Oh My Gode ! Petit précis des sex-toys hors-norme…

La banalité ne vous sied guère ? Voici donc un moyen de vous ouvrir un peu plus au monde merveilleux de la dilatation, puisque nous vous proposons, aujourd’hui, de revenir aux fondements de l’un de nos désirs les plus profonds. Un article qui restera dans les annales.

Oh my gode !

De toutes les tailles, de toutes les couleurs… et de toutes les espèces, les godes sont partout! D’ailleurs, dans l’imaginaire collectif, plus c’est gros, plus ça passe! Nous gardons tous en mémoire cette scène d’Orange Mécanique dans laquelle une femme est assassinée à coups de gode géant.

Bien entendu, il est préférable de s’en servir pour un usage disons… moins définitif et, si en l’occurrence, nous avions déjà affaire à un gros morceau, d’autres objets de plaisir ne sont pas en reste. Certains godes rivalisent de tailles et de circonférences toutes plus farfelues les unes que les autres pour contenter les traditionnels habitués du fist et de la dilatation anale (usage déconseillé aux «premiers communiants» de la sodomie).

De plus en plus réalistes et de plus en plus gros, pour ressembler au mieux aux bites sorties tout droit de nos rêves les plus fous, les godes peuvent aujourd’hui atteindre la taille impressionnante de 40 centimètres. Et encore! Ce genre de modèles XL reste dans des tailles raisonnables, en matière de godes monstrueusement géants, puisque certains sont si énormes, que l’on se demande bien comment il est humainement possible de les ramener à la maison depuis le sex-shop du coin de la rue, et de ne pas exploser en mille morceaux une fois l’objet rangé dans son fourreau. L’exemple le plus parlant restera peut-être celui que l’on surnomme «le canon». Long de 33 cm et large de 10, le monstre, trois fois plus gros qu’une canette de coca, pèse près de 4 kg à lui seul. Autant dire qu’il vous faudra faire de sacrés étirements avant d’arriver à vous le rentrer dans le cul.

Merveilles ou dards débiles ?

Mais «hors-norme» ne veut pas seulement dire que ces objets de passion sont gigantesques! Connaissiez-vous par exemple les fameux godes Dragon ou Dino? Des objets étranges, réalisés sur mesure pour une clientèle très confidentielle. Souvent énormes, de forme peu ragoûtante et généralement peints dans une couleur flashy (à ôter la vue à n’importe quel être humain normalement constitué), ces objets font le bonheur de tous les fans d’heroic fantasy. Ça tombe sous le sens, d’ailleurs… On imagine bien que «Mère dragon» s’en donne à cœur joie. Et si vous pensiez que vous ne pouviez pas trouver plus étrange que cela, vous vous trompez lourdement, car nous en avons à la pelle, des sex-toys «bizarrigolos»! Entre la poupée gonflable «Zone 51» entièrement violette et équipée de trois nichons roses et le plug anal « Enfant Jésus », on n’est pas sorti… Enfin, façon de parler.

Mais tout cela est parfaitement naturel, quand on fouille un peu sur la toile. Car, dans l’univers fabuleux des sex-toys, on n’est jamais à l’abri d’une (bonne?) surprise! Et si nous devions en effet décerner la palme de l’objet le plus étrange, servant à satisfaire nos basses pulsions, nous trouverions sur le podium: une bouche en caoutchouc équipée d’une très chic moustache (assez flippante, il faut le reconnaître), le «Doigt XL», sorte de main difforme équipée d’un gigantesque doigt vibrant et, bien entendu, l’inoubliable gode céréalier directement importé du Japon! Vous reprendrez bien un peu de pop-corn?

« J’ai le feu au cul ! » [Jeanne d’Arc, 30 mai 1431].

Le XXIesiècle n’a pas le monopole du ludisme érotique. Depuis des millénaires et bien au-delà, nos ancêtres se sont amusés à s’enfoncer de gros objets de leur invention dans les miches. C’est d’ailleurs bien avant nous que l’orang-outan faisait usage du traditionnel «bâton du plaisir!»

