Quand les robots s’invitent dans les clubs de strip-tease

Lundi 8 janvier, sur la scène du Sapphire Gentleman’s Club, un strip-tease situé à Las Vegas, se sont produites des danseuses d’un genre nouveau. Plutôt bien carrossées, et pour cause, ces « dames » avaient revêtu leurs plus beaux atours.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais quand je vais mater un strip-tease, je m’attends, étrangement, à voir des bombasses qui vont me dresser le chibre en agitant leurs petits culs. En Amérique, un club, une barre de pole dance et hop ! Bonjour Battlestar Galactica ! Sauf que les Cylons ne nous charclent pas la tronche, mais se trémoussent le fion.

Un jour ou l’autre, les robots t’niquent !

Personnellement, Molly Saint-Rose en porte-jarretelles, en train de se frotter contre une barre de métal… Et je fais péter les aiguilles du tensiomètre le plus proche. Par contre, un bidule, avec la carlingue d’une Twingo, qui tortille du cul… Si un mec a le dard qui se dresse, je veux bien être pendu par les oreilles au-dessus d’un nid de fourmis. Non mais, sans rire ! Pourquoi pas C3PO en string en train de fister R2D2, tant qu’on y est !

Deus ex machina

Qui a créé ces engins ? Giles Walker, un Anglais qui pratique la sculpture au sein d’un groupe de « Guerilla-art » [Street art] et membre de The Mutoid Waste Company, courant artistique né au milieu des années quatre-vingt, qui respecte les principes du romancier James. G. Ballard : « Je crois […] dans l’intuition messianique des grilles du radiateur des voitures exposées […] dans l’ennui de l’atome, […] et dans les prochaines cinq minutes. » Et moi, je crois qu’ils ne sont pas tous enfermés… moi le premier, d’ailleurs, à l’heure ou les love dolls sucent, parlent, bougent et pourraient vous broyer la bite en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Qui a dit que j’étais parano ?

Bientôt, une réalité ?

Mais revenons-en à nos pin-up mécaniques, simple assemblage de pièces récupérées dans les ferrailles et animées ! Car, pour Walker, supprimons la frontière entre l’homme et la machine ! Deus ex machina [Dieu naît de la machine, disaient les Grecs], et à 1 125 euros par jour de location du matos, je dirais même plus « pognon en la banca ».

Robots-filles pour robophiles

Mais quel intérêt de foutre ces trucs, les puces à l’air, dans un club ? Pour le patron, Peter Feinstein : « Le club a 18 ans et nous voulions proposer quelque chose de nouveau et d’unique. » Ah, bah pour le coup, c’est réussi ! Si le Crazy horse, au lieu d’Ero Tikka ou d’Enny Gmatic, collait sur scène Robocop en bas résille, je ne suis pas sûr que leur renommée serait aussi élevée.

La robotique avait déjà fait ses preuves, ces dernières années…

À quelques « parsecs » de là, le Salon des innovations technologiques était envahi de nombreux geeks et nerds, fans des séries télé Star Trek ou Cosmos 1999. Alors, aller mater les gambettes de ces crash test dummies animés par des moteurs d’essuie-glace… Les passionnés de gros boulons ont dû prendre leur pied !

Mégabot et megaboobs

Dans Cobra, le vieil animé des années quatre-vingt, où tétanisé par la lucarne magique, il me souvient de mes premières pignoles adolescentes devant les canons qu’il trimbalait toujours à ses côtés, Armanoïde, sa fidèle complice, était rudement bien gaulée, pour du fer blanc, et avait une tronche… réaliste. Manquait que la bouche ! Alors, forcément, pour les pipes, c’était pas ça. À Vegas, j’aurais eu l’impression de me palucher devant une rediff des Daft Beurk.

Même pas peur !

Peut-être que je ne suis plus de mon temps et que, bientôt, comme mes séries d’ado, je serai bon à mettre au rancart. Jeté à la benne, comme ces mannequins, puis récupéré plus tard, par un artiste qui me réanimera pour faire de moi un go-go dancer devant un parterre de nolife endiablés. Peut-être, qu’un jour, les « gynoïdes » seront le must de l’érotisme. Et alors adieu Tiffany ou Molly… ou se feront-elles, comme Super Jaimie, greffer des bras et des jambes bioniques pour lutter contre le jeu de la concurrence de demain, au risque de vous arracher le zobe, des suites d’une pipe trop vigoureuse ou d’une sodo trop saccadée. L’avenir est en marche, il court, et flûte ! J’ai oublié mes baskets.

Vincent Lacrosse

À propos de Vincent Lacrosse

Pigiste globe-trotter, essentiellement pour la presse américaine.