publicitaire. De plus, leur passé et leur avenir est surveillé de près. Elles encourent de fortes pénalités du fabricant si jamais elles avaient déjà (ou avaient l’intention) de se faire une petite expérience dans l’industrie pour adulte, celle du sexe, ou encore si elles avaient l’idée de devenir actrice X, de se prostituer ou de jouer les escorts (la documentation est quand même vachement complète).

Alexandra, Monika et Paulina, les trois modèles ayant servi pour la campagne de communication, et desquelles ont été extraits les ferments destinés à la bière. J’en prendrais bien une petite goutte… au final

Alors évidemment, les trois « bombinettes » de l’est, j’irais personnellement moi-même leur téter le berlingot avec joie, mais de là à vivre la même expérience, en virtuel et dans un verre… Je trouve le concept surprenant mais… moins sympa. Pour moi, une moule qui pétille a forcément déjà dépassé la date de péremption.

Alors j’en entends déjà qui vont me rétorquer : « Balthus, faut pas mourir idiot ! ». Certes répondrais-je, avec toute la verve dont je sois capable. Certes, mais déjà j’ai horreur qu’on me tutoie, et faudrait pas non plus que déconner. Parce que là c’est de la bière au goût de vagin, et la prochaine fois ce sera quoi ? Une vodka à la bite ? Ou pour les aficionados de l’anulingus, une aquavit aromatisée ? Je vous laisse imaginer…

Pour les golden showers, ce sera quand même hyper pratique

Le truc rassurant c’est que le fondateur de l’entreprise, Wojtek Mann, a lancé sur le web, pour mener à bien son projet, une campagne de financement participatif sur le site indiegogo (fallait oser lancer un tel concept sur un site portant un nom pareil…) et a pour l’instant récolté 1 578 euros, grâce à la générosité de 59 psychopa… pardon… donateurs, sur les 150 000 espérés. Ces « investisseurs » sont d’ailleurs chaleureusement remerciés chaque jour sur le site officiel orderyoni.com.

On respire un peu. Ce n’est pas encore demain qu’on trouvera ça dans les rayons de Casino ou d’Auchan. Quoique la vie, la vraie… Là on est quand même sur de « l’arôme naturel », voire du « bio ». Ils vont d’ailleurs jusqu’à préciser que la bière pourra se décliner en version blonde, rousse ou brune. Rien de plus normal me direz-vous pour une bière, mais là, on parle également de couleur de cheveux ou de poils pubiens. Vendue au prix annoncé de 2,90 $ (soit 2,46 €) la bouteille, pour les plus amoureux, vous pourrez même vous offrir le luxe de vous faire fabriquer votre bière à vous, au goût de votre compagne, pour la modique somme de… 10 000 euros. Si c’est pas beau pour la Saint Valentin ! « T’as enlevé ta culotte ? », « euh non, je t’ai ramené ta bière… ».

Une campagne pareille, il faut quand même reconnaître que c'est vendeur

Bon, je caricature, mais quand même, vous serez d’accord avec moi : les joies du progrès n’ont pas fini de nous surprendre. Et comme disait un célèbre humoriste : « Mais jusqu’où s’arrêteront-ils ? ». Une bière comme celle-là, c’est sûr qu'elle va faire de la concurrence à Maître Kanter… ou pas.

Elise

À propos de Elise

Étudiante en lettres modernes et libertine assumée. Mes deux passions: la littérature et le sexe. Que je peux enfin concilier sur ce blog, où je vous raconterai mes aventures sexuelles et autres coups de cœur et coups de gueule en rapport avec la sexualité. Bisous à tous (et à toutes, j'aime bien les filles aussi !).