Vous n’en reviendrez sûrement pas (car pour en revenir, il faudrait y être allé) mais le premier sex-toy, pensé et fabriqué par l’homme, remonterait à plus de 32 000 ans. Elles se faisaient plaisir, les préhisto-meufs! Fabriqué dans une roche sédimentaire (attention, ça râpe), l’objet ne mesure pas moins de 20 cm de long, rien que ça! Comme Nanar, les hommes des cavernes étaient sévèrement burnés. C’est également à cette époque qu’en France, en Dordogne, que sera fabriqué le premier gode « double-dong ». On vous fait un dessin?

Un peu plus tard, nous retrouvons cette chère Cléopâtre, grosse cochonne de son état, qui n’avait pas de long que son nez. La reine prenait son pied notamment grâce à une boîte en papyrus pleine d’abeilles vivantes, inventant par la même le premier vibromasseur au monde. Ingénieux et complètement écologique, le système est pourtant assez risqué… On vous laisse deviner pourquoi.

Et si le Moyen Âge doit malheureusement se contenter du traditionnel concombre, l’on retiendra que nous lui devons bien entendu l’invention de la célèbre ceinture de chasteté mais pour un usage disons… moins récréatif, puisqu’elle visait à s’assurer de la fidélité de ces dames alors que les seigneurs partaient en guerre (ce qui développa des talents de serrurier chez les pages). Et pas des petites guerres, hein! Certaines, comme les croisades, pouvaient durer des décennies! Et si vous perdiez la clé, vous étiez bien emmerdé!

Ça n’est qu’en 1869 que la naissante industrie du sex-toy connaît un tournant, puisque la machine à vapeur est inventée et, dans le même temps, le premier vibromasseur… Seulement, il ne s’agit alors pas d’un objet de plaisir, mais d’un appareil médical pour traiter l’hystérie, les crises d’angoisse et les phobies chez la femme. On imagine que certaines de ces dames en ont peut-être un peu rajouté…

Dans le bâton, tout est bon !

À l’heure où votre très chère maman passe des après-midi endiablées en compagnie de Monsieur Grey sur le divan du salon, où vous pouvez vous procurer un gode ceinture entre le shampooing et le dentifrice dans votre supermarché préféré et où se rentrer une tige en métal dans l’urètre ne procure que des sensations monotones, il est temps de le proclamer: le tabou des sex-toys, c’est fini!

En effet, aujourd’hui, plus d’une femme sur deux admet faire usage de sex-toys, accessoires devenus de véritables objets du quotidien, contre seulement 9% en 2007. C’est dire si les esprits se sont échauffés, ces derniers temps! L’on se souviendra bien sûr de l’émeute, qui restera à jamais dans les mémoires, au cours de laquelle des centaines de femmes se sont battues les unes avec autres lors d’une distribution gratuite de sex-toys à Manhattan. C’est fou, hein?

La ménagère d’aujourd’hui peut se vanter sans rougir, auprès de ses camarades de broderie, d’être l’heureuse propriétaire d’une magnifique collection de vibromasseurs flambant neufs, devenus des objets prestigieux ! Un bijoutier français s’est même spécialisé dans la confection de bijoux intimes parmi lesquels «le sex-toy le plus cher de l’histoire!», d’une valeur de 40 000 euros, en or 18 carats et serti de 117 diamants véritables. Le bon goût, qu’on vous dit!

Preuve du succès de ces petits objets du quotidien, une chaîne de magasins a même mis en place une « prime à la casse » pour les sex-toys! C’est dire si ce marché commence à devenir tonitruant, même si la France accuse un léger retard par rapport aux États-Unis et à la Grande-Bretagne, cette dernière étant championne toutes catégories de la consommation de dildos, avec 5,27 euros d’achat en moyenne, par personne et par an.

Vincent Lacrosse

À propos de Vincent Lacrosse

Pigiste globe-trotter, essentiellement pour la presse américaine.