Êtes-vous au point sur les Pride Flags ?

Bonjour les petits vexillologues en herbes, c’est l’heure d’un petit cours sur les drapeaux. Mais pas n’importe quels drapeaux, cela va de soi, les drapeaux de sexualités. Hein ? Quoi ? Les sexualités ont des drapeaux ?

Eh oui ! Il est courant, dans le folklore des minorités sexuelles, que de se rassembler sous des couleurs particulières, témoignant de ses préférences ou de ses fantasmes. Et vous savez quoi, vous connaissez forcément l’un de ces Pride Flags !

Le fameux Rainbow Flag.

Symbole étendu de la communauté LGBT, c’est un peu le papa (ou la maman, ou autres) de tous les Pride Flags. Il est dessiné par Gilbert Baker à la fin des années 70, sur demande du célèbre Harvey Milk, l’icône du militantisme gay de l’époque, qui, trois ans durant, l’a mis au défi d’inventer un symbole de fierté pour la communauté gay. Son œuvre flotte finalement au vent pour la première fois lors de la Gay Freedom Day Parade, le 25 juin 1978 à San Francisco, et compte alors 8 bandes de couleur, contrairement au drapeau actuel qui n’en compte plus que 6, chacune représentant une valeur chère à Gilbert Baker. Dans l’ordre : rose – le sexe, rouge – la vie, orange – la guérison, jaune – le soleil, vert – la nature, turquoise – l’art/la magie, indigo – la sérénité et enfin violet – l’esprit.

Il perd deux de ses bandes pour des raisons purement logistiques. Suite au succès du symbole, les manufactures de San Francisco tombent à court de tissu de couleur rose, mais devant la demande toujours croissante, continuent de produire des drapeaux, désormais amputés de leur couleur la plus claire. La disparition du turquoise est tout aussi pragmatique. Lorsque porté en étendard, à la verticale, la bande centrale du drapeau se retrouve systématiquement cachée par le mat de soutien. Avec des bandes en nombre pair, le problème ne se pose plus. On descend donc à 6 couleurs et le bleu-vert fait ses adieux…

Bien que symbole originel, primordial de la lutte pour les droits des gays et, par associations, de toutes les minorités sexuelles, le Rainbow Flag se révèle peu à peu insuffisant pour représenter la variété des sexualités aujourd’hui couramment acceptées. D’autres sont donc créés, au fur et à mesure, sur le même modèle.

Le Bisexual Pride Flag

Dessiné par Michael Page et dévoilé le 5 décembre 1998, il entend sensibiliser la communauté gay, et la population en général, à la condition particulière des bisexuels, qui souffrent parfois de ne se reconnaître ni dans notre société hétéro-normée, ni dans le folklore gay. Composé d’une large bande magenta, en haut, d’une fine bande violette au milieu et d’une large bande bleue en bas, il symbolise la jonction entre attirance pour le même sexe, homme-homme ou femme-femme, représenté par le rose, et l’attirance hétérosexuelle, le bleu. Les deux couleurs se mélangent ainsi en son centre pour former une fine marge pourpre.

Le Lesbian Pride Flag

Non, la hache représentée en son centre n’a aucune connotation émasculatoire. Il s’agit d’un labrys, dont la portée symbolique a été maintes fois récupérée, autant par les cultes païens que par les groupuscules crypto-fascistes. Dans le cas présent, il est simplement un symbole de pouvoir féminin et matriarcal. Le triangle noir est, quant à lui, une référence à l’holocauste perpétré par les Nazis, durant lequel les femmes jugées déviantes, et notamment les lesbiennes, se voyaient affublées de ce signe distinctif.

L’Asexual Pride Flag

Ou drapeau de la fierté asexuelle, il revendique le droit à n’éprouver aucun désir sexuel, à refuser l’injonction au sexe permanente à laquelle nous contraint notre société.

Le Transgender Pride Flag

Il va sans dire que les personnes transgenres subissent leur lot de discriminations propres. C’est Monica Helms qui le dessine en 1999, en prévision de la parade de Phoenix dans l’Arizona, l’année suivante. Le bleu représente le masculin, le rose, le féminin, le blanc, le neutre ou l’intersexe, et la symétrie axiale symbolise la perméabilité absolue et réciproque entre tous ces genres. Peu importe donc la manière dont il est brandi, il n’y a pas de mauvais sens pour le lire.

L’Intersex Pride Flag

Entre 0,05% et 1,7% des individus naissent sans attributs sexuels masculins ou féminins clairement définis. Appelées hermaphrodites ou intersexes, ces personnes sont biologiquement à la marge des questions de préférence sexuelle telles qu’on les détermine habituellement. En effet comment peut-on se définir hétérosexuelle ou homosexuelle sans se réclamer d’un sexe en particulier ? Le drapeau symbolise cette différence. Le jaune et le violet sont des couleurs androgynes par excellence et l’anneau simple se comprend en opposition aux symboles classiques du masculin et du féminin.

Le Pansexual Flag Pride

Le symbole de l’attirance sexuelle pour tous les genres et les « non-genres ». Le bleu pour les hommes, le rose pour les femmes, le jaune pour les intersexes, les non-binaires, les asexués.

Cette volonté de représentations par les drapeaux n’a pas cours que pour les préférences sexuelles, mais aussi, de façon élargie, pour tout un tas de fétichismes sexuels. En vrac :

Le Bear Pride Flag

Etendard d’un fétichisme particulier, au sein de la communauté gay (masculine), pour les hommes musclés et surtout velus, ses couleurs sont une référence à l’ensemble des tons chromatiques que peut prendre la pilosité masculine.

Le Leather Pride Flag

Le drapeau des fétichistes du cuir. N’étant associé ni à un sexe ni à une préférence sexuelle particulière, ses couleurs n’ont pas de signification pré-définies, selon son créateur. Toutefois, naturellement proche de la communauté BDSM, il partage ses couleurs avec…

Le Dom/Sub Pride Flag

Le symbole de ralliement de la communauté maître/soumis. Le triskèle stylisé en son centre est une référence à l’œuvre Histoire d’O, livre de chevet des amateurs du mouvement.

Le Bimbo Pride Flag

Le mouvement bimbo consiste en une hyper-sexualisation des attributs masculins et féminins chez ceux qui s’en revendiquent. Son origine étant plutôt récente, il n’y a pas encore de signification canonique quant à ses couleurs.

Et vous, mes chers vexillologues en culottes courtes, quelles sont vos couleurs ?

Clint B

À propos de Clint B

Titulaire d'une maîtrise en cinéma, auteur d'une Porn Study à l'Université Paris VII Diderot, Clint B. est aujourd'hui chroniqueur de l'actualité porno.