La chlamydia, l’IST la plus répandue dans le monde

L’enquête réalisée par LaboIST en 2016 relate des chiffres assez inquiétants en démontrant que le nombre de personnes infectées par cette infection sexuellement transmissible a triplé depuis 2012.

Elle se transmet par voie vaginale, anale et orale. Elle est présente dans le sperme, le liquide séminal et les sécrétions vaginales. Elle peut infecter le pénis, le vagin, le col de l’utérus, l’anus, l’urètre, les yeux et la gorge. La plupart des personnes qui en sont atteintes ne présentent aucun symptôme, se sentent parfaitement bien et, de fait, elles ne peuvent savoir qu’elles sont porteuses de la bactérie, d’où son appellation d’« infection silencieuse ».

Quelques faits…

La chlamydia est cinquante fois plus fréquente que la syphilis et trois fois plus que la gonorrhée. Elle est connue pour causer de graves dommages, parfois permanents, au système reproducteur. Elle peut se transmettre au nourrisson lors de l’accouchement, provoquant potentiellement une infection oculaire voire une pneumonie. Elle est traitable et nécessite l’utilisation d’antibiotiques prescrits pour les deux partenaires sexuels.

Causes…

Les rapports sexuels non protégés sont la principale cause de transmission de cette IST. Elle peut être transmise, lors des rapports sexuels, par voie orale, anale ou vaginale. Le seul contact des muqueuses peut transmettre la bactérie. Vu son statut asymptomatique chez 70 % des porteurs, une personne infectée pourra transmettre, si elle n’est pas dépistée, la bactérie à son ou sa partenaire. Mais sa transmission ne se limite pas à cela. Un contact avec le siège de toilettes utilisé par une personne infectée, le partage d’un sauna, d’une piscine, le contact avec une surface qu’une personne infectée a touché ou sur laquelle elle a toussé ou éternué, respirer le même air qu’une personne infectée après qu’elle ait toussé ou éternué voire le partage d’un bureau, peuvent transmettre la maladie. Au cours de l’accouchement, une mère pourra transmettre la bactérie à son enfant ce qui pourra entraîner des complications chez le nourrisson telles qu’une pneumonie.

Symptômes…

Bien qu’elle semble asymptomatique, certains symptômes peuvent apparaître cinq à dix jours après le début de l’infection. Chez les femmes, il peut s’agir de douleurs abdominales, d’une perte importante de liquide vaginal qui peut être jaunâtre et nauséabond, de saignements en dehors des règles, de rapports sexuels douloureux voire de saignements après, d’un gonflement dans le vagin ou autour de l’anus, d’un besoin plus fréquent d’uriner et d’un inconfort. Chez les hommes, il peut apparaître une douleur et une sensation de brûlure à la miction, d’un écoulement pénien [pus, écoulement aqueux ou laiteux], d’un gonflement et d’une sensibilité des testicules. Si, chez les femmes et les hommes, le rectum est infecté, la bactérie peut provoquer une irritation anale.

Diagnostic et dépistage…

Il peut inclure un examen physique tel qu’un échantillon prélevé sur le pénis, le col de l’utérus, l’urètre, la gorge, le rectum ou un échantillon d’urine, visant à détecter la présence de symptômes physiques. Mais comme elle est souvent asymptomatique, les CDC [Centre de contrôle des maladies] de plusieurs pays préconisent un dépistage systématique chez les femmes de moins de 25 ans, les femmes enceintes, et celles et ceux considérés comme à risque. Le dépistage s’effectue chez soi ou en laboratoire et consiste en une analyse d’urine, voire de celle d’un écouvillon au bas du vagin. Chez les personnes séropositives, on y adjoindra des tests du rectum et de la gorge. Selon ce même test, une personne pourra également être traitée contre la gonorrhée [chaude pisse], les deux bactéries étant souvent associées.

Traitements…

Il faut absolument traiter cette IST, car dans le cas contraire, elle peut avoir des conséquences sanitaires sur le long terme, notamment une infertilité et des grossesses extra-utérines. Votre praticien vous prescrira des antibiotiques qui sont efficaces pour l’éradiquer. Il pourra s’agir d’azithromycine [en une seule prise] ou de doxycycline [traitement d’une semaine]. Le praticien évitera de prescrire cette dernière molécule aux femmes enceintes puisqu’elle [comme la tétracycline] peut affecter le développement des os ou des dents chez l’embryon. Toutefois, il existe d’autres solutions comme l’érythromycine, la lévofloxacine ou l’ofloxacin. Comme pour tout traitement antibiotique, des effets secondaires peuvent apparaître et notamment des problèmes gastro-intestinaux comme des diarrhées ou des douleurs d’estomac, ou encore des nausées. Dans la plupart des cas, ces effets seront sans gravité. Les patients sous doxycycline, molécule photosensible, pourront présenter une éruption cutanée en cas d’exposition au soleil. Dans tous les cas, une absence de traitement, entraînera des complications sur la santé : environ 10 à 15 % des femmes risquent de développer une maladie inflammatoire pelvienne ou MIP [infection des ovaires, des trompes de Fallope et de l’utérus pouvant entraîner une infertilité], une cervicite [inflammation du col de l’utérus] ou d’une salpingite [inflammation des trompes de Fallope entraînant des risques accrus de grossesses extra-utérines]. Chez les hommes, ces complications prendront l’aspect d’une épididymite [inflammation de l’épididyme, une structure située à l’intérieur du scrotum. Les symptômes comprennent un scrotum rougi, gonflé et chaud, une douleur et une sensibilité des testicules] ou d’une arthrite réactive [arthrite inflammatoire chronique. Elle peut inclure arthrite, conjonctivite et inflammation des systèmes génitaux, urinaires et gastro-intestinaux]. Il est recommandé de répéter le test de dépistage trois à quatre mois après le traitement en fonction des risques que vous aurez pu prendre.

Prévention…

Utiliser un préservatif au cours de chaque rapport et effectuer un test de dépistage régulièrement sont les seuls moyens de lutter contre la transmission. En cas d’infection, pendant le traitement, il faudra éviter toute activité sexuelle. Dans le cas d’un traitement par prise unique [azithromycine], il est recommandé d’avoir le moindre rapport sexuel jusqu’à sept à dix jours après la fin du traitement.

Vincent Lacrosse

À propos de Vincent Lacrosse

Pigiste globe-trotter, essentiellement pour la presse américaine.